dimanche 10 janvier 2021

Sueur froide dans la nuit de Jimmy Sangster, 1972

 

SUEUR FROIDE DANS LA NUIT

de Jimmy Sangster

1972

Grande Bretagne

avec Ralph Bates, Peter Cushing, Joan Collins, Judy Geerson, Gillian Lind

Film d’angoisse

94 minutes

aka Fear in the night

Blu ray édité chez Tamasa

Synopsis :

Une ville de Grande Bretagne, au début des années soixante-dix…

Peggy Heller est une jeune femme d’une vingtaine d’années, elle vient de se marier avec Robert, un professeur d’université…

Peggy vient de faire une dépression nerveuse et se remet à peine de sa pathologie…

Son mari Robert doit emménager dans un luxueux cottage situé à côté de l’école où il va enseigner…

Michael Carmichael est le directeur de cette école…

Mais Peggy est agressée à de multiples reprises par un intrus qui essaie de l’étrangler, avant de s’évanouir, Peggy discerne que son agresseur a un bras en prothèse lorsque celle-ci tombe à terre pendant la lutte !

Peggy demande à ce que Robert prévienne la police mais Robert pense qu’il s’agit là d’hallucinations de la part de Peggy et refuse de contacter la police, il prévient un docteur…

Robert doit s’absenter une journée entière pour aller à Londres, il laisse Peggy seule ; il lui propose de prendre une carabine qui était dans le Land Rover si cela peut la sécuriser…

Peggy fait une balade le long d’un lac, elle trouve un petit lapin mais celui-ci est tué par Molly, une jeune femme brune, qui questionne Peggy sur sa présence ; Molly est en fait la femme de Michael Carmichael, le directeur de l’école !

Alors que Robert allait rentrer de Londres, Peggy est de nouveau agressée par l’homme à la prothèse !

Elle lui tire dessus avec la carabine puis s’enfuit en courant, terrifiée et terrorisée !

Peggy constate que les salles de classes sont vides et qu’il n’y a aucun élève ; pourtant elle entend bien les voix des élèves lorsqu’elle arpente les couloirs de l’école !

Un terrible secret se cache dans ces lieux et Carmichael semble être l’instigateur d’une machiavélique machination, un traumatisme terrible le hante !

Peggy accorde sa confiance à Molly et croit toujours en la loyauté de Robert…

Jusqu’à ce qu’un événement vienne tout chambouler !

Mon avis :

« Sueur froide dans la nuit » (« Fear in the night ») fait partie des Hammer catalogués comme « Mini Hitchcock » inspirés directement de « Psychose » ; ici la filiation est nette et Jimmy Sangster, réalisateur très talentueux, distille la peur et l’angoisse de façon crescendo avec des rebondissements à la pelle jusqu’à une issue sidérante que personne ne pouvait soupçonner !

C’est un bonheur de retrouver Ralph Bates (dont Nicolas Stanzick est le quasi sosie !) mais aussi Peter Cushing qui traversait une mauvaise passe après le décès de son épouse et qui voulait tourner frénétiquement comme pour « exorciser » ce choc de la mort de sa femme, il est impérial dans « Fear in the night » !

Du côté féminin, on n’est pas en reste avec la belle Judy Geerson qui tient le rôle principal du film, elle est tout à fait crédible en jeune femme dépressive et crédule qui ne se doute pas un seul instant de ce qui va lui arriver ; il y a également Joan Collins, habituée des rôles de garces, ici dans ce genre elle culmine !

Parfaitement rodé pour susciter l’angoisse, « Sueur froide dans la nuit » est également une œuvre très originale avec des séquences insolites (les salles de classes complètement vides, le début avec le pendu qu’on retrouvera à la fin, le lapin tué) et des décors nickels et cette agression récurrente avec la main gantée et le bras en prothèse qui renvoient directement aux codes du giallo italien !

Dans l’ensemble, « Fear in the night” est réussi et on prend plaisir à le visionner (en plus il y a une version française, excellente de surcroit !), la qualité de l’image du blu ray de Tamasa est manifeste et c’est même une jubilation pour tout cinéphile de redécouvrir ce film très rare sur un format optimal et de cette qualité !

Il ne faut pas trop divulguer l’histoire car celle-ci regorge de twists tous plus hallucinants les uns que les autres, je vous dirais juste qu’il faut avoir les baloches bien accrochées et que la musique joue un rôle essentiel pour susciter et amplifier la trouille provoquée, le film est hyper efficace !

