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lundi 20 février 2017

La valse des pantins de Martin Scorsese, 1983

LA VALSE DES PANTINS
de Martin Scorsese
1983
Etats-Unis
avec Robert de Niro, Jerry Lewis, Sandra Bernhard, Diahnne Abbott, Martin Scorsese (caméo), Shelley Hack
110 minutes
Comédie acide
aka King of comedy
Budget : 20 000 000 dollars
Recettes mondiales : 2 500 000 dollars
Edité en blu ray 4K chez Carlotta films
Film en compétition au festival de Cannes en 1983
Synopsis :
Ville de New York, années quatre-vingts...
Rupert Pupkin est un comédien inconnu du grand public qui rêve de percer dans le milieu du show comique télévisé ; Jerry Langford est une grande célébrité qui donne un spectacle retransmis sur une grande chaîne, un soir, alors que Langford sort des studios, une émeute de fans est déclenchée ; Masha, une femme hystérique qui vénère Langdord, créée une immense bousculade, Pupkin la chasse de la voiture de Langford et s’introduit dans le véhicule, dans la panique la plus totale…
Pupkin tient la jambe de Langford durant une poignée de minutes et obtient in fine que Langford lui propose de le rappeler pour une entrevue…
Rupert , fou de joie et croyant dur comme fer à la sincérité de Langford, se rend dans la tour qui sert de maison de productions au Jerry Langford Show…
Il est d’abord reçu par Cathy Long qui lui demande une bande sur cassette audio de ses prestations…
Rita Keane, une jolie barmaid dont Pupkin est amoureux, se fait promettre par ce dernier monts et merveilles, Rupert se voyant déjà méga star et au sommet des affiches…
Le lendemain, Cathy Long annonce à Pupkin que sa candidature pour le show ne sera pas retenue et l’invite à persévérer…
N’écoutant que lui et fou de rage, Pupkin s’introduit illégalement dans les bureaux et sera viré manu militari par les agents de sécurité…
Prenant le taureau par les cornes, Pupkin décide, avec l’aide de Masha, de kidnapper Jerry Langford et de le forcer à le laisser faire sa prestation lors du show !
Mon avis :
Film atypique dans la carrière de Martin Scorsese (ici pas de violence) et véritable insuccès au box office malgré des critiques emballées, « La valse des pantins » est une œuvre géniale qui donne bien un aperçu du talent de Scorsese quelques soient les sujets qu’il aborde…
La densité du scénario, le jeu halluciné  des acteurs (et même les seconds rôles féminins) est proprement dingue ; De Niro est en roue libre complète, Jerry Lewis en mégastar méprisante et imbue de sa personne est à contre-emploi et Diahnne Abbott et Sandra Bernhard, les éléments féminins, s’impliquent énormément, à noter la présence de Shelley Hack, une des « drôles de dames », célèbre série télévisée…
« La valse des pantins » est une comédie dramatique réjouissante mais qui fait quand même très peur sur la pathologie (c’est le mot) de Rupert Pupkin car il est totalement SCHIZOPHRENE, il s’invente des mises en scène, fait les questions et les réponses, parle à des fantômes et créée des personnages en cartons pour s’asseoir à côté d’eux ; ce rôle sied à merveille à De Niro, comme lorsqu’il se parle à lui-même devant une glace dans « Taxi driver » ; dans « La valse des pantins » il est déchaîné, déblatère des loghorrées à n’en plus finir, il VIT DANS SON MONDE, en dehors de la réalité, n’écoutant personne et allant jusqu’au bout de ses aspirations quoiqu’il advienne !
C’est sans doute cela qui a décontenancé le public simple et lambda et qui fit l’insuccès du film, parce que cinéphiliquement parlant « La valse des pantins » est un film génial et qui atteint des sommets dans la texture de la mise en scène…
Scorsese étonne, perturbe les habitudes des spectateurs dans des séquences parfois hilarantes et toujours décalées, il réinvente la comédie dramatique, rien que ça !
Et comme s’il s’agissait d’un gamin capricieux qui tape du pied, on finit par lui céder à Rupert Pupkin et après maintes tergiversations, il finit par passer comme invité au show de Langford, mais au prix d’une incarcération !
Le film se clôt sur un délire puisqu’il devient à nouveau star lui-même et écrivain à succès, bref la boucle est bouclée mais après des dizaines de rebondissements…
On sort de « La valse des pantins » un peu abasourdi mais très heureux d’avoir vécu une nouvelle fois un grand moment de cinéma made in Scorsese…
Le blu ray de Carlotta films est en définition 4K donc l’image est magnifique, ce film est à redécouvrir pour tout cinéphile, son authenticité et la richesse de son propos et des thématiques qu’il aborde (le succès à tout prix notamment) est devenue encore d’actualité de nos jours (lorsqu’on voit la téléréalité et les artistes qui veulent percer dans le show biz par ce biais), Scorsese tapa dans le mille et forge un style visionnaire à « La valse des pantins » que l’on n’aurait pas soupçonné il y a plus d’une trentaine d’années…
« La valse des pantins » est un chef d’œuvre essentiel et également accessible à tout type de public, un régal absolu et on jubile une nouvelle de voir de Niro dirigé de main de maître par Scorsese, avec en bonus un Jerry Lewis sidérant, bref, il faut voir absolument ce film !

Note : 9.5/10






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