dimanche 2 février 2020

Angel heart d'Alan Parker, 1987


ANGEL HEART
d’Alan Parker
1987
Etats-Unis/Canada/Grande Bretagne
avec Mickey Rourke, Robert de Niro, Lisa Bonet, Charlotte Rampling, Stocker Fontelieu
Thriller fantastique
113 minutes
Produit par Mario Kassar et Andrew Vajna
Edité en DVD chez studiocanal collection Série noire
Budget : 17 000 000 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, 1955…
Harry Angel, un détective privé est mandaté par Louis Cyphre pour retrouver la trace d’un certain Johnny Favourite, ancien chanteur de jazz qui devait une grosse somme d’argent à Cyphre ; appliqué, Harry mène une enquête très précise et se rend dans un hôpital pour identifier le nom d’un médecin en lien avec Johnny Favourite ; Angel retrouve le fameux docteur devenu âgé et prenant de la morphine ; alors que Harry lui dit qu’il va revenir dans une heure et laissant réfléchir le vieux médecin, il retrouve ce dernier mort d’une balle en pleine tête…
Commençant à paniquer, Harry Angel retourne en urgence voir Louis Cypher pour lui dire qu’il arrête l’enquête de peur d’être accusé du meurtre ; cynique, Louis Cyphre lui propose alors 5000 dollars s’il continue ses investigations, finalement Harry cède…
Parti en Louisiane, Harry assiste à de multiples séances de sacrifices vaudous et tombe amoureux d’une jeune femme appelée Epiphany Proudfoot dont la mère Evangeline fut une maitresse de Johnny Favourite !
Durant ses pérégrinations, Harry rencontre Margaret Krusemark, une médium qui l’accueille dans son cabinet, très vite, lorsqu’Angel questionne Margaret sur Johnny Favourite celle-ci décide de le chasser…
Revenant plus tard dans l’appartement de Krusemark, Harry la retrouve éventrée !
Harry, sous le charme d’Epiphany, passe une nuit d’amour avec elle…
Lorsqu’il revient le lendemain, Epiphany est retrouvée morte par la police, un revolver dans les parties génitales !
Fou de rage, Harry Angel fait une esclandre à Louis Cyphre ; il va comprendre qu’il a été manipulé et que Louis Cyphre est en fait « Lucifer », le diable !
Une révélation finale va faire basculer Harry dans la névrose pure ; il semblerait que tous les meurtres qu’il a laissés derrière lieu étaient de son fait !
L’issue se trouve dans un pot situé chez Margaret Krusemark, la clef de l’énigme se trouve dans ce pot…
De façon frénétique, Harry fonce chez Krusemark et retrouve le fameux pot !
Il le casse et trouve quelque chose à l’intérieur, c’est la fin pour lui !
Mon avis :
Nous ayant habitué à signer que des chefs d’œuvre, Alan Parker avec ce « Angel heart » ne déroge pas à la règle et nous pond une nouvelle fois une bombe, un modèle de thriller à l’atmosphère ultra poisseuse où il ne sera pas exclu pour le spectateur d’avoir la trouille !
Mickey Rourke était alors au sommet de sa carrière avant qu’il ne sombre dans l’alcool et De Niro est si bon dans son rôle que Parker refusa de la diriger mais le laissait faire en « free style » (procédé très rare et peu donné à un acteur, l’un des seuls avec Marlon Brando à avoir ce privilège !)…
Méthodique et très riche, l’histoire d’ »Angel heart » se savoure, Alan Parker ponctue son film de passages érotiques très capiteux et le spectateur est happé dans un dédale avec beaucoup de décors différents (il faut au moins trois visionnages pour comprendre et appréhender « Angel heart »), Parker a une obsession sur les ventilateurs et les multiples flash backs avec Johnny Favourite de dos foutent une trouille de folie, Parker réussit la double gageure de fasciner et de mettre mal à l’aise en même temps…
Les seconds rôles sont impeccables, Lisa Bonet (qui sera la future femme de Lenny Kravitz) et Charlotte Rampling, immense actrice, donnent au film une classe et une érotisation gigantesques !
Il ne faut pas en dire trop mais sachez qu’avec « Angel heart » c’est un voyage aller sans retour avec les ténèbres et l’enfer, mené par un Mickey Rourke qui signe ici son meilleur rôle avec celui de « Motorcycle man » dans « Rusty James » de Coppola, il est à fond dans la peau d’Harry Angel et l’empathie se fait immédiatement dès qu’il allume sa Camel en effritant l’allumette avec son pouce…
Aujourd’hui quelque peu oublié (le film a plus de trente ans), « Angel heart » n’a rien perdu de son impact et de sa force, c’est un vrai film de cinéphile et il convient de se replonger dedans à intervalles réguliers, eu égard à sa qualité et à tout le travail d’Alan Parker (dans les bonus on apprend que l’équipe bossait de six heures du matin à très tard le soir, tout le monde était impliqué de façon soutenue et la récompense fut le triomphe en salles à sa sortie)…
« Angel heart » est un superbe thriller à avoir vu absolument !
Note : 10/10