Dans le genre « Mini Hitchcock » de la Hammer films, « Sueur froide dans la nuit » s’impose comme une référence absolue, il convient donc de se ruer sur le coffret blu ray et de le visionner, on a là un film remarquable et d’une qualité indéniable…

Foncez !

Note : 7.5/10










La momie sanglante de Seth Holt, 1971

 

LA MOMIE SANGLANTE

de Seth Holt

1971

Grande Bretagne

avec Valérie Leon,  Andrew Keir, James Villiers, Hugh Burden, George Coulouris, Mark Edwards

94 minutes

Film fantastique

Produit par la Hammer films

aka Blood from mummy’s tomb

Blu ray édité chez Tamasa

Synopsis :

Dans l’ancienne Egypte, des chercheurs découvrent dans une cavité la sépulture d’une femme momifiée…

Ils décident de lui trancher la main et comprennent que les reliques qui se trouvent dans cette sépulture valent un prix d’or !

Mais la main tranchée est jetée en pâture à des chiens qui se trouvaient dehors, c’est un sacrilège !

La femme momie, pour se venger, commande à distance la fameuse main et celle-ci égorge les égyptologues !

Une ville d’Angleterre, début des années soixante-dix…

Margaret Fuchs, une jeune femme, se réveille en sursaut ; elle a rêvé tout ce qui a été dit précédemment !

Son père, Julian Fuchs, un scientifique, lui offre pour son anniversaire, une bague avec un rubis rouge ; Margaret a un petit ami, celui-ci l’emmène chez lui ;  Margaret fait des cauchemars récurrents ; son père lui a interdit un accès à une pièce située au rez de chaussée de leur maison…

Devant la névrose qui s’empare de Margaret, son ami décide de pénétrer dans la fameuse pièce, il y trouve… des reliques égyptiennes et le corps d’une femme habillée en tenue égyptienne et dont une main est coupée !

La ressemblance de la femme momifiée avec Margaret est flagrante !

Un homme sans scrupules nommé Corbeck cherche à retrouver les reliques, quelques unes des reliques se trouvent à des endroits différents, une dans la chambre d’un homme interné en hôpital psychiatrique, l’autre chez une vieille dame…

Margaret est en fait la réincarnation de Tera, la déesse égyptienne et sa vie se trouve en danger !

Corbeck veut à tout prix retrouver les reliques quitte à tuer Margaret et son père, mais heureusement la bague en rubis rouge va aider Margaret à se défendre et la protègera… 

Par un subterfuge, Corbeck pense qu’en séduisant Margaret il arrivera à ses fins, c’est alors que le petit ami de Margaret fait irruption !

Mon avis :

Film mythique de la Hammer, « La momie sanglante » (« Blood from mummy’s tomb en anglais) est un film de momie… sans momie ! du moins sans la momie classique que nous connaissons tous ; ici pas de monstres à bandelettes mais une déesse (Tera) allongée dans un sarcophage et incarnée par la sublime Valerie Leon (s’il y a bien un sex symbol dans les actrices Hammeriennes, celle-ci remporte la palme ! c’est une véritable bombe sexuelle !) ; l’histoire en elle-même est très sympathique mais souffre parfois d’ellipses un peu dures à avaler et pour cause ! on apprend dans les excellents bonus de Nicolas Stanzick et Bruno Terrier que le réalisateur Seth Holt est malheureusement décédé d’une crise cardiaque au bout de la cinquième semaine de tournage et que c’est Michael Carreras qui a du reprendre le flambeau, sauf que Holt n’avait donné aucune consigne au monteur du film, Carreras a du se débrouiller pour finir le film et rendre crédibles les enchainements comme il pouvait !

De plus, Peter Cushing, qui devait jouer le rôle du père de Margaret, a quitté le tournage le premier jour car sa femme était en train de mourir !

Malgré toute cette poisse qui fait du film un film maudit, le tandem Seth Holt/Michael Carreras ne s’en sort pas si mal et « La momie sanglante » est un film agréable et plaisant à suivre ; l’introduction avec le rêve est particulièrement habile et amène bien le film, le rythme est tonique et les acteurs bien impliqués (notamment cette scène de catharsis avec le pauvre aliéné dans l’hôpital psychiatrique) ; en fait, ce qui fait rebondir l’histoire c’est cette quête des « reliques », elle est effrénée et donne du corps à l’intrigue, multipliant les personnages avec, au centre, la belle Valerie Leon !

