jeudi 13 avril 2017

Demain ne meurt jamais de Roger Spottiswoode, 1997

DEMAIN NE MEURT JAMAIS
De Roger Spottiswoode
1997
Grande-Bretagne/Etats-Unis
Avec Pierce Brosnan, Michelle Yeoh, Teri Hatcher, Joe Don Baker, Jonathan Pryce, Samantha Bond
Espionnage/action
119 minutes
Collection James Bond
Aka Tomorrow never dies
Chanson du générique interprétée par Sheryl Crow
Budget : 110 000 000 dollars
Recettes mondiales : 339 267 833 dollars
Synopsis :
Elliot Carver, un magnat milliardaire qui gère les médias américains, est en fait un psychopathe mégalomane qui contrôle le CMGN et son journal « Tomorrow », il a pour objectif de créer une guerre mondiale avec pour point de départ un conflit armé entre le Royaume uni et la Chine…
James Bond est chargé par M et le MI-16, l’autorité qui l’emploie, de questionner Paris Carver, la femme d’Elliot, qui fut aussi une de ses précédentes conquêtes ; après l’avoir séduite, Bond obtient des renseignements cruciaux pouvant faire tomber et incriminer Carver, hélas celui-ci se rend compte que sa femme l’a trahi et la fait assassiner !
Wai Lin, une employée des renseignements chinois, s’allie avec Bond pour enquêter sur les activités de Carver en Chine, ils investissent une tour où se cachent les machines de presse de Carver, espérant saboter son entreprise et éviter ainsi que ses projets réussissent…
Leurs efforts ne seront pas vains car Carver est très coriace, il manipule n’importe qui par le biais de ses médias…
Mon avis :
Après l’immense succès obtenu par « Goldeneye » les producteurs avaient la pression et ne tardèrent pas pour mettre en chantier ce « Demain ne meurt jamais » qui marqua le décès d’Albert Broccoli, le « père » de James Bond, qui avait initié le mythe de 007 depuis 1962, puisque celui-ci décéda un an avant la sortie de ce deuxième opus avec Pierce Brosnan…
Soyons nets, « Tomorrow never dies » est du même acabit niveau qualité que « Goldeneye », le rythme est entrainant, l’histoire est inventive et le méchant particulièrement tordu (Jonathan Pryce immense acteur, le Sam Lowry de « Brazil »), les James Bond girls sont charmantes (Teri Hatcher, la brune incendiaire de « Lois et Clarke » qui quitte trop vite l’intrigue) et les scénaristes ont eu l’excellente d’incorporer Michelle Yeoh, la belle asiatique, pour des séquences de kung fu jubilatoires où la bougresse assène à ses adversaires des coups de kick que n’aurait pas renié Jean-Claude Van Damme, cette tonicité donne une plus-value indéniable au film, et l’action ne faiblit jamais…
Brosnan a autant la classe que d’habitude et cette fois, l’enjeu qu’il combat est très original (une guerre mondiale provoquée par des médias qui contrôlent tout, y compris les politiques et les moyens déployés par l’armement !), comme toujours pour 007 la tâche sera rude et les embûches nombreuses mais son sens de la pugnacité parviendront toujours à le faire triompher…
Un soin tout particulier est accordé aux décors et la poursuite à moto est tout à fait spectaculaire tout comme la chute du gratte-ciel avec la corde, une nouvelle fois cela parait impossible à tourner et bien non, les cascadeurs et le metteur en scène arrivent à donner vie à cette séquence !
Les scènes de foule lors de la poursuite en moto ont dû donner du fil à retordre au cadreur  avec les figurants qui se comptent par centaines et le rendu est exceptionnel, preuve d’une gageure impeccablement exécutée, et grâce à un timing parfaitement maitrisé…
Avec « Demain ne meurt jamais » à aucun moment on ne s’ennuie, on ressent une nouvelle fois le même plaisir de visionnage et l’ensemble relèverait presque de la magie tant l’aboutissement du travail est d’orfèvre, que ce soit le jeu des acteurs, le scénario ou les effets pyrotechniques, on s’en prend plein la tronche et on en redemande !
Un excellent segment de la saga à voir sans modération !