Un justicier dans la ville 2 de Michael Winner, 1982


UN JUSTICIER DANS LA VILLE 2
de Michael Winner
1982
Etats-Unis
avec Charles Bronson, Anthony Franciosa, Jill Ireland, Lawrence Fishburne, Vincent Gardenia, Robin Sherwood, Silvana Gallardo
Polar ultra violent
88 minutes
Produit par Menaham Golan et Yoram Globus
aka Death wish 2
Budget : 2 000 000 dollars
Synopsis :
Los Angeles, début des années quatre-vingts…
Paul Kersey se remet de ce qu’il a vécu précédemment, sa fille Carole est toujours lourdement handicapée et mutique, elle est toujours hospitalisée en psychiatrie après l’agression qu’elle a subie et le choc de la mort de Joanna, sa mère…
Paul a retrouvé une nouvelle petite amie Geri Nichols, une journaliste blonde, Kersey projette même de la demander en mariage ; alors que Paul était tranquille avec Carole et Geri, des voyous lui volent son portefeuille !
Puis, retrouvant l’adresse de Kersey indiquée sur ses papiers, les loubards pénètrent chez lui !
S’ensuit une agression atroce où Rosaria, la gouvernante de Kersey, est violée plusieurs fois et tabassée à mort !
Kersey rentre à ce moment à son domicile avec sa fille, les loubards sont encore là ! ils assènent un coup sur la tête à Paul, qui s’évanouit, puis ils kidnappent Carole !
Violée à de multiples reprises, Carole, essaie de s’échapper du repaire des voyous, elle se défénestre et s’empale sur les pics d’un portail en métal !
Paul, d’abord groggy, comprend que Carole est morte ; il va ressortir son revolver et tout faire pour retrouver les gangsters et venger la mort de sa fille…
Cette fois ci et contrairement au premier opus, il a identifié les visages des agresseurs…
Méthodiquement, inlassablement et sûr de lui, Kersey écume les quartiers louches de Los Angeles, il loue une chambre dans un hôtel de passes, il s’habille comme un voyou et cette fois ci le ménage va pouvoir commencer !
Le commissaire Frank Ochoa, l’ancien policier chargé de l’enquête de New York lors de la première partie, n’a pas oublié Kersey, il le prend toujours en filature pour voir ce qu’il souhaite faire après la mort de Carole…
Plus déterminé que jamais, Paul Kersey va abattre un par un tous les loubards dans un flot de sang et un crépitement de balles incessant !
Mon avis :
« Un justicier dans la ville » premier du nom ne faisait déjà pas dans la dentelle, mais alors ce deuxième opus ouch ! il est encore cent fois plus terrible que son prédécesseur !
Les passages de viols (il y en a plusieurs !) sont atroces et carrément pornographiques (dans le sens littéral, c'est-à-dire obscènes), Winner a eu beaucoup d’ennuis avec la censure, les passages avec le viol de la pauvre gouvernante et celui avec Carole Kersey (handicapée donc personne vulnérable) sont très très durs et Winner en a  fait beaucoup TROP, il n’était pas obligé de mettre le paquet, on dirait qu’il a cherché à mettre la nausée au spectateur (pas besoin d’en rajouter avec les coups de ceinture sur les fesses ou sur l’empalement, même les pires films italiens ne sont pas allés aussi loin !)…
« Un justicier dans la ville 2 » est un film extrême, d’une violence inouie et il va sans dire que le public féminin ou sensible pourra passer son chemin aisément, même Gaspar Noé avec « Irréversible » passe pour « Mary Poppins » à côté !
Hormis ces réserves, le film se suit très bien et est toujours efficace, Bronson prouve une nouvelle fois qu’il est un excellent acteur et Jill Ireland (sa femme à l’écran comme à la ville) s’en sort honnêtement dans le rôle de la journaliste allergique à la violence ; on retrouve également Lawrence Fishburne dans un de ses premiers rôles au cinéma…
C’est produit par Menahem Golan et Yoram Globus, la « Cannon films » donc il ne faut pas s’étonner de la surenchère de brutalité du film, les deux bougres sachant très bien que ça va attirer le public friand de violence !
Ils ne s’y sont pas trompés le film fit un gros carton au box-office et les critiques hostiles au film accusèrent à l’époque Michael Winner de vouloir uniquement faire des films pour l’argent, ce que ce dernier se défendit vigoureusement…
Ça reste un bon polar urbain dans l’ensemble et le blu ray édité par Sidonis Calysta est simplement miraculeux, l’image est nette et à tomber par terre ; pour les cinéphiles qui connaissaient déjà ce film par le biais des cassettes VHS ou des DVD, sachez que le travail effectué pour la haute définition est fabuleux !
« Un justicier dans la ville 2 » est un film intéressant même si le côté sociologique du premier est légèrement en retrait dans le deuxième, qui privilégie davantage l’action et la violence et la barbarie, si vous avez le cœur bien accroché et que vous n’avez pas de problème viscéral sur les scènes de viols dans un film, « Un justicier dans la ville 2 » devrait vous combler, d’autant que là les conditions avec le blu ray sont optimales !
P.S. :le film à sa sortie était interdit aux mineurs, c’est justifié, donc ne laissez pas trainer votre blu ray entre toutes les mains !
Note : 7/10