En outre, « La momie sanglante » est loin d’être un mauvais film et se révèle même attachant, on prend part au film et on n’en décroche jamais jusqu’à son issue ; quand on voit les déceptions des derniers films produits par la Hammer, on peut dire que « La momie sanglante » est en tous points réussi, surtout avec la gageure ultra casse gueule de passer derrière un metteur en scène à l’aveugle et qui n’a laissé la moindre consigne, Carreras s’est vraiment bien débrouillé, si on ne connaissait pas la réalité de ce qui est passé, on n’y verrait que du feu !

Cette difficulté augmentée prouve vraiment qu’on a là affaire à de grands professionnels du cinéma, qui n’ont rien à envier aux studios américains d’Hollywood !

Du très beau travail et un film recommandable, surtout maintenant avec le magnifique coffret blu ray sorti chez Tamasa, un Graal total pour tous cinéphile !

« La momie sanglante » de par son rythme et le fait que l’action se passe dans les années soixante-dix est un Hammer original, doté d’un rythme qui ne le rend jamais ennuyeux et qui se démarque des autres par son aspect barré et délirant et puis il y a la splendide Valerie Leon, parce que là on a une pure bombe atomique qui subjuguera les cinéphiles érotomanes !

Autant de bonnes raisons pour se procurer le blu ray fissa !

Immanquable !

Note : 7.5/10








samedi 2 janvier 2021

Demons of the mind de Peter Sykes, 1972

DEMONS OF THE MIND

de Peter Sykes

1972

Grande Bretagne

avec Patrick Magee, Paul Jones, Robert Brown, Kenneth J. Warren, Robert Hardy, Shane Briant

Film fantastique

89 minutes

Production Hammer films

Synopsis :

1830, un village de Bavière…

Elizabeth, fille du comte Zorn et Emil, son frère, sont deux adolescents, leur mère est décédée et souffrait d’une névrose terrible ; leur père ne vaut pas mieux et les a cloitrés dans un immense manoir, il a missionné leur tante Hilda pour les surveiller mais Emil et Elizabeth cherchent à fuir par tous les moyens…

Dans cette contrée, des morts suspectes se produisent parmi les villageois, ces derniers pensent qu’il y a eu un envoutement dont le comte Zorn serait l’instigateur, les paysans cherchent à le tuer !

Le médecin du village, Falkenberg, parvient à s’introduire dans le château du comte Zorn et commence à comprendre qu’une véritable malédiction a pour origine le comte lui-même !

Emil et Elizabeth parviennent à s’enfuir mais Emil perd la tête et croit voir une femme blonde qui est le quasi sosie de sa sœur ; pris d’un accès de démence, il tue la fille et lui balance des pétales de roses sur sa dépouille !

Le comte Zorn tue Falkenberg avec un fusil et part en pleine forêt pour tuer Emil et Elizabeth, les villageois parviennent à temps et sacrifient Zorn en lui coupant une main et en lui plantant une croix en bois dans le thorax…

Le film fait état de nombreuses crises des enfants de Zorn et de l’atmosphère étouffante au manoir, l’issue sera nihiliste et sans compromis et vu l’état de folie ambiante des villageois, on n’est pas surs du tout que la malédiction ait été éradiquée, loin de là !

Mon avis :

« Demons of the mind” est un film à l’instar de l’ambiance qu’il véhicule, totalement barré, insolite et original !

On en vient à se demander ce qui a toqué la Hammer de produire un film aussi fou et finalement « Demons of the mind » n’est pas si mal, le film impressionne beaucoup par sa maitrise totale de la technique (des plans démentiels comme ce travelling qui part d’une fenêtre pour finir dans une forêt, le tout filmé de haut, ce n’est pas donné à tout le monde de pondre une séquence de cette qualité), la forme est donc hyper balaise mais le fond, lui aussi, est fort intéressant !

De mémoire, on n’a vu aucun film précédemment avec cette histoire de consanguinité, de possession, d’enfermement et… de folie pure !

La Hammer a tapé fort et a osé produire un film pareil, car c’est ultra casse gueule, la gageure est énorme et Peter Sykes s’en sort avec les honneurs, il sait rendre crédible ses acteurs et le jeu du comte Zorn et de Patrick Magee est fabuleux !

Ce sont de très grands comédiens et Sykes a su exploiter ce potentiel à merveille pour insuffler la dose de démence des personnages, les jeunes acteurs également jouent de façon impeccable (Shane Briant en Emil, qui deviendra tueur, est dans son premier rôle au cinéma, il est impressionnant !)…

Avec les bonus, on apprend même que Marianne Faithfull a failli jouer dans « Demons of the mind » mais finalement cela ne s‘est pas fait….

