lundi 12 avril 2021

Incidents de parcours de George A. Romero, 1988

 

INCIDENTS DE PARCOURS

de George A. Romero

1988

Etats-Unis

avec Jason Beghe, John Pankow, Kate mac Neil, Joyce Van Patten

Thriller

113 minutes

aka Monkey shines

Blu ray édité chez ESC

Synopsis :

Allan Mann est un jeune étudiant en droit doué qui voit son brillant avenir brisé par un accident qui le laisse tétraplégique.

Il sombre alors dans la dépression jusqu'au jour où un ami lui offre un singe capucin prénommé Ella.

Avec ce singe, Allan reprend goût à la vie, mais l'animal développe bientôt un comportement agressif envers tous ceux qui s'approchent de lui.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

« Incidents de parcours » est un excellent film mais on est à mille lieues de ce que George Romero nous avait habitués dans ses films, c’est le jour et la nuit total avec « Zombie » ou « Le jour des morts vivants », on ne reconnaît pas Romero !

Et pourtant le film est super intéressant, il s’agit d’un thriller rondement mené mais ici quasiment aucune scène gore ou d’horreur, c’est un drame psychologique teinté d’animal attack, très bien mis en scène et ultra pépère…

Romero déploie son talent et le film se suit bien jusqu’au dénouement (heureux), on a quelques scènes de fulgurances (la mort de l’infirmière électrocutée, la façon dont Allan se débarrasse d’Ella, la scène du perroquet, l’incendie) et le rythme est empathique et fait preuve d’une grande force d’inertie…

Dès qu’on est rentré dans l’intrigue, on ne peut plus décrocher, George Romero sait y faire pour capter l’attention de son public et même si totalement atypique dans sa carrière, « Monkey shines » s’avère pertinent et se classe dans la catégorie des meilleurs thrillers de 1988…

On pense un peu à « Link » de Richard Franklin, tourné deux ans auparavant en 1986, il y a pas mal de similitudes entre les deux films mais Romero ne pompe en rien l’œuvre de son prédécesseur…

Le dressage des singes capucins n’a pas été facile pour le tournage, celui-ci dépendait du gré des animaux et ce fut donc une grande gageure pour Romero, qui s’en sort au final avec les honneurs…

Le côté speed et épileptique des précédents films de zombies de Romero a complètement disparu et a été gommé pour donner un sentiment latent de presque lenteur, ça se suit vraiment « pépère » et on ne sursaute quasiment jamais, « Incidents de parcours » ne peut rentrer non plus comme catalogué « film de terreur », les petits singes sont plus mignons qu’autre chose et ne provoquent nullement quelconque effroi…

C’est la première fois que Romero tourne pour le compte d’une firme hollywoodienne (Orion) et on sent une nette différence par rapport aux libertés qu’il prenait dans ses films précédents ; « Incidents de parcours » reste tout de même un excellent film…

Le blu ray sorti chez ESC est impeccable et on a le plaisir de retrouver l’excellent Julien Sévéon dans un bonus conséquent qui nous explique des tas d’anecdotes sur le film, c’est vraiment du très bon travail…

« Incidents de parcours » permettra donc aux cinéphiles curieux de découvrir une autre facette de cet illustre metteur en scène qu’était George Romero, c’est un métrage complètement tous publics et facile d’accès, qui est un peu tombé dans l’oubli depuis une trentaine d’années, le blu ray d’ESC est l’occasion rêvée pour revoir ce film et le réhabiliter, comme toujours avec Romero, la qualité et le talent sont bien présents et on prend grand plaisir à visionner ce film…

Je vous le recommande et il n’est pas besoin d’être aguerri aux films horrifiques, « Incidents de parcours » est un film ouvert et loin d’être traumatisant…

A voir donc !