dimanche 26 janvier 2020

Les nuits de Dracula de Jess Franco, 1970


LES NUITS DE DRACULA
de Jess Franco
1970
Espagne/Italie/Allemagne/Grande Bretagne
avec Christopher Lee, Klaus Kinski, Soledad Miranda, Herbert Lom, Maria Rohm
Film d’horreur vampirique
96 minutes
DVD édité chez Opening vidéo
Montage de Bruno Mattei
Musique de Bruno Nicolai
d’après le roman de Bram Stoker
Synopsis :
Transylvanie, en 1897…
Jonathan Harker, un agent immobilier, rend visite à Vlad Tepes, plus connu sous le nom du Comte Dracula, ce dernier doit acquérir un bien immobilier situé à Budapest, en Hongrie…
Harker se rend compte d’une atmosphère très étrange au sein du château du comte, il semble comme envouté…
Ce n’est que lorsque Dracula propose de force à Harker de rester une nuit suivante au sein de sa demeure que Harker comprend qu’il va être séquestré !
Dans la nuit, trois succubes fantômatiques dérangent le sommeil de Harker ; avant de se coucher, Harker a laissé entrevoir au comte Dracula une photo de Mina, la jeune femme très belle qu’il va épouser…
Le lendemain, Jonathan Harker découvre qu’il est seul et en profite pour s’enfuir du château de Dracula…
Harker rencontre Gabriel Van Helsing, un chasseur de vampires, Harker lui explique qu’il a été séquestré par le comte Dracula et qu’il est parvenu à s’échapper de son château…
Lucy est une des succubes de Dracula qui a terrorisé Harker ; Mina Harker, la femme de Jonathan, est mordue par Dracula, qui a pu se rendre au domicile des Harker en utilisant le subterfuge de se transformer en chauve-souris !
Mina ne sait pas encore qu’elle est une des énièmes victimes de ce vampire…
Renfield, un homme dont la femme a été tuée par Dracula, est interné en psychiatrie, il souffre de démence, Harker et Van Helsing se renseignent sur les façons d’annihiler les vampires ; finalement ils parviendront à éradiquer Dracula, lui mettant un pieu dans le cœur et le décapitant, puis ils jettent son cercueil dans un fleuve…
Il reste à Harker à voir s’il peut encore sauver sa femme, devenue également vampire !
La tâche sera rude et les techniques enseignées par Van Helsing aideront Jonathan !
Mon avis :
Réalisateur culte qui a surtout exploré le bestiaire du cinéma fantastique, Jess Franco décide de surfer sur le succès des films de la Hammer et nous pond, au milieu de la quantité astronomique de ses réalisations, une déclinaison du roman de Bram Stoker avec un Christopher Lee inoxydable en comte Dracula…
Soyons nets, « Les nuit de Dracula » est une immense réussite et, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, le père Franco est hyper fidèle au roman ; neuf ans avant le « Nosferatu » de Werner Herzog, on retrouve déjà Klaus Kinski, mais cette fois en aliéné dément enfermé dans la chambre capitonnée d’un asile !
Un soin tout particulier est accordé aux décors et à l’érotisation des actrices (exactement comme pour la Hammer !), c’est miraculeux et Franco s’applique comme un fou pour rendre une atmosphère baroque , il surutilise les plans avec des chauve- souris, ce qui donne une énorme plus- value au côté vampirique classique et qui permet ainsi de rendre crédible la fidélité qu’il a pour ce mythe inconditionnel de Dracula !
Du grand art et le spectateur est propulsé dans une intrigue fascinante, le film n’est pas du tout bâclé et on est loin de certaines merdes qui pullulaient dans la carrière de Franco à cette époque !
C’est peut être un de ses meilleurs films avec « Le miroir obscène » et « Les démons » ; on retrouve même l’incroyable Bruno Mattei au montage et Bruno Nicolai à la musique (c’est moi où elle est quasi- identique à celle de Fabio Frizzi pour « The Beyond » de Fulci ?)…
Avec « Les nuits de Dracula », on est dans du très lourd et le cinéphile fanatique de films vampiriques ne pourra que se régaler et applaudir des deux mains !
C’est encore plus balaise et plus élaboré que tous les films de Rollin, le panard lors du visionnage est total et c’est un pur bonheur de retrouver la belle Soledad Miranda, décédée prématurément et qui fut la première égérie de Jess Franco, avant Lina Romay…
Bref, les fans de films de vampires, et même les autres (le film est très accessible et pas trop violent) foncez sur « Les nuits de Dracula », c’est du même niveau que les films de la Hammer et vous ne pourrez que vous régaler !
Une œuvre majeure dans la filmographie de Jess Franco à  posséder impérativement (le DVD Opening est très honnête et doit encore se trouver sur le net)…
Note : 8/10