Très violent psychologiquement et physiquement (film interdit aux mineurs), « Demons of the mind » est effectivement un film effrayant et même, n’ayons pas peur des mots, extrême…

Le comte Zorn fait partie du bestiaire des films de la Hammer comme personnage hérétique et sa mort sera atroce ; Nicolas Stanzick nous explique dans les bonus un truc incroyable et insoupçonné : le film, à la base, devait être un film de loup-garou et devait s’imbriquer avec « La nuit du loup-garou » de Terence Fisher, mais finalement le personnage du loup-garou fut gommé du script !

La tante Hilda fait peur et les passages de saignées sur la pauvre Elizabeth (à la moyenâgeuse LOL) sont hyper réalistes, on dirait qu’il n’y a aucun trucage !

« Demons of the mind » c’est du très bon boulot et pour une production Hammer, la prise de risques est énorme et s’est avérée payante et convaincante, c’est un film atypique certes, mais excellent…

Le coffret blu ray sorti chez Tamasa/Studiocanal est l’occasion ou jamais pour redécouvrir et réhabiliter « Demons of the mind », beaucoup plus réussi que l’autre film de Peter Sykes « Une fille pour le diable », fiasco total celui-ci !

C’est là qu’on voit que la Hammer était capable de se lancer dans des films risqués mais toujours sauvés par la qualité de la mise en scène et déviant le parcours classique de ce que l’on connaît des codes du cinéma fantastique, des films comme « Le cirque des vampires », « Comtesse Dracula » ou le génial « Docteur Jekyll and Sister Hyde » font partie de cette ribambelle de productions Hammer qui se sont démarquées par leur originalité, on peut dire que « Demons of the mind » en fait partie…

Maintenant que les conditions sont optimales avec le coffret blu ray pour voir le film, je ne peux que vous encourager à le découvrir ; les amateurs de « films fous », d’insolite et d’originalité seront comblés et les cinéphiles fans de la Hammer reconnaitront là que la firme a osé plus que jamais avec ce film et s’en est sorti avec brio !

Une œuvre courageuse et immanquable !

Note : 7.5/10 








Une fille pour le diable de Peter Sykes, 1976

 

UNE FILLE POUR LE DIABLE

de Peter Sykes

1976

Grande Bretagne/Allemagne

avec Nastassja Kinski, Richard Widmark, Christopher Lee, Honor Blackman, Denholm Eliott

89 minutes

Film fantastique

Production Hammer films

aka To the devil a daughter

Synopsis :

Une ville d’Europe, au milieu des années soixante-dix…

Catherine, une jeune femme vit recluse dans une sorte de couvent ; le père Michael est chargé de son éducation…

Arrivée à un certain âge, Catherine doit quitter ce lieu et c’est John Verney, un écrivain à succès, qui est chargé de s’occuper d’elle et de veiller sur elle…

Catherine est logée chez Verney…

Mais un terrible secret par le biais d’une malédiction pèse sur Catherine : le père Michael a tué la mère de Catherine lorsque cette dernière l’a mise au monde et Catherine a été envoutée par cette secte dirigée par le père Michael qui est en fait une secte satanique ! Ils ont vu en Catherine une réincarnation du diable par la divinité Astaroth et Catherine est possédée ; elle est mutique et parle très peu, elle fait des crises de démence et s’échappe du domicile de Verney, celui-ci parvient à la retrouver in extremis…

Anna, une amie de John Verney venue lui rendre visite est tuée d’un coup de couteau par Catherine !

Verney comprend qu’il doit mettre fin à l’emprise du père Michael sur Catherine, qui disjoncte complètement !

Catherine se retrouve enlevée et le père Michael procède à une cérémonie satanique mettant en scène Catherine avec le diable…

John Verney essaie d’extirper Catherine de tout cela et combat le père Michael…

Catherine semble évanouie et marche complètement nue, dans un état de léthargie…

Finalement, Verney la prend dans ses bras et fuit du temple avec elle…

On ne sait pas si Catherine a été sauvée, l’ombre du diable plane encore sur elle !

Mon avis :

Quasiment dernier film fantastique produit la Hammer, « Une fille pour le diable », malgré quelques atouts comme la beauté de Nastassja Kinski ou une technique de filmage très maitrisé, est catastrophique !

