dimanche 14 mars 2021

SOS Tour Eiffel de Victor Vicas, 1982

 

SOS TOUR EIFFEL

de Victor Vicas

1982

Episode des Brigades du tigre

France

avec Jean-Claude Bouillon, Jean-Paul Tribout, Pierre Maguelon, Pinkas Braun, Bruno Devoldère, Robert Party, Marion Game, Alain Halle Halle

Série policière

55 minutes

Adaptation et dialogues de Claude Desailly

Musique de Claude Bolling

DVD édité par AB productions

Synopsis :

France, années 1920…

Deux malfaiteurs volent un avion planeur et bombardent le Parlement de sulfure d’hydrogène et jettent des grenades…

Gabrielli alerte Valentin, Pujol et Terrasson et peu de temps après, les mêmes malfaiteurs (dont un homme qui boite) font un casse dans la banque Ribaud Duval et brûlent des billets !

Ribaud Duval qui se rendait sur place est blessé d’un coup de revolver à l’épaule…

Son fils, Maxime, est un noctambule qui fréquente la boite de nuit le « Birdy », c’est alors qu’un soir il est kidnappé par toujours les mêmes malfaiteurs !

Ribaud Duval reçoit par colis l’oreille sectionnée de son fils et on lui donne comme ultimatum d’abattre un par un tous ses chevaux de compétition de son haras s’il veut retrouver son fils vivant !

Parallèlement, la gendarmerie de Ris Orangis prévient Valentin, Pujol et Terrasson que le cadavre d’un boiteux est retrouvé avec un impact de balle dans la tempe !

Lorsque Valentin se rend sur place, il trouve dans la doublure du boiteux mort une boite d’allumettes du « Birdy » !

Valentin commence à faire la corrélation avec le fils Ribaud Duval !

Il missionne Pujol pour aller enquêter au « Birdy »…

Maxime Ribaud Duval est libéré ; à son domicile, Valentin se déplace pour le questionner…

Pujol suit une voiture appartenant aux malfaiteurs mais il se prend un coup dans la nuque…

Maxime Ribaud Duval est en fait le commanditaire de tous les méfaits et il souhaite faire exploser la Tour Eiffel par le pilier Nord Est, pour se faire il a dérobé des explosifs !

Pour corser son entreprise et y rajouter des difficultés, il laisse la vie à Pujol avec une demie heure d’avance, à six kilomètres des habitations et part avec Mischka et ses autres acolytes pour accomplir son absurde et funeste dessein…

Mais auparavant, Pujol doit se soumettre à une partie de roulette russe !

Mon avis :

« SOS Tour Eiffel » est un épisode phénoménal des « Brigades du tigre », il démarre la cinquième saison sur les chapeaux de roues et doit beaucoup à l’interprétation magistrale de l’acteur Bruno Devoldère qui tient avec Maxime Ribaud Duval la composition d’un malfaiteur classe et complètement illuminé !

Ribaud Duval veut faire exploser la « Tour Eiffel », « un ridicule amas de ferraille » selon lui et s’adonne à des parties de roulette russe, comme pour « valider » les étapes de sa folle entreprise ; noctambule, il brûle la vie par les deux bouts et cela décontenance nos fidèles enquêteurs Valentin, Terrasson et Pujol avec un Gabrielli (c’est sa première apparition dans les Brigades, Faivre étant parti à la retraite) qui semble agacé lorsque l’enquête piétine !

« SOS Tour Eiffel » est un régal et on retrouve des vieux briscards habitués de la série (Robert Party, vu dans « Les enfants de la Joconde », Marion Game, barmaid du « Birdy » vue dans « Visite incognito » et l’incontournable Alain Halle Halle, vu dans « Bandes et contrebandes » et « Ce siècle avait sept ans »)…

Pujol tient un rôle central puisque Maxime se prend d’affection pour lui et lui laisse une « chance », à condition que ce dernier lui accorde une partie de roulette russe (5 chances sur 6 de s’en sortir)…

Certains passages sont effroyables (l’exécution des chevaux, hors champ bien sûr avec un Robert Party effondré qui sursaute à chaque détonation) et Bruno Devoldère s’avère excellent dans le rôle de Maxime Ribaud Duval…

La musique de Claude Bolling tient en haleine lors de la course de Pujol à la fin et l’ensemble de l’épisode est qualitativement impeccable !