Note : 9/10






mardi 11 avril 2017

L'homme sans passé d'Aki Kaurismaki, 2002

L’HOMME SANS PASSE
d’Aki Kaurismaki
2002
Finlande/France/Allemagne
avec Kati Outinen, Markku Peltola, Juhani Niemela, Sakari Kuosmanen, Kaija Pakarinen
Film d’auteur/drame
97 minutes
Grand prix du Festival de Cannes en 2002
aka Mies Vailla Menneisyytta
Synopsis :
Ville d’Helsinki, Finlande, début des années deux- mille…
Après un voyage de nuit en train, un homme sort de la gare et s’assoie sur un banc ; soudain il est violemment agressé par trois hommes, dont un skinhead qui lui assène plusieurs coups de batte en pleine tête, les coups sont si violents que les voyous le laissent pour mort, après lui avoir dérobé son argent et jeté ses papiers dans une poubelle…
Peu de temps après, le jeune homme arrive en sang dans les toilettes de la gare, il s’écroule et un employé prévient la police ; plus tard, à l’hôpital, la mort clinique est constatée par le médecin de garde…
Par un miracle inexpliqué (on suppose une catalepsie), l’homme se relève et quitte l’hôpital pour se retrouver allongé dans un terrain vague, à la périphérie de la ville…
Deux garçonnets le trouvent et décident de s’occuper de lui, il est recueilli dans un bidonville peuplé de SDF et ces derniers le nourrissent et lui fournissent des vêtements ; suite au choc de l’agression, l’homme est devenu complètement amnésique et ne souvient même plus de son nom…
Irma, une employée de l’armée du salut, prend empathie pour lui…
Ayant pu trouver une activité très précaire payée au lance-pierres, l’homme doit se rendre à la banque pour ouvrir un compte ; c’est alors qu’un gangster braque la guichetière et l’enferme avec l’homme dans un coffre-fort de la salle du sous-sol…
La photo prise par la caméra de surveillance où l’on voit l’homme se retrouve en première page d’un quotidien, sa femme le reconnaît !
Mon avis :
Le propos d’Aki Kaurismaki, illustre cinéaste finlandais bien connu des fans de films d’auteur, est axé sur les relations humaines et sur l’humanisme dans ce « Homme sans passé » qui navigue avec brio à contre-courant du cinéma classique pour se concentrer avant sur un homme, amnésique, recueilli par des sans- logis ; la mise en scène est sobre, dépouillé, un peu comme les décors que l’on voit et les frêles gens qui peuplent l’histoire…
Kaurismaki choisit de ne pas opter pour le misérabilisme mais plutôt sur la richesse des sentiments humains à défaut d’avoir la richesse financière ; ces séquences de soupes populaires, de dénuement absolu touchent le spectateur en plein cœur et les trognes des acteurs sont pour beaucoup dans l’appui du réalisme du film…
Le postulat semble parti de nulle part (une agression terrible, un homme laissé pour mort) pour petit à petit se muter en aventure humaniste simple et authentique, gonflée par la tendresse des personnages (Irma est incarnée avec justesse par Kati Outinen), proche de films comme « Hasta La Vista » ou « Bad boy Buddy », « L’homme sans passé » est en outre un OFNI (objet filmique non identifié) qui ramène à l’essence brute du cinéma…
Pas d’action, pas de violence (hormis le début) mais une histoire décalée avec ce que nous avons l’habitude de voir et qui vaudra le grand prix du festival de Cannes à Kaurismaki en 2002, une œuvre marginale qui se suit au fil de l’eau et qui pourra décontenancer les spectateurs fermés au cinéma d’auteur (car là on est en plein dedans !)…
Malgré un aspect hermétique, « L’homme sans passé » se savoure avec bonheur, comme venu du froid, un peu comme le cinéma des débuts de Kurosawa était venu du Japon…
« L’homme sans passé » est une belle découverte, alliant tendresse et émotion, authenticité et empathie ; le rebondissement du scénario avec le braquage aurait pu faire penser à une issue salvatrice mais il n’en est rien, Kaurismaki prend le parti-pris de l’intelligence et de la justesse et nous ramène face à la réalité, un peu comme dans les films de Ken Loach…
Parfaitement interprété, « L’homme sans passé » est un témoignage du film d’auteur finlandais, atypique dans sa conception et impeccable dans la direction d’acteurs…
Kaurismaki poussera le jusqu’auboutisme en refusant de se rendre à la cérémonie des Oscars où le film était nominé comme meilleur film étranger, alors que le conflit dans le Golfe faisait rage, il écrivit un courrier où il mentionna qu’il refusait de cautionner la barbarie de l’intervention en Irak…
Cet humanisme forcené lui rend honneur et le film donne un aspect très intéressant du cinéma scandinave, très singulier et capiteux, mais néanmoins digne du plus grand intérêt…
Un film à découvrir pour les plus ouverts d’entre vous !