Il aurait fallu un minimum de compréhension de l’histoire pour le spectateur car les séquences s’enchainent les unes après les autres sans la moindre coordination scénaristique, on est vite perdus et on n’arrive pas à saisir les motivations des personnages, tout est schématique et ne parvient pas à s’articuler au niveau de la continuité du script ; d’ailleurs (Nicolas Stanzick explique très bien dans les bonus) le film fut tourné sans script et Richard Widmark était furax et fut pris de nombreuses colères pendant le tournage, il réclamait un minimum de coordination !

Les producteurs de la Hammer n’avaient qu’une idée en tête : faire un maximum d’argent en surfant sur le succès de « L’exorciste » au détriment de la qualité de l’histoire et ils l’ont payé très cher car « Une fille pour le diable » fut un bide énorme au box-office et coula littéralement la firme Hammer !

Une histoire de jeune fille possédée, une secte satanique, des rituels dans un temple, quelques séquences chocs, des passages de nudité OK, mais il faut créer des liens logiques entre les séquences ; on dirait que le film souffre d’un manque flagrant de cohérence et de cohésion et on enchaine les plans de façon désordonnée, sans conviction ni logique !

Malgré Christopher Lee, toujours aussi charismatique, la mayonnaise a du mal à prendre et la fin (un comble) est aussi ratée et laisse le spectateur sur sa faim, qui a l’impression d’avoir assisté à un film bâclé, un comble pour un film produit par la Hammer !

Ça fait mal et beaucoup de peine quand on se remémore tous les chefs d’œuvre que la Hammer a pu produire dans les années 1960/1965 et que les cinéphiles vénéraient au plus haut point !

Vouloir faire du pognon à tout prix n’est pas synonyme de faire n’importe quoi !

Avec « Une fille pour le diable », la Hammer s’est complètement plantée et ce film signe le coup de grâce, le coup d’arrêt de la firme, elle se décapite elle-même et c’est une bien piètre conclusion définitive lorsqu’on repense à tout ce qu’elle sortait auparavant et qu’on repense à la contribution énorme que la Hammer a apportée au cinéma fantastique mondial…

« Une fille pour le diable » marque et paraphe un échec et on aurait préféré une autre conclusion pour la Hammer, qui tire sa révérence de façon triste mais on gardera précieusement tous les anciens films des années 50/60 et fin années 60 pour compenser le vide laissé !

Mais quel dommage de terminer comme ça, nom d’une pipe ! 

« Une fille pour le diable » est indigne de la Hammer films et reste à oublier au plus vite, this is the end !

Note : 4/10







dimanche 27 décembre 2020

Dr Jekyll and Sister Hyde de Roy Ward Baker, 1971

 

DR JEKYLL AND SISTER HYDE

de Roy Ward Baker

1971

Grande Bretagne

avec Ralph Bates, Martine Beswick, Gerald Sim, Lewis Flander, Susan Broderick

Film fantastique

97 minutes

Produit par la Hammer films

Scénario de Brian Clemens

Synopsis :

Londres, quartier de White Chapel, à la fin du dix-neuvième siècle…

Des prostituées sont assassinées sauvagement ; le docteur Jekyll vit au rez de chaussée d’une bâtisse, il se consacre à des expériences scientifiques en mettant au point des potions et des elixirs pour enrayer certaines maladies jusqu’alors incurables !

Il mandate un médecin légiste pour récupérer des prélèvements sur le corps de défuntes dans le but d’avancer dans ses expérimentations ; Jekyll perd la notion du temps et travaille nuit et jour…

Lorsque le professeur Robertson, un ami de Jekyll, le retrouve, Jekyll a dormi quatre jours d’affilée, il était extrêmement fatigué par ses travaux…

A l’étage au- dessus de l’appartement de Jekyll vit Howard Spencer et sa sœur Susan, cette dernière est follement amoureuse du docteur Jekyll mais ne parvient pas à lui avouer son amour, celui-ci étant consacré à ses expériences et peu sensible aux perches tendues par Susan !

Les meurtres de femmes continuent de plus belle dans White Chapel !

Mais un tournant phénoménal va tout faire basculer le jour où Jekyll s’inocule une potion qu’il a créé avec des hormones féminines !

Jekyll se métamorphose alors en une superbe femme et c’est à ce moment là qu’Howard frappe à sa porte et découvre la femme dans l’appartement du docteur Jekyll !

Il en tombe irrémédiablement amoureux et la femme dit être la sœur de Jekyll, elle se fait appeler Hyde !