Victor Vicas et Claude Desailly maitrisent toujours autant la mécanique parfaitement huilée des Brigades et on suit une nouvelle fois ce segment avec passion et délectation…

L’issue est triste et montre bien jusqu’où peut aller la folie lorsqu’on est fanatique d’une cause, en l’occurrence ici, une cause nihiliste (car tout ceci ne servait à rien !)…

Particulièrement intéressant et appliqué, ce « SOS Tour Eiffel » est sans nul doute un des meilleurs épisodes des Brigades du tigre et il bénéficie d’acteurs prodigieux et d’une mise en scène au timing ciselé et proche de la perfection…

Une pure TUERIE !

Note : 10/10








Karaté KId, le moment de vérité de John G. Avildsen, 1984

 

KARATE KID, LE MOMENT DE VERITE

de John G. Avildsen

1984

Etats-Unis

avec Ralph Macchio, Noriyuki Pat Morita, Elisabeth Shue, William Zabka, Martin Kove

Chronique sociale

121  minutes

Synopsis :

Daniel quitte le Texas pour s'installer avec sa mère, Lucille, en Californie.

À l'école, ses nouveaux camarades de classe l'isolent et le persécutent.

Daniel apprend donc le karaté d'un vieux japonais qui lui enseigne à se défendre contre des voyous.

Mon avis :

Film culte de toute une génération, « Karaté Kid » n’a pas pris une ride, le film est sincère, attachant et inoffensif, aucune violence traumatisante mais une très belle histoire sur la confiance en soi avec des acteurs superbes et qui emportent instantanément l’adhésion du spectateur (Noriyuki Pat Morita est génial !), les adolescents Ralph Macchio et Elisabeth Shue jouent à merveille et on se prend d’empathie pour eux dès qu’ils apparaissent…

Le prétexte du karaté booste encore plus l’envie que l’on a de voir Daniel gagner face à ses assaillants, les lycéens belliqueux et têtes à claques et la séquence où Pat Morita leur met une rouste est jubilatoire !

La musique du film fait très typée années quatre -vingts, tout comme les décors et la dynamique de filmage, un timing impeccable et une mise en scène juste comme il faut, sans en faire trop, donnent une assurance au film et c’est un pur plaisir à visionner…

Réalisateur du premier « Rocky », John G. Avildsen récidive dans la chronique sociale sportive, ici la boxe est remplacée par le karaté, le metteur en scène décline les codes instaurés dans le film avec Stallone et en fait une version teen movie tout à fait crédible et loin d’être ridicule…

L’apprentissage du jeune Daniel fait penser à celui de la jeune fille de « Dirty dancing » (le fait de devoir garder « l’équilibre »), la « position de la cigogne » reste culte pour bon nombre de karatékas en herbe et sera reprise dans nombre de combats grâce au film, c’est un gimmick récurrent et qui fera date !

L’humour est également omniprésent avec le personnage de Miyagi (ceinture en toile servant seulement à tenir le pantalon) et ce personnage on rêve tous de le rencontrer dans la vraie vie, Morita est génialissime !

« Karaté Kid » se visionne avec délectation et accéda très rapidement au rang de classique du genre ; énorme succès au box-office il engendra deux suites et une série TV « Cobra Kai », ainsi qu’une version féminisée (« Miss Karaté Kid ») et un remake avec Jackie Chan…

Rien ne vaut ni ne remplace ce premier opus, fabuleux et très intéressant dans sa conception (Miyagi devient le Pygmalion de Daniel qui réussira tout ce qu’il entreprend grâce à l’enseignement du vieux sage asiatique), « Karaté Kid » délivre une idéologie saine et bienveillante et ça, ça fait du bien à voir dans un film de ce genre, tous publics et pas du tout prétentieux !

