dimanche 8 novembre 2015

Docteur Folamour de Stanley Kubrick, 1964

DOCTEUR FOLAMOUR
de Stanley Kubrick
1964
Grande Bretagne/Etats-Unis
aka Doctor Strangelove
Avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden, Slim Pickens, James Earl Jones, Tracy Reed
Comédie satirique
Budget : 1 800 000 dollars
91 minutes
Synopsis :
Etats-Unis, en plein pendant la période de la guerre froide avec l’URSS…
Le général Jack D.Ripper, un éminent responsable de l’armée américaine donne l’ordre par le code « R » à plusieurs avions de la flotte militaire de larguer des bombes nucléaires sur l’URSS, c’est la stupeur mais les aviateurs doivent effectuer leur mission et ce, coûte que coûte !
Buck Turgidson, un haut gradé qui était avec sa secrétaire, Miss Scott, se rend compte que cet ordre est inapproprié, il se rend en urgence à l’assemblée située sous terre, non loin du Pentagone pour raisonner Ripper et endiguer l’incident diplomatique phénoménal créé par une telle décision…
Lionel Mandrake est isolé dans une base militaire qui se fait attaquer alors que le président Merkin Muffley demande l’appui du docteur allemand Folamour, un nostalgique du Troisième reich qui effectue des quenelles et des saluts nazis à tout va…
Une solution serait de prévenir les soviétiques de l’emplacement des bombardiers afin que ceux-ci les détruisent en plein vol avant le largage des bombes !
D’autres éléments se greffent à la situation, celle-ci devient insoluble et le pire semble être imminent…
Mon avis :
A chaque fois que Stanley Kubrick décide d’entreprendre un film, on sait qu’on peut s’attendre à quelque chose de phénoménal et d’atypique, ce « Docteur Folamour » est une nouvelle fois un film de haut niveau, une comédie satirique pas comme les autres et inédite dans le genre, qui se sert du levier de l’absurdité des guerres pour permettre à Kubrick d’appuyer un délire total, ponctué de dialogues très longs et parfois incompréhensibles tant ils sont ciblés dans l’absurde…
Techniquement, les plans sont très travaillés et une scène d’anthologie désamorce l’austérité de ces militaires, la séquence de la secrétaire en petite tenue qui répond au téléphone, totalement iconoclaste et inadaptée au film et pourtant elle fait rayonner littéralement la continuité du métrage, amplifiant l’humour inhérent à ce dernier…
Peter Sellers incarne TROIS rôles ( !), le président, Lionel Mandrake et le docteur Folamour ! on est en pleine jubilation toute la durée du film et George C. Scott débite ses phrases comme une mitraillette lors de loghorrées surréalistes bluffantes, le tout face à un parterre de diplomates et de militaires littéralement sciés !
Kubrick se fiche de la crédibilité de son œuvre et les avions sont de vulgaires maquettes miniatures posées sur des collages de paysages aériens en mouvement, les effets sont bricolés et Kubrick a moins mis les moyens sur la forme que sur le fond, il privilégie les dialogues et leur sémantique burlesque (le passage avec la « fluorisation » restera gravé dans les oreilles de tout cinéphile) et la cocasserie de certaines situations fait mouche et fera date (« si les russes sont bombardés, vous devrez rendre des comptes aux dirigeants de Coca Cola ! »)…
Jouissif à tous les niveaux, « Docteur Folamour » est une œuvre phare et charnière dans la filmographie de Kubrick et même s’il soulève des interrogations, il n’en reste pas moins d’une force comique et d’une liberté de ton d’une modernité encore intactes de nos jours…
Tout cinéphile se doit de l’avoir visionné au moins une fois dans sa vie et le plaisir procuré est largement à la hauteur du talent déployé par ce cinéaste de génie qu’était Kubrick, virevoltant dans les genres qu’il appréhendait et cassant les codes créés  par les autres réalisateurs, c’était un vrai trouble-fête mais son cinéma s’avèrera nécessaire pour l’histoire du septième art et pour son évolution et sa renaissance !

Note : 10/10







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