Note : 9/10





Meurs un autre jour de Lee Tamahori, 2002

MEURS UN AUTRE JOUR
de Lee Tamahori
2002
Etats-Unis/Grande-Bretagne
avec Pierce Brosnan, Halle Berry, Rosamund Pike, Toby Stephens, Judi Dench, Rick Yune
Espionnage/action
133 minutes
Collection James Bond
aka Die another day
Chanson du générique interprétée par Madonna
Budget : 142 000 000 dollars
Recettes mondiales : 431 905 532 dollars
Synopsis :
Corée du Nord, James Bond, en mission, tue le fils du Colonel Moon et le lieutenant Zao mais ne parvient pas à s’échapper, il est emprisonné et même torturé avec des scorpions qui lui injectent un venin dans son organisme…
M et les Britanniques parviennent à le faire libérer en « l’échangeant » contre un prisonnier politique nord-coréen…
De retour et remis de ses émotions, James Bond est envoyé à Cuba pour pister une femme, Jinx, que l’on suppose de la CIA ; Miranda Frost et Gustav Graves ont passé un contrat avec la Corée du Nord et le fils de Moon, que l’on croyait mort, a en fait été blessé grièvement, des diamants éclatés sont sur son visage et le défigurent, Graves est le seul qui puisse le soigner et le sauver, ce dernier a créé un palais de glace gigantesque où il a convié ses invités, dont Bond et Jinx, mais il s’agit en fait d’un piège !
Graves a créé un panneau solaire qui peut détourner l’énergie du soleil et détruire une partie ou la totalité de l’hémisphère, c’est une arme redoutable qu’il veut vendre à la Corée du Nord pour contrer et anéantir ses ennemis…
A l’aide d’une voiture invisible, Bond tente de s’évader de la cité de glace, il est poursuivi par les hommes de Graves…
Jinx se retrouve en danger et lorsque Graves déclenche les rayons du panneau solaire, Bond voit le sol se dérober sous lui !
Après une course en bobsleigh motorisé, James Bond parvient à sauver Jinx…
Miranda mène un double-jeu, Bond triomphera t-il de Gustav Graves ?
Mon avis :
Dernière prestation pour Pierce Brosnan avant que le relais soit pris par Daniel Craig quatre ans plus tard (« Casino Royale » en 2006), « Meurs un autre jour » note toujours autant d’action mais s’avère un des moins bons segments de la saga, dû surtout aux effets numériques qui sont ici utilisés à pléthore et qui décrédibilisent le film par des passages hideux (le générique est quant à lui pachydermique et la musique de Madonna insupportable !)…
La belle Halle Berry (hommage/transfert à Ursula Andress lors de la séquence de la baignade) essaie de « sauver » comme elle peut l’intrigue mais on est loin des perles comme « L’espion qui m’aimait » ou « Rien que pour vos yeux », ce James Bond se modernise beaucoup trop et perd en plaisir pour le spectateur qui a bien du mal à retrouver ses petits…
007 barbu et aux cheveux hirsutes après sa captivité qui renait de ses cendres, l’idée aurait pu être intéressante mais il manque le souffle épique et le côté « noir » que l’on retrouvait dans, par exemple, « Licence to kill », ici il y a un manque de saveur et d’authenticité, pourtant Brosnan était plutôt bon dans « Goldeneye » et « Le monde ne suffit pas », dans ce segment on a un sentiment de gâchis de son potentiel…
Un peu comme pour « Moonraker » il y a un côté très science-fiction dans ce « Meurs un autre jour » mais la mayonnaise devient indigeste surtout lors du final (l’explosion de la banquise et le bobsleigh bolide qui s’accroche le long de la glace, il arrive un moment où trop c’est trop !)…
Témoignage d’un essoufflement dans la saga, « Meurs un autre jour » reste sympathique à visionner mais pâtit d’un manque d’intérêt scénaristique, se révélant plus comme un blockbuster pour ados que comme un opus de James Bond digne de ce nom…
Il conviendra tout de même de l’apprécier comme un film d’entertainment pur qui use et abuse du numérique, cette outrance lui fait perdre de sa crédibilité et du charme de l’agent secret qui nous avait fait rêver depuis des décennies…
« Meurs un autre jour » est à voir uniquement pour les cinéphiles qui souhaitent avoir visionné l’intégrale de 007…