Deux heures de bain de jouvence et un film qui ne vieillit pas malgré ses 36 ans au compteur…

Dans le genre mix Karaté/Teen movie, « Karaté Kid » s’impose comme LA référence absolue au cinéma !

Vraiment sympa et rassérénant !

Note : 9/10









Aliens VS Predator Requiem de Colin et Greg Strause, 2007

 

ALIENS VS PREDATOR REQUIEM

des frères Colin et Greg Strause

2007

Etats-Unis

avec Reiko Aylesworth, Kristen Hager, Ian Whyte, Johnny Lewis, Tom Woodruff Jr

Film fantastique

102 minutes

Budget : 40 000 000 dollars

Synopsis :

Un alien issu d'un Predator, appelé Predalien, décime un vaisseau Predator, mettant hors d'état de fonctionnement ce dernier, qui s'écrase sur Terre, non loin de Gunnison, une ville américaine.

Rapidement, les face-huggers retenus en captivité dans le vaisseau s'échappent, ainsi que le Predalien, contaminant peu à peu les habitants de la ville.

Mon avis :

Cette suite du premier « Aliens VS Predator » est beaucoup plus réussi que son prédécesseur, il y a plus d’action et beaucoup de scènes gore et surtout :   le film est politiquement incorrect et là, ça change tout et c’est un bonheur !

Les frères Strause, auteurs du piteux et nullissime « Skyline » ont, cette fois ci, assuré et les moyens financiers confortables pour la réalisation qui leur ont été octroyés les ont boostés !

Cette fois, c’est sans la moindre pitié, tout le monde y passe, les gamins, les clochards, les jeunes (tous crétins) et même une femme enceinte dans une nurserie, les bougres ont tapé très fort !

On retrouve la très sexy Reiko Aylesworth, déjà vue dans la série « 24 » (Michelle Dessler, la femme de Tony Almeida), dans le rôle d’une militaire et, même si elle n’a pas le charisme d’une Sigourney Weaver, elle tient à peu près la route !

Les passages d’atterrissages des vaisseaux se font de nuit et le plus souvent dans une forêt, le résultat est très impressionnant et les chanceux qui l’ont vu au cinéma ont dû se régaler !

Le rythme est incessant et la mise en scène très nerveuse, les frères Strause sont en roue libre et le timing qu’ils imposent aux acteurs permet de rendre crédible l’histoire, il y a beaucoup de séquences en montage alterné, renforçant ainsi l’effet de surprise avant l’attaque des aliens ou des predaliens…

L’ensemble se suit avec le plus grand plaisir et même s’il faut bien reconnaître que c’est du cinéma Macdo Popcorn, « Aliens VS Predator requiem » remplit bien son contrat  et les objectifs fixés (détente et frissons) sont atteints très largement…

Parfois un peu voyeuriste (la scène de la piscine), le film contentera un public d’adolescents mais aussi les cinéphiles fans de la saga des « Alien », avec le recul (le film a 14 ans au compteur) on se rend compte qu’il n’est pas si mal que ça !

Ne boudons pas notre plaisir, « Aliens VS Predator requiem » sans être le chef d’œuvre du siècle, vous fera passer un bon moment et les effets spéciaux CGI ne sont pas trop grossiers et restent lisibles, les acteurs y croient à fond, les dialogues sont directs et vont droit au but et l’heure et demie passe comme une lettre à la Poste…

Le blu ray est magnifique et se trouve encore très facilement sur le net donc rien à redire, c’est du boulot particulièrement honnête dont on aurait tort de se priver !

Hautement recommandable et mille fois mieux que le premier, cette fois on ne sombre pas dans le ridicule…

Foncez !

