Open Watching

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dimanche 26 novembre 2017

Nekromantik de Jorg Buttgereit, 1987

NEKROMANTIK
de Jorg Buttgereit
1987
Allemagne de l’Ouest
avec Jorg Buttgereit, Daktari Lorenz, Beatrice Manowski, Franz Rodenkirchen, Harald Lundt
72 minutes
Gore extrême expérimental
Synopsis :
Une ville d’Allemagne de l’ouest, milieu des années quatre-vingts…
Un couple a un violent accident de voiture, ils décèdent tous les deux ; le lendemain, l’agence de nettoyage Joe retrouve les cadavres et désincarcère les victimes, cette agence stocke des macchabées, Robert Schmadtke, un des employés de l’agence, vit avec Betty, une jeune femme…
Betty est nécrophile et Robert lui ramène des stocks de cadavres afin de pratiquer des jeux érotiques avec ceux-ci…
Bruno, un des collègues de Robert, ne peut empêcher le licenciement de Robert suite à une embrouille avec son chef…
Se retrouvant sans emploi, Robert est quitté par Betty, il va sombrer dans la déchéance et la mélancolie ; errant dans la ville avec quelques marks en poche, Robert va au cinéma où est projeté un film d’horreur…
Robert devient névrotique, il tue un chat et a des pulsions suicidaires…
Il souffre énormément depuis sa rupture avec Betty…
Un soir, Robert saisit un couteau et va commettre l’innommable !
Mon avis :
Film scandale mais aussi film culte pour beaucoup, « Nekromantik » laisse une empreinte indélébile à tous ceux qui l’ont vu et qui ont eu le courage de s’atteler au visionnage de ce métrage hors normes totalement fou ; il s’agit d’un film sur la nécrophilie mais aussi sur la folie…
Hyper glauque et carrément malsain, « Nekromantik » souffre de lacunes dans son scénario (comment l’agence de nettoyage a pu retrouver la trace de la voiture accidentée et de ses occupants ?), parfois brouillon mais là où Buttgereit réussit son coup c’est qu’il se démarque de ses compatriotes d’outre Rhin Andreas Schnaas et Olaf Ittenbach, également spécialisés dans le gore dégueu, sauf que Buttgereit parvient à donner un côté « film d’auteur » à Nekromantik et moins bourrin que Schnaas et Ittenbach, du coup, « Nekromantik » s’envole dès qu’on arrive à la fameuse « scène », celle où Betty opère un jeu érotique avec le cadavre ramené par Robert…
La musique est pour beaucoup dans la réussite de « Nekromantik » et Buttgereit rend même un hommage appuyé à Lucio Fulci en samplant texto un passage de « L’enfer des zombies » (que tous les cinéphiles auront reconnu), la scène de l’énucléation lors de la séquence où Robert va au cinéma pour voir un film d’horreur (un slasher)…
Insupportables les scènes de tortures animales (il y en a deux dont une avec un lapin, très réaliste, celle du chat est supposée bidon) ; la beauté de l’actrice Beatrice Manowski est sublimée dans le passage du jeu érotique nécrophile et Buttgereit choisit d’utiliser une surexposition des images amplifiée par un semi-ralenti, ce qui atténue le choc provoqué au spectateur et qui finit même par l’envoûter !
Extraordinaire c’est le mot, « Nekromantik » est une œuvre gonflée, expérimentale et qui pousse très loin dans l’horreur graphique par un gore organique (les membres humains plongés dans des bocaux de formol), quant à la scène du suicide, attention c’est juste atroce, vomitif, vous êtes prévenus !
Dans les bonus du blu ray (merci à Lionel, tu m’as fait un beau cadeau !), on voit l’avant-première de l’époque lorsque le film est sorti, et c’est là qu’on mesure l’impact qu’a eu « Nekromantik » sur le public et, n’ayons pas peur des mots, le génie de Jorg Buttgereit et de son équipe !
Film bourré de métaphores, « Nekromantik » est avant-gardiste pour un film d’horreur, Robert est perdu, enfermé dans un marasme et rêve d’une meilleure vie et surtout de retrouver Betty, il rêve et se voit courir dans un champ, mais l’issue de son existence est et ne pourra qu’être nihiliste et se conclura par la mort !
Le plan final laisse supposer une non-fin et laisse développer son imagination au spectateur, collapsé après ce qu’il a vu !
Hyper extrême et banni dans plusieurs pays (et pour cause !), inutile de vous dire que « Nekromantik » est réservé impérativement à un public adulte et aguerri aux films gore, ces derniers verront surement en « Nekromantik » un fleuron du gore trash indépendant allemand et pourront se rendre compte du talent de Jorg Buttgereit qui a explosé les codes du cinéma, rares sont les films parlant de nécrophilie (un autre aussi est balaise : « Aftermath » de Nacho Cerda de 1994), du coup ils sont forcément extrêmes par le sujet qu’il traite et il ne peut en être autrement !
Ceci étant et malgré ces quelques réserves, « Nekromantik » n’a aucunement usurpé sa réputation et son statut de film-culte, à voir absolument en étant préparé, parce que ça barde !

Note : 9/10




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