Note : 8/10





dimanche 9 avril 2017

Au service secret de sa majesté de Peter Hunt, 1969

AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTE
de Peter Hunt
1969
Grande Bretagne
avec George Lazenby, Diana Rigg, Telly Savalas, Joanna Lumley, Gabriele Ferzetti, Bernard Lee
Espionnage/action
136 minutes
Collection James Bond
aka On her majesty’s secret service
Synopsis :
Alors qu’il est au volant de sa voiture, James Bond suit un autre véhicule à vive allure, conduit par une jeune femme, Tracy ; celle-ci tente de se suicider en se noyant dans la mer, Bond la sauve in extremis mais il se fait attaquer par plusieurs hommes !
Ernst Stravo Blofeld, responsable de l’organisation SPECTRE, a pour funeste dessein de rendre la planète stérile par le biais du virus Omega, une arme bactériologique qu’il teste sur une dizaine de femmes, qu’il appelle les anges de la mort ; il pratique sur elles un lavage de cerveau, aidé par Irma, une de ses acolytes…
Tracy, la femme sauvée par 007 au début du film, s’appelle en fait Teresa di Vicenzo, son père est Marc Ange Draco, un corse…
Le père de Tracy combat Blofeld ; Piz Gloria, un restaurant d’altitude dans les Alpes suisses, est la base de Blofeld ; Bond tente de s’y rendre  et de mettre hors d’état de nuire l’organisation SPECTRE…
Après une gigantesque poursuite à ski, Bond retrouve Tracy, ils parviennent à arriver dans la vallée après une course de stock car qui a lieu sur la glace…
Irma et Blofeld semblent avoir été tués dans l’explosion de Piz Gloria…
Pour finir, Bond et Tracy se marient, mais un rebondissement inattendu va tout gâcher !
Mon avis :
Seul et unique opus de la saga avec George Lazenby (il avait voulu lui-même ne pas continuer le rôle), « Au service secret de sa Majesté » est, selon les puristes de James Bond, le meilleur de tous…
Il est vrai que c’est le plus atypique, le plus intelligent et aussi le plus solennel et dramatique segment de la série : le personnage de Tracy incarné par la belle Diana Rigg est à contre-courant total avec les James Bond girls classiques et pour cause ! SPOILER :  Tracy devient la femme de James Bond et meurt assassinée à la fin du film ! SPOILER OFF, c’est bien cet élément très marginal qui distingue « Au service secret de sa majesté » de tous les autres, décalé mais n’oubliant pas un grand sens de l’action, le métrage apporte une densité quasi mystique à James Bond, Lazenby gifle Tracy, la sauve de la noyade, c’est un anti héros complètement aux antipodes de Roger Moore, Sean Connery et Timothy Dalton…
Telly Savalas est toujours autant charismatique et l’objectif qu’il projette d’effectuer sur le monde est glaçant ; les jeunes femmes séquestrées dans son bâtiment alpin perché dans la montagne suisse rappellent les déportées des camps de concentration nazis, il s’agit d’une « prison dorée » et l’appellation des « anges de la mort » fait directement référence à un docteur de la Waffen SS…
Le début du film nous met dans une atmosphère bizarre (la séquence de la plage, puis les combats) et le rythme voulu par Peter Hunt, novice dans la réalisation, c’est son premier film, a de quoi décontenancer les habitués à un style politiquement correct ; le tandem Hunt/Lazenby brise en mille morceaux les codes du mythe 007 et lui offre un autre visage, moins humain mais plus rustre, moins blagueur que déterminé et couillu, « Au service secret de sa majesté » doit se vivre et se voir comme une déclinaison nouvelle de James Bond, ce charme de la nouveauté opérera à plein régime et le film devient alors passionnant, prenant une tournure insoupçonnée…
Ces plans aériens de montagnes survolées sont un régal absolu et les moyens conséquents pour mettre en image le métrage furent colossaux (la base où se pose l’hélicoptère a été construite par la production elle-même qui mit la main à la poche, elle ne figurait pas dans les décors naturels et le numérique n’existait pas encore)…
« Au service secret de sa majesté » se voit désormais comme un segment culte de la saga doté d’un charme fou et d’une rigueur de traitement exemplaire, il pose les fondations qui allaient faire évoluer le mythe de James Bond et lui donner un souffle nouveau, c’est un pallier dans la saga, il y a un AVANT et un APRES « Au service secret de sa majesté » si l’on s’intéresse à cette série culte de films d’espionnage, il faut impérativement le voir pour comprendre la démarche voulue par les scénaristes…
Le tout début de « Rien que pour vos yeux » offre une référence directe à celui-ci avec 007 se recueillant sur la tombe de son épouse…
Un must absolu !