Note : 7.5/10









vendredi 9 avril 2021

Willard de Daniel Mann, 1971

 

WILLARD

de Daniel Mann

1971

Etats-Unis

avec Bruce Davison, Ernest Borgnine, Sondra Locke, Elsa Lanchester

Film d’épouvante

95 minutes

Blu ray édité chez ESC

Synopsis :

Sans ami et vivant encore chez son acariâtre génitrice, Willard a une vie privée désespérante.

Au bureau, la situation n'est guère plus brillante puisqu'il est sans cesse malmené par son patron.

Le jeune homme se lie d'amitié avec un rat particulièrement intelligent qu'il nomme Socrate.

À la tête d'une armée de rongeurs, Willard va se venger de ceux qui le persécutent.

(source : Orange)

Mon avis :

Immense succès inattendu à sa sortie en salles aux Etats-Unis, « Willard » est un film très attachant et remarquablement interprété par un Bruce Davison au personnage torturé psychologiquement et « prisonnier » d’une mère ultra castratrice (le pitch rappelle un peu « Psychose » d’Hitchcock) ; le jeune homme est frustré et désexué et va trouver son exutoire en « élevant » des rongeurs dans la cave de sa maison, qui finiront par lui servir de levier pour accomplir les diverses vengeances envers tous ceux qui l’ont fait souffrir…

Le réalisateur Daniel Mann dote son film d’un grand réalisme et tous les rats sont des vrais ; certains passages sont très efficaces (la cérémonie d’anniversaire, l’agression de Martin, le final) et ceux qui flippent en voyant des rats passeront leur chemin avec « Willard », les autres, qui n’ont pas peur, salueront un film virtuose et intéressant, intelligent dans sa conception et globalement impressionnant, grâce aux scènes avec les rongeurs mais également au jeu des acteurs, tous excellents et impliqués à fond…

C’est un plaisir de voir la belle Sondra Locke en intérimaire sexy (elle porte une minijupe pendant tout le film) et Ernest Borgnine, immense acteur vu, entre autres, dans « La horde sauvage », ici en patron libidineux et irascible, qui en fera voir des vertes et des pas mûres à ce pauvre Willard, qui savourera bien sa vengeance, tout comme le spectateur qui se réjouira de voir périr les salopards qui lui ont fait du mal…

Les rats ont été dressés par un professionnel, ce qui pourra paraître étonnant, et pourtant tout passe remarquablement bien à l’écran…

On n’est pas dans « Les rats de Manhattan » de Bruno Mattei mais bel et bien dans un film d’animal attack rigoureux et extrêmement travaillé, le succès critique et public pour Daniel Mann s’avère mérité…

Le blu ray édité par ESC est impeccable et le bonus de Marc Toullec nous apprend des tas d’informations intéressantes, notamment, tenez vous bien, que l’actrice Elsa Lanchester  n’est ni plus ni moins que l’actrice qui joue « La fiancée de Frankenstein » !!!!

Il y aura une suite à « Willard » (« Ben ») et un remake assez récent, mais ce premier segment restera bien le meilleur de tous…

Je ne vous dirais qu’une chose, si vous n’avez pas peur des rats, foncez sur le blu ray de « Willard », c’est un excellent film d’épouvante et la composition d’acteur de Bruce Davison vaut vraiment le coup d’œil, il s’est « emparé » de son rôle et le talent qu’il a déployé dans son personnage de psychotique force le respect…

« Willard » fait référence à pas mal d’autres films tournés précédemment mais ne copie personne, c’est une grande réussite qu’il convient d’avoir visionné pour tout fantasticophile…

Excellent !

Note : 7.5/10








Le boss de Fernando di Leo, 1973

 

LE BOSS

de Fernando di Leo

1973

Italie

avec Henry Silva, Richard Conte, Antonia Santilli, Gianni Garko, Pier Paolo Capponi

Polar italien

100 minutes

Blu ray édité chez Elephant films

aka Il boss

Synopsis :

Dans le milieu de la mafia, Lanzetta est un solitaire, spécialiste des coups de main audacieux.

Il est envoyé à Rome pour un nouveau contrat.

