samedi 15 décembre 2012

TENEBRES de Dario Argento, 1982


TENEBRES

de Dario Argento

aka Shadows aka Unsane aka Tenebre

Italie

1982

avec Anthony Franciosa, Daria Nicolodi, John Saxon, Giulano Gemma, Christian Borromeo, Ania Pieroni

Policier horrifique

105 minutes

Synopsis :

Peter Neal est un écrivain à succès catalogué dans les polars...

Il se rend à Rome pour promotionner son dernier opus "Tenebre"...

Il se retrouve harcelé puis menacé par un mystérieux tueur en série qui reproduit à l'identique les meurtres décrits dans son livre...

Devant l'inefficacité de la police, Neal, avec l'aide de son assistante, décide de mener l'enquête de son côté !

Mon avis :

ATTENTION GROS SPOILERS IL EST IMPERATIF D'AVOIR DEJA VU LE FILM AVANT DE LIRE CE QUI SUIT !!!!!!!

Se basant sur une situation vécue par Argento himself, "Ténèbres" est dans la monochromie le meilleur film de ce dernier !

Accumulant un scénar tortueux, des passages hypra gore et une interprétation infaillible, "Ténèbres" pousse très loin dans le côté pathologique du tueur, ce dernier profitant d'un levier pour rendre possible un catharsis qu'il croit dédouané...

Surfant sur une enquête balbutiante, il fait ressortir ses pulsions sordides et anxiogènes pour faire porter le chapeau au premier meurtrier mais la raison et la logique finiront par le rattraper !

Il faut plusieurs visionnages pour tout piger tant la complexité du métrage s'avère pointue (comme les lames du tueur !)...

Utilisant la caméra Louma, Argento fluidifie les meurtres les rendant presque cristallins eu égard à une stylisation de ceux ci via des mouvements paramétrés au millimètre près...

Aucune seconde, aucun plan n'est laissé au hasard, se succédant en divers rééquilibrages sur le scénario avec un dénouement infernal et d'une maîtrise complète, la perfection est atteinte et Argento repousse les limites d'un genre en déclin (le giallo)...

Il y a un côté très intéressant dans la personnalité de Peter Neal (son passé, sa vie amoureuse et sa culpabilité insoupçonnée, le fait qu'il soit témoin -ou acteur- d'un traumatisme post pubère) et l'ambiguïté de son parcours amène beaucoup de questionnements, faisant gamberger le spectateur pour qu'au final, Argento retombe sur ses pattes (car tout est crédible et étudié pour)...

Antinomique et symétrique à "Suspiria" (qui était son film Bavaien, coloré, bariolé et polychrome) et se rapprochant plus dans la texture de "Profondo Rosso" par l'aspect glacé, froid et d'une blancheur raide, "Ténèbres" anime les facettes du Maestro comme la palette d'un peintre qui joue avec les couleurs et les expérimentations...

Selon mon humble avis "Ténèbres" est un pur chef d'oeuvre et produit un impact saisissant et implacable, c'est un "film-piège" qui laisse des séquelles, atmosphérique, violent et montrant une névrose, comme peu d'autres métrages ont pu le faire au cinéma...

Note : 10 / 10








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