Note : 7.5/10








dimanche 7 mars 2021

La vengeance de Siegfried de Harald Reinl, 1967

 

LA VENGEANCE DE SIEGFRIED

de Harald Reinl

1967

Allemagne

avec Herbert Lom, Karin Dor, Terence Hill, Maria Marlow, Rolf Henniger, Siegfried Wischnewski

168 minutes

Film d’aventures fantastiques épiques

Coffret blu ray édité chez Artus films

aka Die Nibelungen

Synopsis :

Kriemhild n'arrive pas à oublier le lâche assassinat de son grand amour, Siegfried. Elle accepte la demande en mariage d'Etzel, devient la reine des Huns et réclame la tête du meurtrier de Siegfried, déchaînant un torrent de violence. Suite et fin du dyptique épique de Fritz Lang, une incroyable épopée médiévale-fantastique vénérée par les plus grands cinéastes du genre.

(source : orange)

Mon avis :

Adaptation grandiose des « Nibelungen », cette « Vengeance de Siegfried » est miraculeuse et la mise en scène de Harald Reinl est magnifique !

Les moyens financiers sont colossaux et le film a du coûter une fortune, les décors sont multiples et le film est doté d’une grande richesse narrative (attention ! il y a parfois trop, il faut voir le film sans être fatigué car il dure trois heures et il faut rester éveillé pour éviter de saturer), le coffret sorti chez Artus films permet de redécouvrir « La vengeance de Siegfried » dans des conditions optimales, un très grand soin et une énorme application ont été observés dans la réalisation de ce chef d’œuvre ; très épique, « La vengeance de Siegfried » regorge de combats ayant nécessité des centaines de figurants, et c’est parfois très cruel (même des enfants sont sacrifiés) ;  le film n’hésite pas à être à contre-courant de ses homologues américains puisque (SPOILER : incroyable ! Siegfried, le héros, meurt au milieu des deux segments du métrage ! SPOILER OFF)…

On retrouve la sublime Karin Dor (épouse de Harald Reinl) et même Terence Hill avant ses pitreries avec Bud Spencer, et aussi Herbert Lom, « La vengeance de Siegfried » est donc un film d’aventures mythologiques excessivement impressionnant, ce n’est pas un film facile car les dialogues sont nombreux, il est à réserver aux cinéphiles puristes, le public lambda actuel risque de décrocher (le film a 54 années au compteur), il faut tenir la cadence pour le visionner en entier et il pourra paraître long (faites des pauses) mais le résultat final vaut le coup d’œil et on sort rassérénés du visionnage, « La vengeance de Siegfried » est une référence du genre et se doit d’être regardé au moins une fois, ne serait-ce que pour la gageure qu’il représente (Harald Reinl nous prouve que c’est un grand réalisateur, il n’y en a pas beaucoup comme lui pour maitriser un tel déploiement, c’est le « Ben Hur » version teutonne !)…

Les cinéphiles amateurs de grand spectacle, d’épopées épiques et de films de légendes mythologiques se régaleront, le film nous transporte complètement hors du temps et du quotidien et, je le répète, le boulot effectué par Artus films est phénoménal !

« La vengeance de Siegfried » est incontournable, c’est un peu l’ancêtre du « Seigneur des anneaux » sans les CGI et cela reste une clef de voûte du cinéma allemand !

Miraculeux !

Note : 9.5/10







ORCA de Michael Anderson, 1977

 

ORCA

de Michael Anderson

1977

Grande-Bretagne/Italie

avec Richard Harris, Charlotte Rampling, Bo Derek, Will Sampson, Robert Carradine

92 minutes

Film d’aventures/animal attack

Musique d’Ennio Morricone

Blu ray édité chez Studiocanal

Recettes au box-office : 14 700 000 dollars

Synopsis :

L'action de Orca se déroule à Terre-Neuve. Le capitaine Nolan est un pêcheur qui vend ses plus grosses prises aux aquariums les plus offrants. Un jour, il croise la route de Rachel, une biologiste marine, sur le point de se faire attaquer par un grand requin blanc. Nolan fait monter Rachel à bord de son bateau, mais Ken, son assistant, tombe à l'eau. Sur le point de se faire dévorer par le requin, Ken est sauvé in-extremis par une orque qui attaque et tue le requin.