Lorsque la fille de Don Giusepe est kidnappée, Nick Lanzetta la sauve et vient la récupérer in extremis de ses ravisseurs, mais la jeune femme semblait heureuse avec ces derniers, se livrant à des parties fines avec eux…

Lanzetta n’est pas au bout de ses surprises et mésaventures puisque la police mais également d’autres mafioso veulent absolument sa peau !

Lanzetta va devoir lutter pour déjouer les pièges multiples qui l’attendent s’il veut rester en vie…

Mon avis :

Dernier volet de la « Trilogie du milieu » de Fernando di Leo, « Le boss » est comme les autres opus excellent et on se prend un pied de folie avec Henry Silva, il a une trogne réellement charismatique et son personnage de Nick Lanzetta, mafiosi tiraillé entre le marteau et l’enclume, est particulièrement savoureux…

Les seconds rôles sont bien à leur place et lui voleraient presque la vedette (Gianni Garko, illustre acteur, et la belle Antonia Santilli dans un rôle dénudé et sexy), ici ça barde et ce, dès l’entame, avec cet attentat au lance-grenades dans une salle de projection privée, les morts se comptent à la pelle dans « Le boss » et c’est un film ultra violent et bien ancré dans la tradition des polars italiens (on pense à « La guerre des gangs » de Fulci ou à « Big racket » de Castellari) mais avec la touche inimitable propre à Fernando di Leo…

L’histoire tient bien la route, le scénario est impeccable et di Leo ne s’embarrasse pas de finesse face à la gente féminine, des tartes à tout va et une captive nymphomane qui se tape tous les hommes qu’elle rencontre (y compris Lanzetta, le pauvre Henry Silva semble dépassé face à autant de furie sexuelle !)…

On peut dire que pour le polar italien et même le cinéma italien, « Le boss » est une œuvre référentielle et qui fera date pour le genre ; l’intelligence de Lanzetta et son côté rusé à l’extrême le font déjouer tous les pièges qu’on lui tend et il sort bien sûr vainqueur de toutes les embûches, on ne lui a  fait pas, c’est LUI le caïd et personne d’autre !

La mise en scène est, comme toujours chez di Leo, très habile et on ne s’ennuie pas, « Le boss » est un polar attrayant et attractif, il dépeint bien et avec rigueur l’univers de la mafia italienne des années soixante-dix, et une nouvelle fois, Fernando di Leo nous épate avec une issue inattendue, comme il a l’art de faire…

C’est du super bon boulot et la plastique d’Antonia Santilli ravira les érotomanes et les cinéphiles sensibles au charme féminin, elle est somptueuse et donne du piment au film !

Action, érotisme, suspense, cascades et rythme incessant sont au menu de « Le boss », film qui ressort en blu ray dans le coffret Elephant films et auquel on ne peut passer à côté…

Du tout bon et enfin l’occasion de revoir ce film de façon acceptable et sur un support digne de ce nom !

Henry Silva rulez ! une tuerie totale !

Note : 10/10








 

mardi 6 avril 2021

Le miel du diable de Lucio Fulci, 1986

 

LE MIEL DU DIABLE

de Lucio Fulci

1986

Italie

avec Corinne Cléry, Brett Halsey, Bianca Marsillach, Stefano Madia

83 minutes

Drame érotique

Blu ray édité chez Artus films

aka Il Miele di diavolo

aka Devil’s honey

aka Plaisirs pervers

Synopsis :

Une jeune femme enlève et séquestre un médecin qu'elle considère comme responsable de la mort de son petit ami et lui fait subir des sévices sexuels extrêmes.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Avec ce « Miel du diable », Lucio Fulci s’attaque à un genre qu’il n’avait quasiment jamais exploré : le film érotique ; soyons honnêtes, le Maestro a réussi son coup et avec brio ! La beauté de Bianca Marsillach est mise en valeur de façon permanente et la belle se dévoile corps et âme dans le rôle de Cécilia ; dès l’entame du film, ça démarre sec niveau érotisme et le passage de pré-copulation dans le studio d’enregistrement est pour le moins inattendu et insolite !

