dimanche 6 décembre 2015

FACE d'Antonia Bird, 1997

FACE
d’Antonia Bird
1997
Grande Bretagne
Avec Robert Carlyle, Ray Winstone, Damon Albarn, Phil Davis, Gerry Conlon, Lena Headey
Policier
110 minutes
Grand prix du festival policier de Cognac 1998
Synopsis :
Périphérie de Londres…
Ray et Dave sont des policiers corrompus qui traquent des dealers et n’hésitent pas à faire appel à la force si nécessaire lors de perquisitions musclées, Ray est désabusé, il adore sa petite amie Connie mais a bien du mal à la satisfaire sexuellement, étant parasité par son frère autiste, plus jeune que lui et qui est un fervent amateur de littérature…
Pour sortir de sa précarité mentale, Ray organise un casse gigantesque au sein d’un entrepôt de convoyeurs de fonds, avec un camion bélier en pleine nuit…
Weasel, Vince, Robbie et Julian dit Julie sont ses acolytes, le casse achevé, ils se rendent compte que leur butin est bien maigre et le « partage » s’avère compliqué, chacun réclamant une part gourmande…
Julie se fait tabasser après avoir braqué Ray avec un fusil à pompe…
Ray comprend qu’il y a une brebis galeuse, un traitre dans son équipe, ses parents se font assassiner et Sarah, la fille de Dave, fréquente un jeune héroïnomane…
Dans un accès de fureur, Ray et Dave tuent le toxicomane et retrouve la trace de l’argent du casse volatilisé, il se trouve dans une cabine des vestiaires du commissariat local…
Arrivés sur place, ils neutralisent le policier agent d’accueil…
Une fusillade sanglante éclate !
Mon avis :
Antonia Bird est une excellente réalisatrice qui sait contenir des ambiances atypiques sur une trame classique (remember « Vorace »), ici elle s’attaque à un polar de grande envergure tout en s’appuyant sur un concept de chronique sociale, le résultat est appliqué et sidérant !
Carlyle électrise le métrage de bout en bout et l’ensemble est passionnant, servi par des acteurs impliqués naviguant dans une retranscription réaliste d’un casse qui tourne mal, mais le film intègre réellement le casse pendant quelques minutes dans l’histoire, ce qui est intéressant c’est surtout ce qui passe AVANT et APRES le fameux casse…
La musique est omniprésente et apporte beaucoup au film, cet aspect mélomane renforce considérablement l’impact que le film a sur le spectateur, transporté par une mise en scène aboutie et techniquement parfaite (l’introduction avec montée de caméra lors de l’arrestation met directement dans l’ambiance)…
Peinture d’un certain visage de l’outre-Manche ouvrière, « Face » renvoie à des situations politiques (les manifestations pro kurdes récurrentes, la jeunesse désoeuvrée, la police corrompue) mais ne néglige pas l’aspect tragicomique de certaines séquences (un humour noir bienvenu lors du passage de la mort du toxicomane)…
Les personnages sont tous décalés, les femmes sont névrosées (sauf Connie) et les hommes de sombres poltrons égoïstes et axés sur l’argent, tout ce petit monde payera lourd pour ses forfaits, sauf, ironie du sort, Ray couvert par son enveloppe de policier, qui lui sauvera la mise in extremis…
Amoral et acide en même temps, « Face » n’oublie pas de nous réserver des séquences d’action bien troussées (fusillades urbaines, bagarres, course poursuites motorisées…) et on ne s’ennuie pas, balottés entre des dialogues bien sentis et une tonicité proche des polars américains du meilleur acabit…
Un excellent polar qui montre et démontre bien que la Grande Bretagne sait produire et reproduire de bons films, loin des conventions précédentes et proches d’un style populaire pas du tout prétentieux…
A voir !

Note : 8.5/10




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