Profitant de cette aubaine, Jekyll redevient lui-même, il est obligé de dire à Howard et Susan de partir sur le champ de son appartement, sentant qu’il redevient l’homme Jekyll (la transformation ne dure que peu de temps)…

Mais un homme aveugle a compris le manège de Jekyll avec tous les meurtres des prostituées, il prévient la police !

C’est alors que l’appartement de Jekyll est assiégé et que la police vient pour l’arrêter !

Jekyll est pris au piège et l’issue lui sera fatale !

Mon avis :

« Dr Jekyll and Sister Hyde” est une variation très osée du roman de Stevenson, en fait le titre est parti d’une blague faite par les pontes de la Hammer films lors d’un diner arrosé et le jeu de mots fit tellement mouche que les producteurs décidèrent fissa de mettre le film en chantier…

Confiée à Roy Ward Baker, la réalisation est brillante, l’atmosphère du brouillard de White Chapel est magnifique et envoutante (on ne voit à aucun moment le soleil), l’idée de l’hybridation avec l’homme (Jekyll) et la femme (Hyde) est pour le moins étonnante et nous vaudra des séquences cocasses et parfaitement mises en scène ; la dualité des deux personnages sert à merveille avec le scénario et occasionne de nombreux rebondissements, tous habilement mis dans l’intrigue !

L’ombre de Jack l’éventreur plane tout le long du film et Ralph Bates, tout comme Martine Beswick, illumine le film par sa prestance, le spectateur se retrouve dans un délire total et rien ne semble arrêter le docteur Jekyll dans ses travaux jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il peut, à loisir, prendre l’apparence d’une femme…

Film culte des LGBT, « Dr Jekyll et sister Hyde » possède d’énormes qualités et les capacités de l’histoire sont décuplées dès l’arrivée de Sister Hyde, faisant alors prendre un tournant au film ; c’est hyper original et plutôt culotté !

« Dr Jekyll and sister Hyde” n’oublie cependant pas de nous gratifier de pures scènes d’horreur notamment avec les prostituées tuées par égorgement et l’ambiance est très poisseuse, à la limite de l’étouffement ; le final est inoubliable et l’enchevêtrement des séquences qui nous y amènent est exemplaire…

Finalement avec peu de décors (la rue, l’appartement de Jekyll et la taverne), « Dr Jekyll and sister Hyde » est un Hammer très efficace et complètement novateur pour la firme, son côté foutraque fonctionne finalement à la perfection et le spectateur acquiesce bien le personnage joué par Martine Beswick, c’est un coup de tonnerre dans le film qui décuple à maxima l’intérêt que l’on a pour ce dernier…

« Dr Jekyll and sister Hyde” est donc un must have total pour tout cinéphile et même les curieux y trouveront leur compte, surtout que le coffret Hammer blu ray est splendide et comporte d’excellents bonus (Bruno Terrier revient sur la période de la Hammer avant la fermeture de la firme et Nicolas Stanzick pousse à fond son analyse sur le côté LGBT du film), il est évident que ce coffret est à posséder impérativement pour tout Hammerophile !

« Dr Jekyll and sister Hyde » est un film très très important pour la Hammer et c’est également une de ses productions les plus originales ! 

Immanquable !

Note : 9.5/10









Les cicatrices de Dracula de Roy Ward Baker, 1970

 

LES CICATRICES DE DRACULA

de Roy Ward Baker

1970

Grande Bretagne

avec Christopher Lee, Jenny Hanley, Dennis Waterman, Patrick Troughton, Christopher Matthews, Bob Todd, Delia Lindsay, Anouska Hempel

Film vampirique gothique

96 minutes

Produit par la Hammer films

aka Scars of Dracula

Synopsis :

Village de Kleinenberg, à la fin du dix-neuvième siècle…

Une jeune femme est retrouvée tuée avec des morsures au cou, le comte Dracula, qui vit dans un château à la périphérie du village est tout de suite suspecté et des villageois décident de le tuer en mettant feu à son château…

Ils arrivent devant l’entrée et Klove, le valet de Dracula, finit par leur ouvrir la porte, un gigantesque incendie a lieu !

De retour dans le village, les habitant se rendent à la chapelle ; c’est avec effroi qu’ils découvrent les corps massacrés de plusieurs jeunes femmes, vierges pour la plupart, c’est Dracula, par le biais de chauve- souris qui est responsable de ce forfait abominable !

Paul Carlson, un jeune homme, un séducteur, se rend chez le bourgmestre,il séduit  sa fille Alice ; c’est alors que le bourgmestre le surprend, il est furieux !