Nolan s’intéresse de plus en plus aux orques et décide d'en capturer une afin de la revendre à prix d'or à un aquarium. Malgré les arguments de Rachel quant à l'intelligence des orques et leur instinct, proche de celui de l'homme, Nolan tente de capturer une femelle. La capture tourne au drame lorsque la femelle se blesse mortellement contre l’hélice du bateau de Nolan.

(Source : Wikipedia)

Mon avis :

Beaucoup d’observateurs ont vu une filiation entre ce « Orca » et le premier « Dents de la mer », il y a effectivement beaucoup de ça, les points communs sont nombreux mais il faut noter que Anderson s’applique également sur le côté film d’aventures, plus que sur l’épouvante réellement, ceci étant, « Orca » est un métrage très impressionnant et regorgeant de trouvailles techniques…

La musique d’Ennio Morricone est incroyable et atypique pour le compositeur, les décors (le plus souvent des maquettes pour les séquences de dévastations) sont fichtrement bien faits et le duo Rampling/Harris tient bien la route ; le timing du film est impeccable jusqu’à un final démentiel et insoupçonné (SPOILER : la mort de Nolan SPOILER OFF), « Orca » est un film particulièrement atypique pour le genre, on dirait presqu’un film indépendant, sa marginalité l’éloigne des films hollywoodiens classiques, Anderson prend plaisir à perturber le spectateur et les passages effroyables sont nombreux…

Il y a un très grand aspect naturaliste et même viscéral (on touche au bébé, au fœtus de la mère orque, qui est retiré du ventre de sa mère, donc ça ne rigole plus ! la mère orque, bah fallait pas venir l’emmerder ! la vengeance sera terrible et sans aucune pitié !!!!!), et c’est vrai que le personnage du capitaine Nolan passe vraiment pour la dernière des enflures, n’ayant que faire des dires de Rachel (superbe Charlotte Rampling), puis c’est l’hécatombe !

« Orca » est un chef d’œuvre du genre et un film très spectaculaire, très bien réalisé et maitrisé, quarante-cinq ans plus tard il n’a pas trop vieilli et on est toujours bluffés par les orques (ce sont des vrais épaulards), le film a autant de qualités que son ainé le film de Steven Spielberg, il est sorti deux ans plus tard mais il garde son style propre, rien n’est copié sur « Les dents de la mer » sinon cela aurait été trop facile et Michael Anderson a l’intelligence de ne pas céder à la tentation du vulgaire pompage !

Remarquable, « Orca » ravira donc les cinéphiles et le blu ray sorti chez Studiocanal est excellent, malgré l’absence totale de bonus, l’image, en revanche, est magnifique…

Que ce soit dans le fond (l’aspect animalier et naturaliste omniprésent) que dans la forme (« Orca » est très spectaculaire et graphiquement sublime), c’est une réussite absolue et l’addiction se fait instantanément, on peut revoir « Orca » sans déplaisir tant sa qualité est immense !

Dans ce genre animal attack pas très courant au cinéma, « Orca » est un masterpiece !

Note : 9/10








dimanche 28 février 2021

La traque de Serge Leroy, 1975

 

LA TRAQUE

de Serge Leroy

1975

France

avec Mimsy Farmer, Jean-Pierre Marielle, Philippe Léotard, Michel Robin, Michael Lonsdale, Jean-Luc Bideau, Michel Constantin, Françoise Brion

95 minutes

Drame/étude sociale

Blu ray édité chez le Chat qui fume

Synopsis :

Helen Wells (Mimsy Farmer), une jeune Anglaise venue en Normandie pour louer une maison isolée en forêt, rencontre un groupe de chasseurs qui s'apprêtent à une battue au sanglier.

