Open Watching

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samedi 28 octobre 2017

Vierges pour le bourreau de Massimo Pupillo, 1965

VIERGES POUR LE BOURREAU
de Massimo Pupillo
aka Max Hunter
1965
Italie/Etats unis
avec Femi Benussi, Mickey Hargitay, Walter Brandi, Alfredo Rizzo, Moa Tahi, Rita Klein
Film gothique fantastique
85 minutes
DVD édité chez Artus films
aka Il Boia scarlatto
aka Bloody pit of horror
Synopsis :
Un petit village d’Italie, au milieu des années soixante…
Daniel Parks, un directeur d’éditions de romans-photos accompagne toute une équipe de mannequins aussi bien féminins que masculins, ainsi qu’un photographe et Nick, un écrivain ; leur but est de trouver un endroit insolite où ils feront une série de clichés pour le magazine, Daniel Parks étant pris à la gorge et sa revue au bord de la faillite…
Les jeunes gens jettent leur dévolu sur un château de vieilles pierres qu’ils trouvent de manière fortuite et qui semble inoccupé, l’un des hommes présents escalade un muret et ouvre aux autres qui s’installent illégalement au sein du manoir…
Très vite, ils vont s’apercevoir qu’ils ne sont pas les seuls dans ce lieu et leur hôte, un homme très bizarre leur propose l’hospitalité uniquement pour la nuit ; il s’agit de Travis qui a flashé sur Suzy, un des jeunes mannequins, et qui a des desseins libidineux sur la jeune femme…
L’équipe se met en place et le photographe commence à prendre des clichés qui mettent en  scène les mannequins…
Travis reluque les superbes jeunes femmes lorsqu’elles sont dévêtues par les yeux d’une gargouille située sur le dessus d’une cheminée…
C’est alors qu’au prologue, on apprend que quelques siècles auparavant, un bourreau sadique qui avait violé des femmes vierges, fut tué et entreposé dans un sarcophage à piques, laissé pour mort, le bourreau est en fait reclus dans les caves souterraines du fameux château où se trouvent justement les mannequins et le photographe !
Lorsque deux hommes décident d’aller voler du vin dans les caves du châtelain, l’un d’eux renverse par inadvertance une hallebarde qui casse le cadenas du sarcophage !
Le bourreau légendaire se réveille et peut ainsi assouvir ses pulsions en commettant de nouveaux crimes sur les jeunes femmes…
Mais une révélation surprenante et inattendue va émailler le film d’un rebondissement, Travis, le châtelain, connaissait la présence du bourreau et cet homme est possédé lui-aussi !
Personne ne se méfie de lui, ce qui va amplifier le malaise et décupler les crimes !
Mon avis :
Tourné dans la foulée et à quelques jours d’intervalles avec « Cimetières pour morts vivants », ce « Vierges pour le bourreau » est un très sympathique cocktail d’épouvante et d’érotisme, pourvu de scènes de tortures et de passages scabreux…
Le passage de voyeurisme sur les filles à la plastique irréprochable n’est pas sans rappeler le reluquage de Perkins dans le « Psychose » d’Hitchcock sorti cinq années auparavant et l’ensemble se suit allègrement avec un personnage principal du « bourreau » particulièrement pervers et sadique ; il y a une très grande inventivité dans les instruments de torture et une grande application aussi bien pour les costumes que pour les décors…
Dès l’entame avec un prologue qui sera repris dans « Le vampire et le sang des vierges » de Harald Reinl (le cinéaste teuton nous a fait un copier coller flagrant !), on comprend que le sadisme sera inhérent au métrage et Pupillo, sous l’appui des producteurs américains, a mis le paquet pour respecter les codes du gothique, mais en pimentant l’intrigue avec l’originalité des mannequins et du photographe venus ici pour faire des clichés pour un roman-photo, ainsi ce ne sont pas juste des personnes lambda qui sont la cible du bourreau mais de frêles jeunes filles, ce qui, bien entendu, sera un bon prétexte pour dévoiler leurs plastiques et leurs charmes, les donzelles étant évidemment hyper sexuées et peu avares de leurs attributs…
Les protagonistes sont pour la plupart extrêmement couillons et le jeu de massacre engagé sera réjouissant, exactement comme l’avait fait Bava dans « L’ile de l’épouvante », ces idiots empreints de vénalité, le bourreau se fera un plaisir de les occire et le spectateur prendra part à cette annihilation, dans un mixage de stupre et de décadence (Pupillo sait y faire et ne recule devant aucun stratagème pour appuyer là où ça fait mal, avec un passage particulièrement osé où une pique lacère des tétons avec deux filles tournantes)…
Le scénario est très habile avec un rebondissement inouï vers le dernier quart d’heure que nul n’aurait soupçonné, aussi bien les pauvres victimes du film que le spectateur….
« Vierges pour le bourreau » est intrinsèquement hyper vintage et kitsch et c’est le témoignage absolu de films qui étaient projetés dans les cinémas de quartier comme le Ritz, le Colorado ou le mythique Midi-Minuit, par conséquent il rend honneur à ces lieux cultes et ravira les cinéphiles nostalgiques de ces petites productions fantastiques gothiques pas prétentieuses pour deux sous qui florissaient sur les écrans des salles obscures dans les années soixante soixante –dix….
Pur régal, « Vierges pour le bourreau » bénéficie d’un rythme soutenu et même de bagarres proches de la savate qui donnent ainsi une plus-value de tonicité à un film regorgeant d’énergie et de dynamisme…
Comme toujours, l’édition DVD de Artus films est impeccable, avec une image superbe et un travail d’orfèvre et un Alain Petit qui s’est surpassé dans les bonus et qui nous apprend des tas  de choses, ses informations sont une mine d’or et sa prestation cinéphilique immanquable !
Considéré à juste titre comme un film culte, « Vierges pour le bourreau » n’a rien perdu de son impact et s’impose même comme l’un des meilleurs fleurons du cinéma gothique transalpin du milieu des années soixante…
Un film que l’on n’oublie pas et qui reste indispensable à acquérir pour tout cinéphile fanatique de ce genre, la nostalgie amplifie l’empathie immédiate que l’on aura en le visionnant…
Note : 8/10

Dédicacé au camarade Frédéric Nury





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