Paul saute d’une fenêtre et tombe dans un carrosse, les chevaux galopent à bride abattue et rien ne peut les arrêter !

Paul part direct jusqu’au château de Dracula, ne sentant pas le danger !

Il demande l’hospitalité et Klove lui ouvre la porte du château ; Paul tombe nez à nez avec Tania, une superbe femme, captive du comte Dracula !

Sarah Fransen, dont c’est l’anniversaire, est follement éprise de Paul et s’inquiète de son absence !

Finalement, Sarah, avec l’aide de Simon Carlson, le frère de Paul, part à sa recherche…

Sarah et Simon trouvent refuge dans une auberge mais sont virés manu militari dès qu’ils parlent d’aller au château du comte Dracula !

Finalement, ils parviennent au château, ce n’est pas la fin de leurs aventures et le début de funestes pérégrinations !

Dracula vampirise Sarah et tente de la droguer en mettant une substance dans son bouillon !

Klove, le valet, est amoureux de Sarah depuis qu’il a vu son portrait sur un pendentif, il décide d’aider Simon à s’échapper du château, celui-ci tente de s’évader par une fenêtre et atterrit à l’étage en dessous !

Il y trouve le cercueil du comte Dracula et… son frère Paul, mort, pendu à un crochet de boucher !

Simon doit accomplir sa vengeance sur Dracula mais celui-ci semble invincible et peut, à tout moment, se transformer en chauve-souris !

Un combat à mort est alors engagé !

Mon avis :

On est en 1970 et la Hammer films marque une perte flagrante de vitesse après l’âge d’or des années soixante ; beaucoup disent que « Les cicatrices de Dracula » est un film mineur de la Hammer, je ne suis pas du tout d’accord, « Les cicatrices de Dracula » est un film flamboyant et ce renouveau en tentative est touchant et le film très bien amené, il regorge de nombreuses qualités, d’abord il est très violent et même assez gore, la Hammer n’a pas tenu compte des remarques de la censure britannique… pour notre plus grand bonheur !

« Les cicatrices de Dracula » est une tuerie du début à la fin, on est pris dans un engrenage scénaristique et rien ne pourra arrêter la dynamique du film, mené à cent à l’heure par Roy Ward Baker, excellent réalisateur ; dans le genre « Les cicatrices de Dracula » s’impose comme une œuvre charnière pour la Hammer et on ne va pas se priver de ce plaisir ou rechigner, il faut savourer ce film comme il se doit, il explose les codes instaurés jusqu’alors et la qualité indéniable de son récit force le respect !

Bourré de passages cultes, « Les cicatrices de Dracula » n’a rien à envier à ses prédécesseurs et certaines séquences sont carrément inoubliables, la Hammer n’a rien perdu de sa verve et de sa gouaille, Christopher Lee, en roue libre, est toujours autant charismatique et on ne s’ennuie jamais ! ce serait franchement titiller et enculer les mouches pour ne pas voir les qualités du film et refuser d’y adhérer !

Personnellement, j’ai pris un pied du feu de dieu au visionnage, surtout que c’est la première fois que je le voyais ; j’ai ressenti le même bonheur que lorsque j’avais découvert « Twins of evil » ou « Les horreurs de Frankenstein », déclin supposé de la Hammer ? que nenni !!!!!!!

Il y a toujours cette force, ce style inimitable, marque de fabrique de la firme britannique avec comme unique mission : contenter le cinéphile, et ici le résultat est impeccable, au- delà de toutes les espérances !

Toujours cette érotisation poussée à maxima et un appui fulgurant sur la violence et le gore (bien plus frontal que sur les anciens films de la Hammer), la scène de la chapelle, les attaques de chauve- souris, le final avec l’orage, le plan de folie du château vu par la fenêtre, il faudrait vraiment être fine bouche pour ne pas voir en « Les cicatrices de Dracula » un chef d’œuvre de la Hammer et une pièce maitresse, avant que la firme ne coule définitivement !

Profitons- en encore car « Les cicatrices de Dracula », ça reste du très haut niveau en la matière !

Le coffret blu ray est superbe et les bonus de Nicolas Stanzick et de l’ami Bruno Terrier sont exceptionnels et expliquent bien tout ce qu’il faut savoir en détails, du très beau boulot !

« Les cicatrices de Dracula » est tout sauf un film à dénigrer, le soin apporté à sa mise en scène, les décors, la musique, le jeu des acteurs, tout apporte un pur bonheur aux cinéphiles et il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte !

Jubilation intense et totale !