Note : 9.5/10







Le monde ne suffit pas de Michael Apted, 1999

LE MONDE NE SUFFIT PAS
de Michael Apted
1999
Grande-Bretagne/Etats-Unis
avec Pierce Brosnan, Sophie Marceau, Robert Carlyle, Denise Richards, Samantha Bond, Robbie Coltrane, Judi Dench, John Cleese
Espionnage/action
128 minutes
Collection James Bond
aka The world is not enough
Chanson du générique par Garbage
Budget : 135 000 000 dollars
Recettes mondiales : 361 704 575 dollars
Synopsis :
Bilbao, après une entrevue pour un contrat qui tourne mal, Bond parvient à s’échapper ; arrivé en Angleterre, il pourchasse sur la Tamise une mystérieuse femme brune qui décède sur une montgolfière ; Robert King, un riche magnat du pétrole est tué, Bond se rend à ses obsèques en Ecosse et fait connaissance de sa fille, Electra…
Bond pense qu’un traitre s’est infiltré dans le réseau de King et doit assurer la protection d’Electra, cible potentielle…
Electra fait visiter à Bond un chantier en construction en Azerbaijan où doivent être installés des pipe lines sur plusieurs dizaines de kilomètres…
Victor Zokas, dit “Renard », semble être le meurtrier de Robert King, avec l’aide de ses sbires, il kidnappe Miss Moneypenny…
Bond fait la rencontre de Christmas Jones, une doctoresse en nucléaire, qui s’y connaît en désamorçage de bombes…
Electra séduit Bond et ils couchent ensemble, mais en fait Electra mène un double jeu et Bond comprend vite qu’elle fut en liaison avec Zokas (elle se trahit avec un aphorisme qu’ils emploient tous les deux !)…
Bond a une double mission : sauver Miss Moneypenny et mettre hors d’état de nuire Zokas ; pour ce faire, il peut compter sur l’appui de Christmas…
C’est alors que Zokas détourne un sous-marin nucléaire !
Mon avis :
Avec un démarrage à fond les gamelles (il a fallu pas moins de sept semaines de tournage et trente-cinq bateaux utilisés pour la scène du prologue !), « Le monde ne suffit pas » est, dans les récents James Bond, un des meilleurs !
Sophie Marceau, dans son double jeu, est convaincante et se fait voler la vedette au niveau sex-appeal par la canonique Denise Richards, vue dans « Starship Troopers » et « Sex crimes », Brosnan n’a que l’embarras du choix pour ses James Bond girls et l’acteur nous gratifie une nouvelle fois de ses prouesses physiques et athlétiques (avec même une scène d’apnée anthologique !)…
« Le monde ne suffit pas » est fabuleux niveau action, ça n’arrête pas, à ski, en bateau, en sous-marin, en BMW, dans le tunnel d’un pipeline, tout est exploré et exploité pour des péripéties rocambolesques qui font mouche et une réalisation magnifique de Michael Apted qui connaît parfaitement son job et le fait excellemment !
Robert Carlyle, immense acteur vu, entre autres, dans « Trainspotting » , est ici le méchant, crâne rasé avec une balle logée dans la tête, qui ne lui fait ressentir aucune douleur, il se révèle particulièrement sadique et antipathique et offre un rebondissement de taille avec Electra, preuve que le scénario est travaillé et qu’il évite les clichés, un bon point !
Les paysages sont, une nouvelle fois, fabuleux, et la scène de l’avalanche est très impressionnante, tout comme les séquences dans le sous-marin où tout semble anéanti pour l’espoir de s’en sortir mais c’est sans compter sur James Bond qui trouve toujours une solution…
La trouvaille de la chaise de torture est intéressante et amplifie le côté pervers du personnage incarné par Sophie Marceau ; l’idée du syndrome de Stockholm donne à Electra une raison et une justification à sa façon de se comporter dans le film, c’est un atout scénaristique très bien amené qui trouve plein argument dans sa mini histoire d’amour avec James Bond…
Encore une fois, le début vrombissant à 300 à l’heure bluffe le spectateur et le côté jusqu’au- boutiste avec un Pierce Brosnan déchainé et fonçant comme un guépard sur sa proie, a de quoi forcer le respect (les cascades de folie appuient l’action et c’est un régal !)…
« Le monde ne suffit pas » est un James Bond essentiel dans la saga, le titre faisant référence à une citation entendue dans « Au service secret de sa majesté », il fait figure d’un des segments de la saga le plus réussi et reste encore, à ce jour, une référence…
A visionner absolument !