Un justicier dans la ville de Michael Winner, 1974


UN JUSTICIER DANS LA VILLE
de Michael Winner
1974
Etats-Unis
avec Charles Bronson, Jeff Goldblum, Hope Lange, Kathleen Tolan, Steven Keats
93 minutes
Polar urbain
Blu ray édité chez Sidonis Calysta
Musique de Herbie Hancock
Produit par Dino de Laurentiis
aka Death wish
Budget : 3 000 000 dollars
Recettes au box office américain : 22 000 000 dollars
Synopsis :
New York, au début des années soixante dix…
De retour de vacances à Honolulu, Paul Kersey coule des jours heureux avec sa femme, Joanna, le couple vit dans un milieu très aisé et Kersey est très amoureux de sa femme, ils ont une fille nommée Carole…
Alors qu’elles sortaient d’un supermarché pour faire leurs courses, Joanna et Carole Kersey sont repérées dans le magasin par des voyous ; elles demandent à la caissière de faire livrer leurs achats à leur domicile et les loubards ont pris le temps de repérer l’adresse de Joanna et Carole…
Elles seront sauvagement agressées par les fameux loubards qui les avaient suivies !
Paul Kersey en est informé par son gendre, le petit ami de Carole, les deux hommes foncent à l’hôpital ; hélas Joanna décède de ses blessures alors que Carole reste traumatisée à vie !
Carole et Paul Kersey assistent à l’enterrement de Joanna…
Paul, qui travaille dans un cabinet d’architectes, a la compassion et la sympathie de ses collègues dans cette terrible épreuve et ceux-ci lui proposent de se rendre à Tucson en Arizona pour monter un projet immobilier qui pourra lui changer les idées et le mettre dans un autre environnement, loin de New York et de sa criminalité…
Paul rencontre un de ses collègues qui lui offre un révolver…
Alors qu’il était pacifiste, ne supportait pas la violence et était objecteur de conscience à l’armée et pendant la guerre de Corée, Paul Kersey se métamorphose et décide d’appliquer sa loi lui-même !
Kersey décide de sortir en pleine nuit et de tuer volontairement tous les voyous qu’il rencontre !
Un toxicomane ou des jeunes racailles qui lui réclament de l’argent, Kersey ne fait aucun détail et leur tire dessus !
Le nombre de morts augmente à vitesse grand V en quelques jours et les médias s’emparent de l’affaire…
L’inspecteur Frank Ochoa, garant de l’ordre public, met un point d’honneur à retrouver le « justicier » et le faire stopper son hécatombe…
Lors de l’enquête de la police, Paul Kersey est bientôt suspecté ; Ochoa décide de mettre en place une filature sur Kersey !
Mon avis :
Immense succès à sa sortie en salles (le film a battu “L’exorciste » au box-office outre Atlantique !), « Un justicier dans la ville » a assis la réputation mondiale de Charles Bronson comme acteur de films d’action tous azimuts ; avec le recul, c’est avec un certain malaise que l’on revoit ce film et lorsqu’on apprend dans les bonus du blu ray que les gens, à l’époque, se levaient et applaudissaient à tout rompre dans la salle à chaque bastos tiré par le père Bronson, il y a de quoi s’interroger !
La self defense, la « vigilante » est interdite par la loi, « on ne fait pas la loi en étant hors la loi » cet adage est balayé d’un revers de revolver et Michael Winner y est allé vraiment fort niveau brutalité, ça part en cacahuète dès le début avec cette effrayante agression des deux pauvres femmes (on reconnaitra Jeff Goldblum dans son premier rôle au cinéma) et Bronson/Kersey va mettre les bouchées doubles, une fois doté de son flingue, pour faire un « ménage » parmi la pègre new yorkaise et ça va barder !
Heureusement, le film est hyper efficace et ne recule devant rien pour dépayser le cinéphile avide de violence urbaine, la caméra est placée de façon habile et le timing des séquences est imparable (le passage du métro) ; les rouages politico-judiciaires sont simples : tous des pourris !
Le commissaire ne sanctionne pas juridiquement Kersey/Bronson à condition que celui-ci quitte New York et se fasse oublier ; quarante-cinq ans avant l’élection de Donald Trump, « Un justicier dans la ville » est un condensé de sa politique pro lobby des armes, le film résume cette mentalité et on peut dire que la violence engendre la violence, c’est un propos limite fascisant que beaucoup de personnes ont retenu sur l’impact du film à l’époque de sa sortie…
« Un justicier dans la ville » est tout de même un excellent polar sur la technique de la vendetta, c’est peut être un des meilleurs du genre et Bronson y semble particulièrement à l’aise…
Il renquillera encore quatre fois avec quatre autres séquelles plus ou moins heureuses mais ce premier segment reste un exemple du cinéma américain en matière d’actioner policier…
L’impact sur le public est un peu le même que les films de Bruce Lee, dès qu’on sort de la salle, on pourrait avoir envie de faire pareil, tout comme ceux qui se bagarraient ou qui s’inscrivaient à des cours de karatés à la sortie des Bruce Lee ; la saga des « Death wish » a une influence importante sur la société et son aspect revanchard est pour le moins discutable, aussi il faut prendre un énorme recul en le visionnant…
Le combo Blu ray de Sidonis Calysta est somptueux et l’image est hyper nette, c’est donc l’occasion pour voir ou revoir ce classique dans des conditions optimales, super boulot de l’éditeur !
« Un justicier dans la ville » est un témoignage  du cinéma américain des années soixante –dix qu’il faut avoir vu pour bien comprendre les usages et la façon avec lesquels les américains vivaient, rien que pour cela il faut avoir vu ce film…
Note : 8/10