Puis le film dévie complètement à la mort de Gaetano après sa blessure en moto et son œdème cérébral que le chirurgien (qui subit de gros problèmes dans son couple) ne pourra guérir !

Dès lors, Cécilia va accomplir une vengeance machiavélique en kidnappant l’homme et en instaurant une relation malsaine avec lui !

Le père Fulci n’y va pas de main morte et on note une fascination pour le morbide et pour le sang comme pour ses films de zombies tournés auparavant, mais cette fois avec un côté sexuel…

Bianca Marsillach, outre le fait qu’elle possède un corps sublime, fait preuve d’une déviance et d’une perversité rares pour un film grand public comme celui-ci, « Le miel du diable » est presqu’un film underground !

Les histoires de couple entre le chirurgien et sa femme (en fait, il est impuissant et trouve son plaisir en allant voir des prostituées) feraient presque penser à un mauvais épisode de « Dallas » ou « Santa Barbara », mais heureusement, Fulci ne s’attarde pas trop là-dessus pour déployer son film qui prendra son essor dès que Cécilia kidnappera et séquestrera le chirurgien !

Le titre du film vient d’un poème qu’un camarade de classe écrivit au chirurgien et finalement il y a un syndrome de Stockholm puisque Cécilia et le chirurgien captif tomberont amoureux et entretiendront une liaison sexuelle, assez malsaine tout de même…

Fulci parvient à capter la perversion et l’ambivalence du personnage de Cécilia et dirige à merveille son actrice, qui rend crédible son personnage (Bianca Marsillach tient un rôle pas facile où elle paye de sa personne, elle s’en sort très bien !)…

Lucio Fulci apparaît en caméo comme vendeur de souvenirs (c’est lui qui vend les bracelets à Gaetano et Cecilia, le gimmick du bracelet sera exploité comme élément scénaristique très important par la suite)…

Globalement, sans être un film exceptionnel comparé aux autres Fulci, « Le miel du diable » est tout de même réussi et cela nous permet de voir une autre facette du cinéaste, décidément touche à tout et toujours très rigoureux…

Le coffret blu ray sorti chez Artus films est immanquable et dans les bonus, il y a une interview de la fille de Fulci, Antonella, qui avance le scoop que son père était bipolaire !

L’édition est épuisée et le film s’est vendu comme des petits pains donc si vous la possédez, vous êtes sacrément chanceux…

Les cinéphiles fans de thrillers érotiques apprécieront « Le miel du diable », les autres risquent de le trouver quelque peu scabreux…

A voir tout de même, en étant le plus ouvert possible !

Note : 7/10








JOKER de Todd Phillips, 2019

 

JOKER

de Todd Phillips

2019

Etats-Unis

avec Joaquin Phoenix, Robert de Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy

Thriller psychologique d’après les DC comics

122 minutes

Oscar du meilleur acteur pour Joaquin Phoenix

Synopsis :

L'histoire se déroule en 1981, à Gotham City.

Arthur Fleck travaille dans une agence de clowns.

Méprisé et incompris par ceux qui lui font face, il mène une morne vie en marge de la société et habite dans un immeuble miteux avec sa mère Penny.

Un soir, il se fait agresser dans le métro par trois traders de Wayne Enterprise alcoolisés qui le brutalisent, le poussant à les tuer en retour.

Son geste inspire à une partie de la population l'idée de s'en prendre eux aussi aux puissants.

Dans cette société décadente, Arthur bascule peu à peu dans la folie et finit par devenir le Joker, un dangereux tueur psychopathe victime d'hallucinations et le plus grand criminel de Gotham City.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Je vous avouerai que je suis totalement néophyte pour les adaptations des DC Comics au cinéma, je n’ai pas vu tous les films mais là, pour « Joker », je me suis pris une mandale, ce film est exceptionnel !

