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dimanche 11 mars 2018

Les traqués de l'an 2000 de Brian Trenchard Smith, 1982


LES TRAQUES DE L’AN 2000
de Brian Trenchard Smith
1982
Australie
avec Olivia Hussey, Steve Railsback, Michael Craig, Lynda Stoner, Roger Ward
Science- fiction
93 minutes
Musique de Brian May
DVD édité dans la collection Mad movies
aka Turkey shoot escape 2000
Synopsis :
En 1995, les autorités politiques ont mis en place des camps de rétention où sont envoyés les « déviants », sortes de personnes rebelles réfractaires à la société et à ses codes…
Refusant de se plier à des lois rétrogrades et fascisantes, ces femmes et hommes sont habillés avec un uniforme jaune et il en arrive chaque jour au sein du camp ; Chris Walters et Paul Anders, deux jeunes gens, viennent d’arriver et sont repérés par des caméras de surveillance, notamment Chris, une superbe brune…
Horrifiés, ils assistent à des séquences de tortures et de tabassages sur de plus anciens prisonniers, Chris en est terrorisée !
Charles Thatcher est le chef d’organisateur du camp et, avec quelques autres personnes, il coordonne la vie (une façon de parler !) du camp, décidant, suivant le bon gré de chacun, si certains sont laissés en vie ou s’ils sont tués et/ou torturés…
Ritter, le chef de la sécurité, un mastodonte chauve, rivalise de sadisme lors de ses exactions, il prend un immense plaisir lorsqu’il passe à tabac une pauvre femme frêle qui ne survivra pas aux coups de son bourreau…
Thatcher décide un jour de mener une chasse à l’homme ; il libère Chris et Paul Anders, ainsi que Rita Daniels, leur laissant un temps d’avance sur leurs geôliers ; un autre homme qui a des problèmes de vue fait partie des traqués mais on lui casse ses lunettes, du coup il ne voit plus rien !
Le chef des gardes Ritter, Thatcher et quelques autres de ses amis sont motorisés ; les traqués, à pied, sont confrontés à l’hostilité d’une forêt qui semble tropicale…
Alors qu’après avoir couru pendant plusieurs heures, Chris et Paul pensent être tirés d’affaire, ils déchantent vite !
L’endroit où ils se trouvent est sans issue, il s’agit d’une île !
Mon avis :
Avec « Les traqués de l’an 2000 », le réalisateur Brian Trenchard Smith a réussi un sacré tour de force, il a rendu son film attractif, distrayant et efficace alors que la production fut particulièrement chaotique, le budget fut amputé de sa quasi- moitié, l’embauche de figurants supplémentaires et de cascadeurs annulée au dernier moment, ce qui compliqua énormément la réalisation qui, de plus, fut diminuée au niveau du temps de tournage (« Escape 2000 » a été torché en trois semaines !)…
Trenchard Smith a été très courageux et l’ensemble est plaisant et bien réussi, collant à la perfection au style des productions grindhouse australiennes du début des années quatre-vingts ; mélange d’anticipation, de films de camps, d’aventures, de sadisme ponctué avec une dose d’érotisme et d’exotisme, « Les traqués de l’an 2000 » a un rythme à fond les bananes de l’entame à l’issue, avec trois segments scénaristiques pour définir le film, un, l’arrivée dans le camp et la présentation des personnages, deux, les scènes de sadismes et trois, la poursuite sous forme de chasse à la « Chasse du Comte Zaroff » en version modernisée car le métrage, outre qu’il soit délirant, est empreint d’anticipation sur une politique devenue totalitaire que Trenchard Smith, dans les bonus de l’excellent DVD Mad Movies, voulait inspirée de « 1984 » de George Orwell, ce qui fait que son film est loin d’être sot ; les moins ouverts y verront un film con comme la lune et bien NON ! il faut aller plus loin dans le propos des « Traqués de l’an 2000 » et y voir un pamphlet, une parabole sur certains aspects du nazisme ou de la sauvagerie inhérente à toute guerre et à ceux qui la font !
Ce n’est pas innocent si le chef du camp se nomme Thatcher, c’est voulu puisqu’à l’époque la « dame de fer » intransigeante première ministre de la Grande Bretagne se nommait Thatcher !
Trenchard Smith est malin et fait des clins d’œil en permanence à la société résidant sur l’obéissance et la soumission, et ceux qui refusent de respecter les règles sont tués !
Trenchard Smith n’omet pas cependant de mettre le paquet sur l’action, en plus du message politique qu’il veut faire passer, du coup, tout le monde devrait y trouver son compte ; « Les traqués de l’an 2000 », c’est de la distraction pour adultes, au sens noble du terme, et les comédiens s’y donnent totalement corps et âmes, Hussey et Railsback sont épatants dans leurs rôles de traqués, ils en bavent mais c’est pour le plus grand plaisir du spectateur !
Roger Ward, le grand chauve tortionnaire, est un réchappé de « Mad Max », lui aussi film australien, donc ça barde et on n’a pas lésiné sur la violence avec une scène assez rude de tabassage très réaliste…
L’ensemble est distrayant et le film fut un immense succès dans les vidéoclubs dans les années quatre-vingts, aujourd’hui on pourrait difficilement faire un film pareil, c’était l’époque où les films d’exploitation se permettaient quasiment tout, maintenant ça passerait mal pour les militantes féministes, « Les traqués de l’an 2000 » comporte des passages aux dialogues sexistes et ne s’embarrasse pas de la moindre condescendance, Trenchard tranche dans le lard !
Honnête dans sa forme, « Les traqués de l’an 2000 » est vraiment un film d’action horrifique sympathique, il convient de le visionner entre potes avec des pizzas et des bières, le résultat est garanti !
Ça reste le témoignage d’un plaisir coupable et assumé par nombre de cinéphiles et on n’est pas près d’oublier « Les traqués de l’an 2000 », les passages ponctuant le film sont indélébiles !
Il faut voir la version uncut sur le magnifique DVD sorti chez Mad Movies, il nous gratifiera d’une dizaine de séquences gore, donc ce n’est pas à rater !
Note : 9/10













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