Note : 9/10




dimanche 2 avril 2017

Montclare, rendez-vous de l'horreur de Tony Williams, 1982

MONTCLARE, RENDEZ VOUS DE L’HORREUR
de Tony Williams
1982
Australie/Nouvelle Zélande
avec Jacki Kerin, John Jarratt, Alex Scott, Gerda Nicolson, Charles Mac Callum, Bernadette Gibson
89 minutes
Fantastique
aka Next of kin
Musique de Klaus Schulze
Grand prix festival du film fantastique de Paris en 1983
Synopsis :
Une ville de Nouvelle-Zélande, au début des années quatre-vingts…
Linda Stevens, une très belle jeune femme, vient d’hériter de la maison de retraite que dirigeait sa mère, c’est la résidence de Montclare ; elle a un ami qui tient un snack pas très loin de la maison de retraite et son boy friend s’appelle Barney, ils vivent un amour passionné…
Des manifestations étranges se font ressentir dans les couloirs de Montclare, les robinets coulent tout seul, des patients âgés font des malaises jusqu’à ce que l’un d’entre eux décède, noyé dans sa baignoire !
Le docteur Barton, médecin depuis des décennies à Montclare, se rend sur les lieux ; Linda trouve son attitude curieuse ; un soir elle vérifie le carnet de notes qu’avait laissé sa mère, d’autres décès eurent lieu peu de temps avant sa mort !
Linda comprend alors que la maison de retraite est habitée par des fantômes et il semble que tout soit trop tard…
Linda devient terrorisée et essaye de fuir Montclare !
Arrivée en pleine panique dans le snack en pensant s’y réfugier, elle trouve le fils du gérant et lui ordonne de tout fermer et de se barricader…
Mon avis :
A la croisée entre « Shining » et « Psychose », « Montclare, rendez-vous de l’horreur » est un film de demeures très habile qui puise sa force scénaristique dans un atmosphérisme peu commun jusqu’alors au cinéma et Tony Williams trouve la justesse de sa mise en scène dans des séquences très insolites et totalement envoutantes…
Il utilise une technique miraculeuse (la foudre qui s’abat sur l’arbre, on n’arrive pas à s’en remettre, comment a-t-il pu tourner une telle scène ?) et s’appuie sur des zooms démentiels (beaucoup de plans filmés du plafond, comme à la fin de « Taxi driver »), son histoire en elle-même est bizarre mais il se dote de passages fantomatiques et d’une ambiance poisseuse et lourde qui lui sert de levier dans la réussite de son œuvre…
Le personnage central de Linda, petit bout de femme, sur qui tout le film repose, va la faire sombrer dans la folie, dans la panique et le dernier quart d’heure lui assène une crise de nerfs parfaitement bien restituée par l’actrice Jacki Kerin…
« Next of kin » est une tentative aboutie et réussie de revigorer le genre fantastique avec très peu d’artifices mais des trouvailles techniques très recherchées, pour l’époque (1982) « Next of kin » est déjà très moderne dans sa réalisation ; Wiliams fait clairement référence à Mario Bava avec la petite fille et son ballon rouge ou dans des séquences d’escalier (comme Bava dans son « Operazione paura »), il reproduit même un copié collé de »Psychose » avec le rocking chair qui se tourne !
Auréolé de multiples récompenses lors de festivals et très respecté des cinéphiles friands de fantastique insolite, « Montclare, rendez-vous de l’horreur », même 35 ans après, n’a rien perdu de sa force et bénéficie toujours de son aura qui est resté intacte…
Un gros coup de chapeau à Tony Williams et à son équipe qui ont su donner de la vigueur et de l’originalité dans un film intelligent, loin des slashers et autres productions vénales et souvent débiles qui pullulaient à l’époque…
La musique de Klaus Schulze est à 70% dans la réussite de « Next of kin », elle est omniprésente et rappelle un peu celle de Vangelis pour « Blade runner » tourné la même année…
Un très grand film !