Joaquin Phoenix est phénoménal dans ce rôle, il tient une composition gigantesque et ce n’était pas évident, ni donné à n’importe quel acteur, mais là il remplit la gageure haut la main et son Oscar du meilleur acteur est tout à fait mérité…

« Joker » est une plongée dans la folie et la pathologie et Joaquin Phoenix rend crédible, par son talent, son personnage ; c’est un film très rude, glacial mais totalement bluffant qui rappelle le film australien « Bad boy buddy » mais avec des moyens financiers considérables…

Les autres rôles (de Niro, Zazie Beetz et Frances Conroy) sont également magistraux, ils gravitent autour de la personnalité du Joker, le film est joué à la perfection et très  vite, on est pris dedans, sans en décrocher pendant les deux heures !

Des fulgurances (des foudroiements même) se produisent tout le long (l’agression dans le métro qui vire à la tuerie, le meurtre du pote, la découverte du dossier psychiatrique de la mère), Todd Phillips n’épargne rien au spectateur et joue la carte de la crédibilité et du frontal et nous, spectateurs, on est mis par terre, « Joker » est un film uppercut comme on n’en avait pas eu depuis des décennies, c’est sans doute la meilleure adaptation au cinéma pour un personnage des DC comics et il n’est nullement besoin de s’y connaître pour apprécier le film…

Très violent, « Joker » aborde des sujets politiques et sociétaux de façon abrupte et traite du handicap mental par le biais du personnage d’Arthur, c’est une œuvre touchante mais très vite ça vire à l’amertume, comme le passage dans le cabaret, pour dévier et exploser lorsqu’Arthur devient le Joker…

Phénoménal à tous les niveaux, « Joker » deviendra un phénomène de société et se range comme icône du petit peuple, révolté face aux nantis et qui appelle à la révolution (on retrouve un peu cela dans la réalité actuelle avec les gilets jaunes ou les révoltes des Black lives matter aux Etats-Unis)…

Le plus impressionnant reste la corrélation avec l’assassinat des parents de Bruce Wayne qui tombe comme un électro-choc dans le film, c’est vraiment du boulot de scénario de  très haut niveau ; d’ailleurs je ne vois aucun défaut dans ce film, tout se tient à merveille comme par exemple SPOILER (le fait que la voisine  sympa avec Arthur, qui le suit partout, soit une invention, un fantasme d’Arthur puisqu’à chaque situation évoquée Arthur est seul ! FIN DU SPOILER…

« Joker » est un monument du cinéma moderne, une œuvre indélébile et glaçante, la reconstitution du début des années quatre-vingts est impeccable et l’interprétation de Phoenix est bluffante et remarquable en tous points (on a son rire qui résonne dans la tête à la fin du visionnage !)…

Le cinéma hollywoodien retrouve son état de grâce avec « Joker », c’est exactement le film qu’il fallait pour redorer le blason du film de DC comics et rehausser le genre, d’ailleurs, même en faisant abstraction de l’imaginaire et du folklore DC comics, « Joker » est un chef d’œuvre absolu dont il n’est pas forcé de s’y connaître en comics pour l’apprécier…

Du très grand spectacle et un film à marquer d’une pierre blanche pour le cinéma américain et le cinéma tout court…

Enormissime et encore un immense bravo à Joaquin Phoenix !

Note : 10/10









 

vendredi 2 avril 2021

Les enfants de la Joconde de Victor Vicas, 1976

 

LES ENFANTS DE LA JOCONDE

de Victor Vicas

1976

France

Episode des Brigades du tigre

avec Jean Claude Bouillon, Pierre Maguelon, Jean Paul Tribout, François Maistre, Monique Tarbès, Robert Party, Claude Legros, Robert Lombard, Gérald Denizon, Pierre Koulak

55 minutes

Série policière

Musique de Claude Bolling

Scénario et adaptation de Claude Desailly

Synopsis :

Un homme, André Ferras, se rend aux brigades mobiles pour rencontrer le commissaire Valentin, il est tué, renversé par une voiture !