Ces sept hommes issus de la bonne société locale sont liés par des relations d'intérêts croisées.

Lors de la chasse, les grossiers frères Danville, Albert et Paul (Jean-Pierre Marielle et Philippe Léotard), croisent à nouveau par hasard la jeune femme, et subitement la violent, en présence du timide Chamond (Michel Robin).

Helen parvient à blesser gravement Paul avant de prendre la fuite dans les bois, poursuivie par Albert qui lui propose un mutuel silence, puis lui tire dessus.

Les autres acceptent non sans réticence d'étouffer cette sale affaire, tandis que la jeune femme cherche à s'enfuir à tout prix.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

« La traque » est un chef d’œuvre très rare et connu surtout d’une poignée de cinéphiles et il est enfin disponible à grande échelle par l’éditeur miraculeux « Le chat qui fume », c’est ce qu’on peut appeler un Graal absolu !

Film poisseux et perturbant (surtout pour le public féminin), « La traque » fait la part belle à une brochette d’acteurs illustres à fond dans leurs personnages de chasseurs de la pire espèce !

Le film bascule après le viol de Mimsy Farmer et se mute en chasse humaine avec des protagonistes cyniques et déjantés, le tout quasiment en temps réel ; Serge Leroy réalise impeccablement son film et les décors de la forêt normande sont exploités merveilleusement ; il y a un côté « animal », que ce soit dans le caractère des salopards de chasseurs ou de Helen Wells à la fin du film, victime et proie de la sauvagerie de ses assaillants, on peut clairement qualifier « La traque » comme un film de sauvages !

Mais il y a également le contexte politique du film car le personnage incarné par Michael Lonsdale est un conseiller départemental pourri jusqu’à la moelle et influent et voulant étouffer « l’affaire » grâce à son pouvoir et ses relations…

Le passage du viol est difficile avec les cris de Mimsy Farmer mais il est filmé en plan serré (on ne voit que les visages de Farmer et Léotard et la main de Marielle sur la bouche de la pauvre femme) ; le film est rude mais possède une qualité de réalisme qui le rend fascinant…

On n’est pas dans le sketch des Inconnus sur les chasseurs mais bel et bien dans une partie de chasse qui vire à la douche froide et même au pur cauchemar pour certains (la lente agonie de Philippe Léotard, impeccable) ; tout d’un coup, tout le monde pète les plombs et ça devient vite la panique à bord !

Lonsdale se blesse et se fait une entorse, dès que Marielle apprend la mort de son frangin il veut tuer Helen, elle qui semble insaisissable, seul Jean-Luc Bideau semble essayer de l’aider, c’est le personnage masculin le moins antipathique du film…

Filmé de main de maitre par un Serge Leroy habité par son film, « La traque » est une gifle totale, assénée grâce à un timing sans relâche (on apprend dans les bonus, dans l’interview de Jean-Luc Bideau, qu’il y avait une grande tension pendant le tournage), le résultat est foudroyant et glacial ; « La traque » est une sorte de thriller avec rape and revenge sans revanche, un film bestial et capiteux qui risque de perturber les plus sensibles mais dont la qualité de mise en scène est irréfutable…

Outre son aspect très original et marginal, « La traque » est un film qui se démarque totalement des autres thrillers de l’époque, on est dans tout sauf dans un film populaire à la Bébel, Leroy a fait partir son film en vrille dès le viol accompli et maitrise jusqu’au final la tension qui règne, on est pris dans le film jusqu’au bout, le suspense est de très grande qualité, conférant à hisser « La traque » au rang de chef d’œuvre absolu…

Si vous êtes cinéphile, ruez vous sur le blu ray du « Chat qui fume » avant qu’il soit sold out, c’est une occasion unique en son genre à ne surtout pas louper !