Les voyages de Gulliver de Jack Sher, 1960


LES VOYAGES DE GULLIVER
de Jack Sher
1960
Grande Bretagne/Etats unis
avec Kervin Matthews, June Thorburn, Jo Morrow, Lee Patterson, Grégoire Aslan, Basil Sydney, Martin Benson, Peter Bull
100 minutes
Blu ray édité chez Sidonis Calysta
Film d’aventures fantastiques
d’après le roman de Jonathan Swift
Musique de Bernard Herrmann
Produit par Charles H. Schneer
Effets spéciaux de Ray Harryhausen
aka The three worlds of Gulliver
Synopsis :
Grande Bretagne en 1699…
Lemuel Gulliver est le médecin d’une petite ville, il vit chichement car la misère des villageois fait que ces derniers le paient avec des poules et non avec de l’argent sonnant et trébuchant ; Gulliver aime Elizabeth, la femme qu’il doit épouser ; celle-ci est un peu fantasque et ne se rend pas bien compte de la réalité, elle veut faire acheter une maison délabrée à Gulliver mais lorsque le couple la visite, Gulliver est intraitable et refuse d’acheter une pareille bicoque, il s’ensuit une engueulade ; Gulliver décide de partir pour les Indes et prend place dans un navire ; lors d’une violente tempête, il se rend compte qu’Elizabeth s’est introduite clandestinement dans le bateau !
Gulliver est alors projeté par-dessus bord…
Il se retrouve échoué sur une plage, il s’agit du pays des Lilliputiens ; Gulliver est alors un géant comparé aux habitants !
Les Lilliputiens sont en guerre avec une autre contrée et se bagarrent pour une raison stérile et idiote, la manière de casser un œuf !
Gulliver, d’abord capturé et ligoté, parviendra avec beaucoup de mal à leur faire comprendre qu’il y a des tas de possibilité pour faire cuire un œuf et que ces combats ne leur apportent strictement rien !
Puis Gulliver part pour le pays de Brob, il va y retrouver Elizabeth ; là c’est l’inverse, Gulliver et Elizabeth semblent minuscules ; ils se rendent dans le palais du roi et font la connaissance de Gwendolyn, la promise d’un des habitants, ainsi que de la reine et du roi Brob qui règnent sur Brobdingnag…
Lorsque la reine a un malaise dû à une boulimie, un médecin malveillant pense pouvoir la soigner en lui appliquant des braises sur le ventre ; une fillette, Glumdalclitch, court chercher Gulliver ; celui-ci donne un breuvage à la reine, qui guérit instantanément !
Fou de rage, le médecin, en fait un sorcier, va tout faire pour détruire Gulliver ; il monte la population contre lui et Gulliver et Elizabeth sont pourchassés !
Alors qu’il semble tiré d’affaire, Gulliver doit encore lutter contre un crocodile, un écureuil et une horde de furets !
Mon avis :
Film très sympathique et assez rare, « Les voyages de Gulliver » est un pur joyau du cinéma d’aventures fantastiques tous publics et on y retrouve la même équipe que « Le septième voyage de Sinbad » sauf le réalisateur, Jack Sher succèdant à Nathan Juran, mais l’esprit de magie est bel et bien toujours présent grâce aux magnifiques effets spéciaux du mythique Ray Harryhausen !
L’histoire est certes un peu naïve avec les histoires d’amour croisées mais l’action rehausse bien l’intérêt que l’on a pour ce film et il procure de savoureuses séquences qui émerveilleront les petits comme les grands et qui s’avèrent très bien ficelées grâce à un timing nickel qui donne une crédibilité au film…
Le film  a du coûter une blinde quand on voit la multiplicité des décors et les centaines de figurants, cela n’a pas du être aisé de coordonner tout ce spectacle grandiose et Jack Sher s’en est sorti avec brio !
L’acteur Kervin Matthews, déjà aperçu dans « Le septième voyage de Sinbad », est un personnage épique et iconique, il incarne avec vigueur et rigueur son Gulliver et répond présent pour enchanter le spectateur, il convient tout à fait au rôle qu’il endosse et son binôme avec June Thorburn/Elizabeth reste attachant et touchant (« Les voyages de Gulliver » donne la part belle aux histoires d’amour et à la romance, les cinéphiles fleurs bleues vont adorer !)…
Convenant à tout type de public, « Les voyages de Gulliver » est désormais sorti dans une luxueuse édition Blu ray chez Sidonis Calysta et le travail effectué tient du miracle, le packaging est magnifique et la netteté de l’image avec la restauration est miraculeuse !
Tous les fans des précédents blu rays estampillés Ray Harryhausen sortis récemment chez cet éditeur pourront aisément se ruer sur cette édition fabuleuse qui permet ainsi de réhabiliter ce film, assez méconnu dans la carrière de Ray Harryhausen et pourtant œuvre charnière de sa filmographie !
La première demie heure peut paraître un peu longuette et cucu mais dès que Gulliver arrive sur le pays des Lilliputiens le film prend son essor et décolle vers de l’aventure fantastique pure et le spectateur ne peut plus décrocher !
Ajoutez à tout ce cocktail la beauté des deux actrices principales, une très belle musique de Bernard Herrmann et des décors en apothéose et vous obtenez un vrai film où la magie du cinéma opère de façon inespérée…
« Les voyages de Gulliver » est une petite merveille et même s’il n’égale pas « Jason et les argonautes » ou « L’ile mystérieuse » il reste digne du plus grand intérêt !
A visionner pour les cinéphiles curieux qui en auront pour leur argent et ne seront pas déçus !
Note : 9/10