Note : 9.5/10





GOLDENEYE de Martin Campbell, 1995

GOLDENEYE
de Martin Campbell
1995
Grande Bretagne/Etats-Unis
avec Pierce Brosnan, Famke Janssen, Tcheky Karyo, Izabella Scorupco, Sean Bean, Judi Dench, Gottfried John, Joe Don Baker
130 minutes
Collection James Bond
Musique d’Eric Serra
Chanson du générique composée par Bono et The edge, chantée par Tina Turner
Cascades coordonnées par Rémy Julienne
Budget : 58 000 000 dollars
Box- office mondial : 356 429 941 dollars
Synopsis :
1986, En mission en Russie, James Bond retrouve l’agent 006, Alec Trevelyan, sur une base militaire, après une embuscade, Alec est tué et Bond parvient à s’enfuir par un avion lors d’une chute vertigineuse dans le vide, les russes ont installé un satellite appelé Goldeneye qui sert à armer des missiles à distance…
Neuf années plus tard à Monaco, Caroline est l’évaluatrice de Bond, ce dernier la charme et lui offre une course poursuite en voiture avec Natalya Simonova, une autre femme qui se révèle être une agent secret…
Le soir, dans le casino de la ville, pendant une partie de baccara, Bond fait connaissance avec Xenia Onatopp, une superbe femme qui est en fait particulièrement redoutable, elle est adepte des prises au corps d’arts martiaux et tue son compagnon de plaisir en l’étouffant avec ses jambes lors d’une partie fine ; le lendemain, Xenia détourne un hélicoptère Tigre en neutralisant ses pilotes lors d’une parade, Bond fait tout pour l’en empêcher… en vain !
Xenia se rend à Severnaya, une base secrète russe et zigouille tous ses occupants au fusil mitrailleur, tous sauf une : Natalya Simonova !
Le commanditaire de tout ceci n’est autre que Ourumov, par le biais de l’organisation Janus, un syndicat du crime dont une antenne se trouve à Cuba…
Boris, un informaticien hacker, trouve le code d’accès pour détourner le satellite qui va servir à Goldeneye à envoyer ses missiles : la cible est Londres !
Avec l’aide de Natalya Simonova (dont il a conquis le cœur) Bond s’introduit dans le silo qui sert de quartier général à Ourumov, entre temps, Alec réapparait, le visage brûlé mais bel et bien vivant, après avoir survécu à l’attentat de 1986, il a trahi les autorités et fait maintenant partie de Janus et est ennemi juré de 007 !
La difficulté sera double pour James Bond : contrer l’assaut d‘Alec ex 006 et empêcher les missiles de s’abattre sur la capitale britannique…
Mon avis :
17ème opus de la saga (si on ne compte pas « Never say never again ») et premier où Pierce Brosnan endosse le costume de James Bond, ce « Goldeneye » est incontestablement une grande réussite à tous les niveaux ; dès le début, Brosnan apporte de la crédibilité et de la testostérone au personnage de 007 avec une séquence magnifique à couper le souffle (un saut à l’élastique et après un saut dans le vide hyper bien chronométré pour une insertion dans un avion, d'une maestria sidérante, le timing c’est de la folie !)…