Pujol retrouve le nom du propriétaire du véhicule en fuite grâce au numéro d’immatriculation noté par un passant, il s’agit de Lazare Tharamis…

Dans ses pérégrinations, Pujol se rend à Evreux où il contacte un certain Ferras, photographe, il le questionne ; en fait Ferras est le frère d’André Ferras, il s’appelle Arthur, il renseigne Pujol en lui expliquant que son frère était le souteneur de Viviane, une prostituée…

Pujol se rend au domicile de Viviane mais, peu de temps après, elle est tabassée par Léo, un gangster trafiquant impitoyable…

Pujol, avec Viviane, suit Léo qui se rend dans une chapelle ; puis Pujol trouve des matériaux de photographie chez Ferras alors que celui-ci est au bar pour faire les clichés de l’anniversaire de Viviane (qui est de mèche avec Pujol), c’est alors que Léo surprend Pujol ! une violente bagarre éclate et Pujol est blessé d’un coup de couteau à l’épaule !

Il parvient à s’enfuir et trouve refuge chez Viviane…

Pujol fait envoyer un courrier à Valentin et demande à Viviane de le « balancer » volontairement à Léo pour être capturé et en savoir plus…

Après une engueulade carabinée de Faivre, Valentin et Terrasson partent porter secours à Pujol…

Il s’agit d’un trafic de tableaux valant très cher, Ferras et Léo effectuent des photos des tableaux, les font exécuter par des faussaires et remplacent les vrais par des faux et le tour est joué ! Lazare Tharamis rachète les tableaux à Léo et les revend à des collectionneurs fortunés !

André Ferras avait été tué car il voulait dénoncer le trafic à Valentin et il l’a payé de sa vie…

Terrasson et Valentin se rendent dans la fameuse chapelle et, après, l’abbé Pasquiel leur annonce qu’il a vu que son tableau de « La nativité » a été remplacé par un faux !

Mon avis :

Régal absolu, « Les enfants de la Joconde » est un épisode des Brigades savoureux, grâce au talent des seconds rôles et à la cocasserie de Monique Tarbès (Viviane, la prostituée), elle irradie tout l’épisode de sa drôlerie, qua ce soit par le charisme de son personnage ou de ses répliques qui font mouche, donnant la réponse à un Pujol qui a du prendre un pied en tournant cet épisode (Tribout se régale et ça se voit, c’est lui le personnage central de cet épisode, tout comme l’était Terrasson dans « Le village maudit ») ; l’engueulade de Faivre est mythique et à mourir de rire (« Taratata ! mais c’est vous qui discutez ! moi à votre place, il y a longtemps que je serai allé lui porter secours, une tête brûlée votre Pujol ! « )…

Robert Party, que l’on retrouvera comme le père de Maxime Ribaud Duval dans « SOS Tour Eiffel », est monumental et effrayant, Claude Legros en abbé est savoureux et on a même Pierre Koulak avec sa tronche à faire peur, que l’on retrouvera dans « Rita et le caïd », toujours en tueur ; « Les enfants de la Joconde » a, de plus, un scénario impeccable puisque tout se recoupe, la mosaïque se retrouve à la fin avec le personnage de Lazare Tharamis (excellent Robert Lombard), qui était propriétaire de la voiture qui a écrasé Ferras ; tout s’explique et on comprend tout !

L’acteur Gérald Denizon est familier des Brigades et il brille une nouvelle fois avec le personnage du photographe Arthur Ferras, c’est un excellent comédien !

Tous les ingrédients qui font la patte, la saveur des « Brigades du tigre » sont réunis dans cet épisode monumental et « Les enfants de la Joconde » se savoure avec la plus grande délectation, c’est un des meilleurs épisodes et un des plus indélébiles pour tout brigadophile !