mercredi 8 janvier 2020

Voyage sur la planète préhistorique de Curtis Harrington, 1965

VOYAGE SUR LA PLANETE PREHISTORIQUE
de Curtis Harrington
1965
Etats unis
avec Basil Rathbone, Faith Domergue, Gennadi Vernov
74 minutes
Science-fiction
DVD édité chez Bach films
Produit par Roger Corman
Synopsis :
2020, des astronautes américains partent en exploration sur la planète Vénus...
Le professeur Hartman coordonne de la base centrale l’opération, il est secondé par Marsha, une jolie brune ; ce sont les vaisseaux Sirius et Vega qui doivent atterrir sur Vénus, Ferneau et Walter sont cosmonautes sur Sirius tandis que Sherman et Kern font partie de l’équipage sur Vega ; John le robot va les aider dans leurs tâches...
A peine débarqués, Ferneau et Walter sont attaqués par une créature munie de tentacules, ils parviennent à s’en dépétrer non sans mal...
Puis ils découvrent un volcan qui laisse couler une lave gigantesque, John le robot ne survivra pas et sera englouti ; on perd la trace de Marsha et le professeur Hartman s’inquiète puis panique !
A l’aide d’un véhicule pneumatique et amphibie, Kern et Sherman sillonnent une sorte d’océan et sont happés dans ses profondeurs ; ils finiront par remonter à la surface et découvriront des dinosaures qui s’avèreront inoffensifs...
Tout est bien qui finit bien mais l’un des astronautes, après avoir pris des échantillons de diverses roches venant de Vénus, constatera en effritant l’une d’elles qu’il y figure un visage proche de celui d’un humain...
Il reprend route sur la base américaine, heureux de pouvoir raconter toutes ses découvertes au Professeur Hartman et à Marsha...
Mon avis :
Une des pires productions de Roger Corman, “Voyage sur la planète préhistorique” est un film complètement fauché, le réalisateur Curtis Harrington ne s’est pas foulé, il a carrément repris certains plans séquences de “La planète des tempêtes” un film russe, il a pompé allègrement le robot de “Planète interdite” et a torché son film à l’arrache avec des décors en cartons et les trois quarts des scènes se passent à l’intérieur des vaisseaux, ça fait un effet de remplissage qui est carrément abusé !
Bach films n’a fait aucun travail de restauration et ce qui est mentionné sur la jaquette du DVD est mensonger, de plus ils se trahissent eux-mêmes puisque le bonus de soit-disant “restauration” est sans le son et qu’on voit bien que le mec dans le studio restaure un autre film !
L’image est donc proprement dégueulasse et digne d’une VHS usée jusqu’à la bobine...
On peut apprécier le côté naïf et ringardissime de ce film qui a beaucoup vieilli mais le doublage est exécrable, ce qui n’arrange rien !
Les cinéphiles se rabattront sur des DVD comme celui de “Voyage au centre de la terre” de Henry Levin, qui bénéficie de moyens beaucoup plus confortables et qui fait réellement rêver sans prendre le spectateur pour un couillon...
Répétitif, fauché, mal cadré et à la rue total, “Voyage sur la planète préhistorique” s’oublie une fois visionné et ferait passer les films d’Ed Wood pour du Kubrick !
Une vraie croûte !
Note : 3/10









