mercredi 21 août 2013

RASHOMON d'Akira Kurosawa, 1950


RASHOMON

d'Akira Kurosawa

Japon

1950

Drame

avec Toshiro Mifune

94 minutes

Synopsis :

La ville de Kyoto, au onzième siècle...

Sous une pluie torrentielle, trois individus trouvent refuge sous le porche d'un bâtiment, il s'agit d'un bonze, d'un bûcheron père de famille et d'un passant qui se trouvait là à ce moment...

L'un des hommes semble bouleversé, il raconte ce qu'il a vu il y a trois jours...

Il a découvert le corps d'une femme dans une forêt...

Le film va retranscrire les événements perçus à la fois par le tueur guerrier, par la femme agressée sexuellement et par son époux...

Comme dans un tribunal, mais avec le spectateur comme principal juge, les versions sont données par chacun des protagonistes et s'avèrent toutes différentes les unes des autres, partant du principe que chaque personne, suivant sa propre expérience et selon sa faculté d'analyser les événements, n'a pas la même appréhension des faits...

Mon avis :

Si l'on recadre le film dans son contexte, on peut aisément dire que "Rashomon" fit découvrir le cinéma Japonais au monde entier, et par ce biais le cinéma de Kurosawa, exotique et atypique par rapport aux productions d'alors...

Il y a une mise en scène superbe dans cette oeuvre et un découpage de plans vraiment révolutionnaire au cinéma, créant, recréant et inventant des trouvailles qui seront reprises bien plus tard par d'autres réalisateurs (le soleil brillant à travers les arbres, les mouvements de caméra très fluides et étonnamment dynamiques)...

Il y a des pulsions dans le guerrier qui veut souiller l'innocence de la fille en la violant mais pas non plus de voyeurisme graveleux, celà s'effectuant presque comme une danse ou un ballet lorsque Kurosawa choisit de filmer l'agression, on ne ressent pas de malaise mais plutôt une grande admiration eu égard à la technique narrative employée par le metteur en scène...

Ce qui frappe aussi c'est la musique, un thème lancinant qui reprend note pour note près le Boléro de Ravel, astucieuse idée pour maintenir un aspect lyrique à un film qui transgresse le drame ou le film d'investigation pour se révéler avant tout émotionnel...

Les paysages semblent être le théâtre d'un combat victime/bourreau et Kurosawa a su exploiter avec brio les décors naturels de la forêt, nous faisant profiter de ses moindres recoins, n'importe qui pouvant s'y dissimuler comme dans un refuge de l'inconscient ou au contraire un endroit "exutoire" où tout est permis car loin  de la ville, de la civilisation et de l'ordre représenté la police...

Des plans fixes ponctuent métronomiquement "Rashomon" comme la pluie diluvienne qui s'abat sur les toits du temple ou ces personnages assis au sol pendant plusieurs minutes qui déroulent sciemment leurs histoires...

On se trouve plongé dans du très grand cinéma qui sera l'amorce de la gloire pour Kurosawa et lui permettra de continuer sa carrière, après un tel succès, pour aller au bout dans sa recherche graphique et dans son exploration narrative...

Magnifiquement mis en scène, "Rashomon" recèle de nombre de qualités et se doit d'être visionné pour tout cinéphile curieux et surouvert sur tous les types de cinémas...

Note : 10/10






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