samedi 1 octobre 2022

Les mille et une nuits de Henry Levin et Mario Bava, 1961

 

LES MILLE ET UNE NUITS

de Henry Levin et Mario Bava

1961

Italie/France/Etats unis

avec Donald O’ Connor, Vittorio de Sica, Michèle Mercier, Terence Hill, Raymond Bussières, Noëlle Adam, Aldo Fabrizi

93 minutes

Conte/film d’aventures fantastiques

aka Wonders Aladin

aka Le meraviglie di Aladino

Blu ray édité chez Studiocanal, collection Make my day

Bonus préface avec Jean Baptiste Thoret

Synopsis :

Aladin, un jeune homme particulièrement benêt, vit à Bagdad avec sa mère. Pauvre, il ne rêve que de grandeur et de faste, ne voyant même pas que la belle Djalma est amoureuse de lui.

En voulant rendre au marché une vieille lampe, il en profite pour chaparder. Découvert, il doit fuir les commerçants tous assemblés pour le poursuivre .

Après une fuite effrénée, il est coincé dans un réduit.

Involontairement, il active la lampe et délivre le génie !

Voici Aladin parti pour autant d'aventures où se mêlent le courage et le burlesque contre l'infâme vizir !

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Dans la carrière prodigieuse de Mario Bava, « Les mille et une nuits » est vraiment le bas de gamme, c’est un film bâtard très pompeux et un festival de pitreries avec un acteur particulièrement insupportable (Donald O’ Connor) et une histoire bancale où l’ennui gagne rapidement le spectateur ; le film a énormément vieilli et comporte des séquences qui atteignent des sommets dans la niaiserie, pour ne pas dire dans la débilité…

Apparemment, Henry Levin est à 80% responsable du film, Bava est à 20% dans la réalisation et ça se voit (les passages de photographie lumineuse ou ténébreuse, on y reconnaît bien la « patte » de Bava pour l’utilisation graphique des couleurs) mais autrement, n’ayons pas peur de le dire, « Les mille et une nuits » est un film très mauvais !

Malgré la beauté des actrices (il y a même Michèle Mercier) et la présence de Terence Hill dans un de ses premiers rôles au cinéma, ça vole hyper bas !

Jean Baptiste Thoret explique même dans sa préface que l’immense Vittorio de Sica affublé du rôle du génie s’était ennuyé comme pas possible durant le tournage ; tout le film est axé sur Aladin et ça va cinq minutes ! ses gags à  deux euros, ses bondissements permanents et son rire insupportable sont légions dans le film et le tout donne un cocktail repoussoir aux cinéphiles, le métrage n’étant même pas destiné à un public enfantin, c’est dire qu’il faut tenir une heure trente cinq et s’infliger un spectacle affligeant de bêtise, indigne de Bava !

Un mini érotisme au niveau des actrices ne suffit hélas pas à donner du ressort au film, plat et creux, et qui ne fait JAMAIS rire !

Donald O’Connor, acteur issu de comédies musicales, est plus pitoyable qu’attrayant, le seul atout des « Mille et une nuits » restant la photographie réalisée par Mario Bava ; Henry Levin avait réalisé le très bon mais ultra daté « Voyage au centre de la terre », ici il ne parvient quasiment à aucun moment à faire retrouver la magie de son illustre film précité…

Les scènes du combat redonnent un peu de vigueur au film, qui en avait sacrément besoin, mais ce dernier part avec l’énorme handicap du personnage d’Aladin et de ses pitreries rapidement gonflantes et insupportables…

Visionné dans les années 1980 ça aurait pu passer, sauf que là on est en 2022 et la mayonnaise ne prend plus, elle a un goût rance…

Lorgnant plus du côté du ridicule que de l’aventure fantastique, « Les mille et une nuits » est bien faiblard et l’acquisition du blu ray s’avère dispensable, uniquement réservée aux cinéphiles qui souhaitent posséder l’intégralité des films de Mario Bava…

Il ne faut jamais commencer par ce film si on veut découvrir l’œuvre du Maestro, c’est son moins bon film, pour ne pas dire son plus mauvais (tout est relatif !), on est à des milliers de kilomètres de film comme « Les trois visages de la peur », « Opération peur » et même de « Baron vampire », qui passe pour un chef d’œuvre à côté !

Non là Bava s’est planté, mais à la limite ce n’est pas de sa faute, le projet paraissait pipé d’avance et Henry Levin a quasiment tout contrôlé, si le film est raté c’est plus de sa faute que de la faute de Bava !

« Les mille et une nuits » est très dispensable et s’adressera avant tout aux curieux et aux cinéphiles tolérants et hyper ouverts, les autres, puristes, passeront allègrement leur chemin…

A part deux ou trois séquences (la première apparition du génie, la baignade, la cérémonie avec le sultan), « Les mille et une nuits » est truffé de défauts et souffre énormément de sa vieillesse, c’est un film daté et même ringard !

Les trois quarts de ceux qui le verront risquent d’être déçus…

Une douche écossaise qui ne donne qu’une envie : se taper les autres films de Bava !

Note : 5.5/10








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