Une baffe, une pure tuerie ce film !

Note :  10/10






La femme objet de Frédéric Lansac, 1980

 

LA FEMME OBJET

de Frédéric Lansac

1980

France

avec Marilyn Jess, Richard Allan, Laura Clair, Hélène Shirley, Nadine Roussial

75 minutes

Film classé X

Blu ray édité chez Pulse et Vinegar syndrome

Distribué en salles par Alpha France

Synopsis :

Un écrivain de science-fiction, Nicolas (Richard Allan), est doté d'une sexualité très exigeante qui épuise ses partenaires.

Celles-ci le quittent toutes au bout de quelque temps lassées par sa virilité hors normes.

Après plusieurs déceptions, il trouve enfin la partenaire idéale dans un robot qu'il fabrique de ses mains et qu'il programme pour obéir à sa volonté.

Mais la créature (Marilyn Jess) se retourne contre son maître et le transforme, à son tour, en jouet sexuel.

(Source Wikipedia)

Mon avis :

Il faut recadrer le film dans son contexte, on est en plein dans l’âge d’or du X distribué en salles comme des films classiques et des dizaines de milliers de spectateurs se déplaçaient pour voir des œuvres pornographiques dans les salles obscures ; ce n’était pas du tout pareil qu’aujourd’hui et des sociétés comme Alpha France se taillaient la part du lion car le marché du X était particulièrement lucratif ; des acteurs émergeaient du lot en France comme Alban Ceray, Jean-Pierre Armand et bien sûr Richard Allan, que l’on retrouve ici dans un de ses meilleurs rôles en écrivain insatiable sexuellement….

Mais la véritable attraction vient sans doute de Marilyn Jess qui signe ici son rôle le plus iconique de toute sa carrière, elle incarne Kim, une femme robot créée par Allan pour assouvir ses besoins sexuels hors normes ; la présence de Marilyn Jess mais aussi l’aura qu’elle dégage est saisissante et incroyable, elle est d’une beauté et d’un corps de déesse mais elle parvient également à donner une crédibilité à son personnage quasi instantanément ; Lansac signe ici son meilleur film et fait preuve d’une originalité certaine, il s’inspire du mythe de Frankenstein revisité en version années 80 pornographique, mais Lansac arrive parfaitement à maitriser sa technique, il n’en est pas à son coup d’essai après plusieurs réalisations de nombreux chefs d’œuvre (X ou non), ici il tutoie la grâce et sait exploiter son scénario dans des séquences inoubliables et très maitrisées, tout le film se passe quasiment dans l’appartement de Nicolas/Richard Allan, ce dernier ne s’exprime qu’en voix off, comme si il narrait des flash backs de ce qu’il a vécu, rares sont les moments où on entend Allan parler de vive voix…

Le film se fige sur la personnalité de Nicolas, qui devient le vecteur scénaristique quand il « raconte » son histoire ; l’arrivée de Kim est une fulgurance totale et tel est pris qui croyait prendre puisque le personnage créé par Nicolas va vite se retourner contre lui ; « La femme objet » est une parabole sur la domination sexuelle et Lansac dote son film de situations très excitantes et d’une application dans sa mise en scène, comme à l’accoutumée…

« La femme objet » allait faire exploser la carrière de Marilyn Jess et reste une œuvre référentielle du X français des années 80…

On a l’occasion de redécouvrir ce classique dans une édition blu ray indispensable, que ce soit pour les érotomanes mais aussi pour les cinéphiles curieux et adeptes de films insolites, il convient donc de visionner sans plus attendre « La femme objet » et si on devait conserver dix films pornographiques français toutes années confondues, celui-ci ferait partie de la liste…

Un X exceptionnel à tous les niveaux et le témoignage d’une époque révolue mais qui, même quarante ans plus tard, a conservé son côté moderne…

Un chef d’œuvre absolu !

Note : 10/10