Impeccable dans son cheminement scénaristique, « Les enfants de la Joconde » traite d’un sujet toujours d’actualité, les droits d’auteur et la duplication d’œuvres d’art, cela n’a pas vieilli, même en 2021 !

Un épisode à avoir vu impérativement…

Note : 10/10








Milan calibre 9 de Fernando di Leo, 1972

 

MILAN CALIBRE 9

de Fernando di Leo

1972

Italie

avec Gastone Moschin, Barbara Bouchet, Lionel Stander, Luigi Pistilli, Mario Adorf, Frank Wolff

Polar

105 minutes

Blu ray édité chez Elephant films

aka Milano calibro 9

Synopsis :

À sa sortie de prison, un homme est immédiatement pourchassé par la police et la mafia, qui le suspectent d'avoir détourné de l'argent appartenant à un gros trafiquant américain.

Malgré son insistance, personne ne croit qu'il est innocent.

(source : Orange)

Après avoir purgé sa peine de 4 ans de prison, Ugo Piazza est relâché un an avant son terme pour bonne conduite.

Son ancien complice, Rocco, le psychotique homme de main de l'inquiétant baron du Crime, L'Américain, vient le cueillir à sa sortie et lui rafraîchit la mémoire : 300.000 dollars ont curieusement disparu alors qu'Ugo était le dernier maillon de la transaction...

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Fernando di Leo est un cinéaste culte connu et vénéré de tous les cinéphiles, ici il débute sa « trilogie du milieu » avec ce « Milan calibre 9 » et c’est du super haut niveau !

J’ai été attentif lors du visionnage et je n’ai vu aucun défaut dans ce film, le déroulé de l’histoire, les personnages connexes au personnage central d’Ugo Piazza, les décors, les scènes d’action, tout est nickel et s’accorde à merveille…

« Milan calibre 9 » se distingue de tous les autres polars italiens par sa rigueur absolue et son sens de la précision, c’est une histoire toute bête : un truand qui sort de taule et qui avait mis main basse sur la part de ses complices, ces derniers le retrouvent et lui réclament leur part, le tout coordonné par un parrain de la mafia (l’américain), mais Ugo est extrêmement malin, voilà l’histoire ! mais di Leo nous la raconte avec un style, une patte, une maestria incroyables !

Il pimente son métrage avec un érotisme dément incarné par Nelly (splendide Barbara Bouchet), une danseuse de cabaret incendiaire et le film file et défile avec un rythme fabuleux, mais Fernando di Leo n’oublie pas pour autant les passages de fusillades et de bourre pifs dans la tronche, « Milan calibre 9 » est un film assez violent (mention spéciale à Mario Adorf, complètement ravagé et qui cogne sur tout ce qui bouge, y compris les femmes !)…

Gastone Moschin qui tient le rôle principal est réellement doté d’un charisme, on dirait un peu le Steve Mac Queen italien ; « Milan calibre 9 » est un festival de trognes et de sales tronches, mais ça renforce la crédibilité et donne du peps’, ici pas de politiquement correct et c’est ça qui est bon !

« Milan calibre 9 », c’est une pure tuerie et on a envie de découvrir les deux autres films du coffret, sorti chez Elephant et qui est impeccable !

La musique super vintage est remarquable et se dissocie de la musique classique qu’on connaissait habituellement dans les polars italiens ; le final de « Milan calibre 9 » est incroyable et c’est là qu’on comprend pourquoi Tarantino vénère di Leo, il a employé des twists identiques dans plein de ses films et finalement il n’a rien inventé !

Génial, remarquable et laissant un souvenir indélébile, « Milan calibre 9 », c’est du caviar et tous les cinéphiles vont se régaler ; des films de cette trempe et de cette qualité c’est immanquable !

On a là la perfection absolue en matière de polar italien et le plaisir est transmissible grâce au talent de Fernando di Leo et toute son équipe…

Masterpiece !

Note : 10/10