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dimanche 3 septembre 2017

Dédales de René Manzor, 2003

DEDALES
de René Manzor
2003
France
avec Lambert Wilson, Frédéric Diefenthal, Sylvie Testud, Michel Duchaussoy, Tomer Sisley
100 minutes
Polar
Synopsis :
France, années deux mille…
Claude, une femme tueuse en série, a déjà assassiné vingt-sept personnes, le plus souvent au hasard de rencontres et avec un fusil à pompe qu’elle s’est procurée chez un armurier ; devant la dangerosité de Claude et, en attente d’être probablement incarcérée à perpétuité, elle est internée dans une unité psychiatrique pour malades gravement atteints…
Le docteur Brennac, un jeune psychiatre, a pour mission « d’interroger » Claude, cette dernière souffrant de troubles de personnalités multiples proches d’une schizophrénie sévère, les premiers entretiens sont souvent houleux, Claude s’enfermant dans sa pathologie et refusant de collaborer avec Brennac…
Parallèlement aux investigations de Brennac, Matthias, un policier chargé de l’enquête sur le plan judiciaire, essaie de remonter les pistes sur les meurtres de Claude en retournant sur les lieux des assassinats et en interrogeant les témoins…
Le psychiatre Karl Freud, responsable de la clinique où se trouve Claude, semble désemparé et les théories de Brennac ne le convainquent pas…
Malik, le collègue de Matthias, ne croit pas lui non plus aux résultats de Matthias, persuadé qu’il s’agit de délires et que l’enquête n’aboutira pas…
Brennac et Matthias rapprochent leurs élucidations sur un fait surprenant : Claude est fascinée par la mythologie grecque et calquerait ses crimes sur la légende du Minotaure, personnage fantastique, tout ce qui se rapproche à cette légende coïncide avec la motivation de Claude à tuer…
Mon avis :
Réalisateur culte de « 36 15 code Père Noël » et du « Passage » avec Alain Delon, René Manzor a tout fait dans « Dédales », de l’écriture du script jusqu’à la réalisation et son film est une claque totale !
Manzor nous balade complètement pendant une heure et demie jusqu’aux dix dernières minutes et là c’est la volée !
L’histoire de départ est fascinante et vraiment intéressante et dévie de ce que l’on avait l’habitude de voir dans un polar français, Manzor casse et réinvente les codes de ce genre à sa sauce, dirigeant de main de maitre ses comédiens tous très impliqués dans leurs rôles (formidable Sylvie Testud, elle aurait mérité un César !) ; l’aspect de la mythologie grecque apporte une plus-value indéniable aux mystères qui imprègnent le film et surtout : TOUT TIENT LA ROUTE !
Formidable rebondissement final, un peu comme dans le « Sixième sens » de Shyamalan et des décors très travaillés avec un plan séquence terrifiant dans les entrailles des égouts parisiens, on se croirait presque dans « Le silence des agneaux », la scène du garage !
Manzor arrive à amplifier la peur au fur et à mesure que le film avance, il va crescendo jusqu’aux révélations ultimes et même le plus aguerri des spectateurs de thrillers ne pourra cacher sa trouille, j’ai eu les poils qui se sont dressés !
Manzor a mis le paquet dans la pathologie de Claude et Testud nous plonge dans la psychiatrie de façon ultra réaliste, quelle performance !
Frédéric Diefenthal est, quant à lui, parfait en flic névrosé, peintre à ses heures perdues, et la folie qu’il dégage avec son physique incroyable (une barbe gigantesque, un regard de folie) donne déjà un aperçu de la difficulté de l’enquête qu’il a à résoudre…
Lambert Wilson est impérial et donne un côté un peu distant par rapport aux autres protagonistes, du moins c’est ce que Manzor, très habile, veut nous faire penser…
Ça fait quand même un bien fou de voir qu’à l’époque (on est en 2003) des réalisateurs français avaient encore l’inventivité, l’originalité et le talent pour nous pondre des films comme celui-là, Manzor a réalisé un sans- faute, parvenant à signer un thriller qui met vraiment le trouillomètre à dix mille et servi par des acteurs hors pair et qui croient en ce qu’ils font, pas là pour cachetonner bêtement comme la majorité des acteurs actuels qui ne pensent qu’au tiroir- caisse…
Véritable raclée cinématographique, « Dédales » plaira à tous les cinéphiles, à tous ceux qui veulent un cinéma NOUVEAU et aussi aux amateurs de trouille, parce que là on est servis !
Manzor a sorti une bombe…

Note : 10/10





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