Et surtout avec seconds rôles féminins qui, pour une fois, sont réellement pourvus de densité et de relief (mention spéciale à Xenia, la pilote de chasse, qui semble jouir lorsqu’elle mitraille tout le monde et qui applique les arts martiaux par prises aux corps sur ses assaillants, plutôt rare et bienvenu dans un James Bond et tout à fait original !)…
Brosnan, au regard monolithique et sûr de lui, a dû faire preuve de beaucoup d’entrainement sportif pour le film, il court, saute, virevolte lors de scènes toniques fulgurantes ; les poursuites ne sont pas en reste, loin de là, que ce soit en voitures, en train, en avions ou même en char (passage démentiel qui sait éviter le bourrinage et qui nous vaudra des séquences de destructions voire de dévastations urbaines assez balaises)…
« Goldeneye » reprend un peu le même canevas scénaristique de certains de ses ainés Bondiens mais y apporte un souffle épique nouveau, bardé de séquences tonitruantes qui ne pourront décevoir les aficionados des précédentes aventures, tant par leur efficacité que par la rigueur de la réalisation…
La saga des James Bond avait bien besoin de ça et « Goldeneye » remplit le contrat haut la main, c’est un segment bourré de charme et qui va droit au but, sans fioritures, tous les éléments sont présents et même bonifiés et adoubent Pierce Brosnan le hissant comme un des meilleurs acteurs pour incarner le célèbre agent secret de sa Majesté…
L’humour est, quant à lui, revenu (après le « Permis de tuer » de 1989, assez rude et nihiliste), ici les vannes fusent (le soldat dans les toilettes « désolé j’ai oublié de frapper » et autres répliques qui firent honneur à Bond par le biais de Roger Moore), on reprend les codes à succès pour contenter largement le spectateur déjà comblé d’entrée de jeu après cette introduction qui, je le répète, est sans doute une des meilleures jamais mises en scène dans un James Bond…
Spectacle indéniable pour mirettes écarquillées, « Goldeneye » a de quoi ravir les puristes des 007 tout comme les néophytes de la saga, que ce soit les acteurs (Karyo est méconnaissable), les cascades, la réalisation, les James Bond girls (toutes à tomber !), tout est fait pour contribuer au plaisir du cinéphile avec ce film qui relance avec perfection le mythe après, quand même, six années d’absence !
Le sevrage de ces six années a permis de bonifier l’histoire, le soin apporté au film et même le budget qui a littéralement explosé ! (on passe de 30 000 000 dollars habituels pour ceux d’avant à 58 000 000 dollars pour celui là –ça a doublé !-)…
A l’époque, en 1995, tous les espoirs étaient permis après cette réussite qu’était « Goldeneye » et on se permettait de croire et d’espérer que ça continuerait sur cette lancée !
Vraiment très bon et bien ancré dans les progrès techniques cinématographiques du milieu des années 90 (on a droit à des images de synthèse), « Goldeneye » est un des meilleurs James Bond et il est à visionner sans aucune modération, on passe un moment génial et le dépaysement est assuré à 200 %.

Note : 9/10