dimanche 11 novembre 2018

Se souvenir des belles choses de Zabou Breitman, 2001


SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES
de Zabou Breitman
2001
France
avec Bernard Campan, Isabelle Carré, Bernard Lecoq, Dominique Pinon, Zabou Breitman, Jean Claude Deret, Anne Le Ny
Drame
110 minutes
Synopsis :
France, début des années deux mille…
Claire Poussin, une très belle jeune femme de 32 ans est emmenée par sa sœur Nathalie pour une consultation dans un centre médico-psychologique appelé « Les écureuils » ; Claire prétend avoir des troubles graves de la mémoire depuis qu’elle se serait perdue dans une forêt alors qu’il y avait un orage terrible, elle dit avoir été recueillie par des pompiers…
Le docteur Christian Licht, responsable de la clinique, la reçoit et relativise la pathologie de Claire afin de « rassurer » sa sœur, extrêmement angoissée et stressée…
Claire va faire un tour à la cafétéria et Philippe, un homme dépressif, l’aborde ; Philippe a perdu sa famille lors d’un accident de voiture mais n’arrive pas à faire le deuil…
Marie Bjorg, la psychologue, entretient une relation amoureuse avec Christian Licht ; l’équipe médicale se réunit pour « checker » les pathologies des patients ; c’est alors que lors d’une sortie au musée, Claire et Philippe tombent amoureux et s’embrassent…
Le psychiatre de la clinique « Les écureuils » accepte que Claire soit hébergée à temps complet afin de soigner sa pathologie, elle peut ainsi voir Philippe plus souvent…
Petit à petit, la santé de Claire se dégrade et il devient clair qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer !
Prenant le taureau par les cornes et chose pour le moins inhabituelle, Licht  fait louer un appartement pour que Claire et Philippe s’y installent…
Lors de la crémaillère, Claire a une crise, puis ces crises deviennent cycliques, surtout qu’en plus, Philippe a des terreurs nocturnes où il se met à hurler, croyant voir les cadavres de sa famille après l’accident de la route…
Pour aider Claire, Philippe a trouvé un système, avec un magnétophone, il lui dicte le parcours lorsqu’elle va faire ses courses, afin que la jeune femme ne se perde pas…
Un jour, alors que Nathalie avait rendez-vous avec sa sœur, Philippe s’aperçoit que Claire a disparu !
Mon avis :
Auréolé d’une palanquée de récompenses, ce « Se souvenir des belles choses » est un film uppercut où Zabou Breitman a pris le parti pris très courageux de s’attaquer à un sujet très difficile qui aurait pu tourner en catastrophe, mais Breitman, par son talent, s’en sort à merveille, optant pour la retenue et la pudeur pour nous montrer une histoire d’amour simple entre deux personnes souffrant de pathologies lourdes…
A ce titre, l’interprétation est prodigieuse de la part des deux comédiens centraux, Isabelle Carré joue juste pour un rôle hyper difficile et nous transmet son empathie de façon instantanée, quant à Bernard Campan, il est méconnaissable, tous ceux qui l’ont en souvenir de ses facéties avec le trio des Inconnus seront bluffés par son jeu, il prouve que les rôles à total contre- emploi ne lui font pas peur et donne une composition magistrale dans son personnage dépressif souffrant de terreurs nocturnes et du syndrome de Gilles de la Tourette…
La réalisation de Zabou Breitman est par ailleurs habile et fine, la technique pour filmer est également recherchée avec des séquences inoubliables comme ces baisers sous la pluie ou l’escapade d’Isabelle Carré/Claire vue comme une « fugue » pour s’effacer de la réalité…
Un ou deux bémols quand même au niveau scénaristique, on ne voit JAMAIS les patients ou Claire et Philippe prendre de traitements médicamenteux, ce qui n’est pas réaliste, que ce soit au sein du centre des Ecureuils ou dans l’appartement ; d’ailleurs l’histoire de l’appartement n’est pas du tout crédible, qui paye le loyer ? le psychiatre joué par Bernard Le coq décide de leur « offrir » le logement, chose totalement irréelle et impossible dans la réalité, mais bon, ces deux détails un peu grossiers ne dénaturent en rien l’aspect bouleversant du film et il est préférable de les occulter pour prendre pleinement conscience de l’histoire de ces deux jeunes gens qui se livrent à une love story atypique dans le cinéma français…
Pour un premier film, Zabou Breitman a complètement réussi son pari et le film fut un immense succès, aussi bien au niveau de l’accueil de la critique qu’au box-office, le film consacre le duo Campan/Carré et possède le pouvoir d’être inoubliable, que ce soit au niveau de la sensibilité de l’histoire qu’au courage avec lequel le film est traité…
Sensible, touchant mais en aucun cas, « Se souvenir des belles choses » ne tombe dans le pathos ou l’incongru et ça c’est un très bon point pour Zabou Breitman qui a eu l’intelligence de faire sonner juste son film…
Très peu de films traitant de la dépression ou de la maladie d’Alzheimer n’ont vu le jour dans le cinéma hexagonal, il faut donc saluer cette initiative…
« Se souvenir des belles choses » est donc un film à voir et le sujet traité est accessible à tous les publics, contrairement à des films comme « 37.2 le matin », les cinéphiles comme le public fanatique de films dramatiques y trouveront immanquablement leur compte…
Note : 9/10











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