Open Watching

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samedi 19 novembre 2011

CLOVERFIELD de Matt Reeves, 2008

CLOVERFIELD
De Matt Reeves
Produit  par J.J. Abrams
Etats Unis
2008
Résumé du film :
Pour fêter le départ au Japon pour des raisons professionnelles d’un de leurs amis, des jeunes gens organisent un pot dans un immeuble huppé de Manhattan…
Soudain ce qui semble être un séisme de grande magnitude gâche la partie !
Puis « autre chose » va tout foutre en l’air et c’est le début d’un cauchemar inexorable où les protagonistes de l’histoire vont subir un véritable calvaire qui va foudroyer leur existence !
Mon avis :
« Cloverfield », par son côté novateur, faisant « du neuf avec du vieux », est avant tout un métrage terrifiant, dense, lourd et oppressant…
Filmé en « live » caméra sur l’épaulé et sur plans continus, il peut aisément se vanter de révolutionner le cinéma fantastique, par une maitrise totale de sa continuité scénaristique, pourtant simple et basique…
D’abord on éprouve une réelle sympathie pour ces jeunes issus de la classe « bo bo », puis on compatit face à leurs malheurs et au cauchemar qu’ils vont vivre, pour enfin éprouver une empathie complète envers leurs situations, quasi désespérées et sans la moindre issue positive…
L’intro du film est phénoménale, au malaise latent, prenant ainsi le contrepied d’un moment pourtant agréable et à priori sans histoire, une banale fête entre amis…
On ne se doute jamais de ce qui va se passer, ce qui renforce l’effet de surprise !
D’ailleurs c’est volontaire de ma part pour la rédaction de cette critique, j’ai pris le parti de ne rien spoiler pour ceux qui ne l’ont pas vu …
Symbolique de la tête de la statue de la Liberté décapitée, véritable affront à cette Amérique toute puissante, on y  voit un effet traumatique post-11 septembre évident…
La mise en scène est parfaite, cadrée, calibrée à l’essentiel et la panique ressentie est clairement restituée par l’angoisse certaine inhérente et à l’inconnu déroulé sous nos yeux horrifiés, nous projetant ainsi en plein cœur du chaos !
Dantesque décors réalistes et réalisme identique au réel font de l’environnement un danger potentiel (le métro, les commerces, les rues, le parc) et Reeves met les bouchées doubles pour nous impliquer dans ce paysage urbain que nous connaissons tous, mais cette fois sous un aspect anxiogène, car en déliquescence totale, agressée à l’extrême par quelque chose d’inconnu, impossible à identifier !
Tout y est !
Le couple en rupture amoureuse qui essaie de se reconstruire, l’amitié soudée entre des gens face au danger, l’envie de sauver sa peau coûte que coûte, « Cloverfield » fait penser aux films catastrophes des années 70 comme « la Tour infernale », où le spectateur, médusé et hagard, assiste à un spectacle de désolation, observant en direct, des gens qui sont sur le point de mourir ou vont mourir, des suites d’un événement imprévu !
Le métrage s’achèvera en collapse total et l’issue laissera un présage incertain voire nihiliste !
En tout cas, « Cloverfield » est un film-choc, terriblement bien réalisé, doté d’une efficacité propre au cinéma américain et qui laissera des traces dans l’esprit de ceux qui l’auront vu, de par sa symbiose film fantastique/film catastrophe et de l’aspect mélodramatique de l’ensemble, portée par de jeunes comédiens jouant à la perfection et impliqués de A à Z !
Excellentissime !
9.5/10

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