samedi 4 janvier 2020

Trauma de Dan Curtis, 1976


TRAUMA
de Dan Curtis
1976
Etats-Unis
avec Oliver Reed, Karen Black, Bette Davis, Lee Montgomery, Burgess Meredith
Film fantastique
116 minutes
Blu ray édité chez Rimini Editions
aka Burnt offerings
Synopsis :
Californie, milieu des années soixante-dix…
Une famille américaine composée de Marian Rolf et de son mari Ben, ainsi que leur jeune fils David, partent en villégiature dans un coin paumé ; ils arrivent devant une très grande demeure qui semble inhabitée ; au bout de plusieurs demandes, finalement les occupants de la maison ouvrent à Ben et font pénétrer son fils et sa femme à l’intérieur…
Tout semble être en travaux et à la limite du délabrement et Ben est réticent, ce qui n’est pas le cas de Marian qui est subjuguée par cette bicoque ; les propriétaires conviennent d’un prix avec Ben, 800 dollars pour un séjour de vacances…
Plus tard, et après avoir murement réfléchi, Marian et Ben reviennent dans la maison ; il n’y a plus aucun habitant, mais Ben trouve un mot apposé sur la porte, disant que la maison est à eux gratuitement mais qu’en contrepartie, ils devront nourrir et s’occuper de la vieille Madame Allardyce, qui loge au dernier étage, Marian dit qu’elle va s’en charger…
La tante Elizabeth, une gentille septuagénaire facile à vivre, se joint à la famille Rolf…
Petit à petit, la maison semble provoquer des comportements troublants autour d’elle, comme si elle était hantée ou que quelqu’un de malveillant rodait à l’intérieur…
Ben fait de violents cauchemars et se remémore les obsèques de sa mère, qu’il a perdu alors qu’il était enfant ; il revoit le chauffeur du corbillard où se trouvait le cercueil de sa mère et cela lui provoque des terreurs nocturnes !
Une piscine qui se trouvait à côté de la maison est restaurée et David s’y baigne ; pris d’une crise de démence, son père Ben essaie de noyer David en le plongeant sous l’eau de la piscine, seule la tante Elizabeth parvient à sauver David, très choqué !
De plus, Ben constate que la maison se « reconstitue » par elle-même, les planches qui la composent se recréent toutes seules, comme par magie…
Madame Allardyce, la grand-mère qui vit au grenier de la maison, semble ne donner aucun signe de vie, même lorsque Marian lui apporte de quoi manger !
Une violente tempête fait s’abattre des arbres sur la voiture de Ben, qui décide de fuir cet endroit qu’il juge maudit !
Lorsque la tante Elizabeth décède d’une supposée crise cardiaque, la famille Rolf quitte définitivement la maison…
Prise de remords, Marian convainc Ben de retourner voir une dernière fois Madame Allardyce…
Au bout d’un quart d’heure, Ben, voyant que sa femme ne redescend pas, prend la décision d’aller la chercher, il fait patienter David dans la voiture…