Note : 9/10









samedi 12 décembre 2020

L'emmurée vivante de Lucio Fulci, 1977

 

L’EMMUREE VIVANTE

de Lucio Fulci

1977

Italie

avec Jennifer O’Neil, Gianni Garko, Marc Porel, Gabrielle Ferzetti, Evelyn Stewart

Giallo fantastique

95 minutes

Blu ray édité chez Le chat qui fume

Musique de Fabio Frizzi

aka Sete notte in nero

aka Prédiction

aka Murder to the tune of seven black notes

Synopsis :

Grande Bretagne, fin des années soixante-dix…

Virginia Ducci est une très jolie femme ; enfant, elle a perdu sa mère qui s’est suicidée…

Virginia est douée et dotée de pouvoirs de voyance, elle a souvent des flashs de situations qui se reproduisent fréquemment dans un futur proche…

Francesco Ducci, le mari de Virginia, est suspecté de meurtre et d’avoir placée sa victime derrière un mur de sa maison…

Virginia, par le biais de ses pouvoirs, est suivie par un psychanalyste lors de séances où il enregistre les propos de Virginia…

Les flashs de Virginia deviennent insistants et l’obnubilent ; finalement, Virginia s’introduit dans la maison, qui est en travaux, et trouve un piolet, elle se met à casser le mur d’une chambre…

Des détails insolites marquent Virginia et celle-ci fait un malaise en voiture après avoir passé plusieurs tunnels !

Emilio Rospini est suspecté de meurtre et Virginia décide de percer le mystère, elle est persuadée que cet homme est en rapport avec la personne emmurée dans la villa de son époux…

Lorsque Virginia parvient à percer l’identité du meurtrier, il est déjà trop tard !

Seul le carillon d’une montre pourrait éventuellement sauver Virginia, mais la police, présente peu après sur les lieux, ne peut faire la liaison entre le carillon et Virginia !

Un dédale de situations oniriques et une investigation riche en rebondissements aura tout de même eu raison de l’entêtement de Virginia et telle est prise qui croyait prendre, elle va elle aussi se retrouver emmurée !

Mon avis :

Quatrième giallo pour Fulci après « Perversion story », « La longue nuit de l’exorcisme » et « Le venin de la peur », cette « Emmurée vivante » clôt le cycle fulciien avec brio et c’est, selon les dires du réalisateur, le film qu’il affectionne le plus…

On y retrouve en effet toutes les obsessions du metteur en scène qui y mêle l’onirisme, la voyance et l’alchimie ;Fulci se sert de ces thématiques pour les faire s’articuler dans une histoire policière avec les investigations de Virginia (magnifique Jennifer O’Neill) et Fulci nous gratifie d’une dose de psychanalyse avec le psychiatre joué par Marc Porel ; très vite, il parvient à déstabiliser le spectateur et provoque la trouille à de multiples reprises…

Avec des trouvailles à la Hitchcock et son côté latin, Lucio Fulci perce le mystère de cette « emmurée », qui est une des morts les plus atroces pour une suppliciée, et attention, pas de happy end ! On sort du visionnage abasourdi, l’issue est l’une des plus nihilistes pour un film de Fulci avec « Frayeurs » et « L’éventreur de New York », le carillon de la montre symbolisant l’espoir déchu de retrouver Virginia en vie !

« L’emmurée vivante » clôt donc la quadrilogie giallesque de Fulci de bien belle façon et fait partie intégrante de la mosaïque entamée par le cinéaste avec les trois autres films…

Le blu ray du « Chat qui fume » est au top et le bonus avec le cinéphile de la cinémathèque va hyper loin dans l’analyse, je vous laisse le regarder, il est à écouter religieusement et revient sur la carrière de Fulci et il explique le contexte lorsque « L’emmurée vivante » est sorti en salles (après les films de zombies de Fulci)…

« L’emmurée vivante » est un pavé dans la filmographie de Fulci et à noter la superbe musique de Fabio Frizzi qui figure dans le coffret Chat clopeur en bonus CD !

C’est du très lourd et il ne fallait pas trainer pour se l’approprier, le Blu ray edité à 1000 exemplaires a été sold out en quelques jours !

« L’emmurée vivante » est un monument et un des dix meilleurs films de Fulci tous genres confondus, il a exploré le genre du giallo de façon fabuleuse et a entremêlé trouille, alchimie et psychanalyse comme peu d’autres réalisateurs ont pu faire, « L’emmurée vivante » c’est le « Vertigo » de Fulci, en résumé…

Note : 10/10