Ben va découvrir alors quelque chose de stupéfiant, qui dépasse l’entendement !
Mon avis :
Dans les thématiques du cinéma fantastique, la maison hantée a toujours été un procédé qui fonctionne bien et nombre de films ont exploité ce canevas scénaristique ; en 1976, Dan Curtis, réalisateur réputé chez les cinéphiles, met donc en scène ce « Trauma » et ce que l’on peut dire d’emblée c’est qu’il s’agit d’une grande réussite et d’une œuvre majeure dans le genre…
Bricolé avec des moyens simples, « Trauma » fiche vraiment la trouille et surtout le final, qui justifie à lui seul les une heure cinquante passées lors du déroulement, c’est pour ainsi dire un véritable électrochoc dont on a un mal fou à se remettre, du même tonneau que le final de « Psychose » d’Alfred Hitchcock, aussi viscéral qu’habile et hyper traumatisant !
Les spécialistes pensent que c’est cet épilogue qui inspirera Kubrick pour son « Shining », c’est vous dire le niveau !
Les comédiens jouent à la perfection (Oliver Reed et Karen Black mais aussi le jeune garçon, quant à Bette Davis, elle a un rôle très attachant), le peu d’effets spéciaux est foudroyant et convaincant (les séquences de tempête et de reconstitution des planches de la baraque sont très impressionnantes !), le passage de la piscine lorsqu’Oliver Reed pète un câble et tente de noyer son fils est flippant, mais le point d’orgue du film c’est ces cauchemars récurrents avec le croque-mort terrifiant qui sort du corbillard, on ne peut oublier cette scène !
Pas de scènes gore mais surtout un CLIMAT, une ATMOSPHERE et un savoir-faire de la part de Dan Curtis qui force le respect, il met beaucoup de finesse pour instaurer son ambiance de terreur, ça y va crescendo jusqu’à une apothéose de trouille lors des cinq dernières minutes qui place « Trauma » parmi les chefs d’œuvre des films de maisons hantées des années soixante-dix…
Le blu ray sorti chez Rimini éditions est impeccable, l’image est nette et le packaging est somptueux, c’est une occasion unique pour découvrir le film (je n’avais jamais eu l’occasion de le voir et sincèrement il m’a steacké !)…
Les cinéphiles fanatiques de films de maisons hantées et d’atmosphère poisseuse se rueront sur ce blu ray, qui offre une seconde jeunesse à « Trauma », et la modernité et le culot dont a fait preuve Curtis font que son film n’a pas trop vieilli…
Dan Curtis décline le genre « maison hantée » à sa sauce et amplifie ainsi le niveau de la peur provoquée ; à la fois irrationnel et glauque, « Trauma » extrapole le genre et le résultat est effrayant, vraiment…
1960 : « Psychose », 1980 : « Shining » et 1970 : « Trauma », voilà le triptyque de films de trouille idéal !
Si vous voulez vraiment vous ramasser une torgnole et flipper comme c’est pas permis, « Trauma » est le film qu’il vous faut…
Note : 9/10