mardi 1 novembre 2016

Les weekends maléfiques du Comte Zaroff de Michel Lemoine, 1976

LES WEEKENDS MALEFIQUES DU COMTE ZAROFF
de Michel Lemoine
1976
France
avec Michel Lemoine, Howard Vernon, Joëlle Cœur, Nathalie Zeiger, Martine Azencot, Patricia Mionnet, Maria Mancini
Fantastique érotique
85 minutes
aka Seven women for Satan
Edité en DVD chez MondomacabroDVD
Banni par la censure pendant de nombreuses années
Synopsis :
Un village isolé d’une province française, années soixante-dix…
Boris Zaroff, un descendant de châtelains, est en fait un être extrêmement pervers qui kidnappe et entraine de très jeunes femmes au gré de la providence et des rencontres qu’il fait, ainsi une jeune femme faisant du stop sera brutalisée par Zaroff et quasiment violée, puis étranglée et jetée dans un lac !
Karl, le valet de Zaroff, déteste son maitre et prépare une vengeance contre lui…
Alors que Murielle et Francis, un couple de jeunes gens dont la voiture tombe en panne, trouvent refuge dans le manoir de Zaroff, celui-ci leur fait visiter une pièce avec des instruments de tortures médiévales, le couple périra dans des souffrances atroces…
Anne de Boisreyvault, une des premières femmes que Zaroff a aimée, réapparait dans des flashs sous l’allure d’un fantôme ; Zaroff, pris d’une pulsion incontrôlable, se rend dans le caveau où la belle repose…
Il est suivi par Karl, qui l’enferme avec le corps d’Anne…
Karl a bien prévu sa manigance et pourra ainsi récupérer la fortune de Zaroff suite à la vente de son manoir…
Mais tout bascule lorsque Karl rentre sa voiture, il n’est pas seul !
Mon avis :
Longtemps demeuré interdit et banni dans plusieurs pays, « Les weekends maléfiques du Comte Zaroff » (quel titre !) est un sommet du film grindhouse qui met en exergue des thématiques telles que la perversion sexuelle, la torture, le sadisme, le masochisme et même, cerise sur le gâteau : la nécrophilie ! (rien que ça !)
Mais c’était sans compter sur le talent de l’immense Monsieur qu’est Michel Lemoine, ami de Jean Cocteau et qui prend pour référence et pour maitre absolu Mario Bava (il a même tourné pour lui dans « Arizona Bill » et dans une multitude de classiques de la série B italienne), Lemoine connaît son travail et sait exactement comment retenir l’attention du spectateur grâce à des actrices volcaniques et peu avares de leurs charmes (les érotomanes seront comblés !) et il parvient à donner corps à un scénario à la base maigre et sans relief pour faire tout dévier dans la deuxième moitié du métrage vers une mélancolie insoupçonnée ; IL FAUT DONC JUGER LE FILM DANS SA GLOBALITE, ce qui est primordial pour bien l’apprécier…
Certes un peu bancal voire nanardesque (ah la scène avec cette cruche de Murielle et ses visions intempestives), « Les weekends maléfiques du Comte Zaroff » est par moments inégal au niveau du scénario et peu crédible mais si l’on en retient les éléments positifs, le cinéphile passera un agréable moment car le charme opère réellement, comme pour les films de Rollin ou les productions Eurociné, on est exactement dans la même mouvance !
Ne vous attendez pas à un remake des « Chasses du Comte Zaroff », le film de Lemoine n’a fait qu’emprunter le nom de Zaroff pour nommer le comte, mais ici la trame et l’histoire n’ont aucun rapport avec le classique des années trente…
Bref, tout ceci est bougrement sympathique, les décors sont magnifiques (le lac, les recoins du manoir, les cadrages et le passage du caveau), on peut aisément parler de gothique pour certaines séquences, il y a bien l’influence des maitres du genre comme Terence Fisher ou Riccardo Freda avec le côté vintage des années soixante-dix…
Le DVD semble assez difficile à dénicher et le film est suffisamment rare pour que l’on boude son plaisir, donc un seul conseil : ruez- vous dessus pendant qu’il en est encore temps !
Michel Lemoine a l’avantage et la qualité d’être quelqu’un de très sincère et respectueux de ses illustres ainés cinématographique, les bonus du DVD de MondomacabroDVD sont immanquables, Lemoine explique tout dedans…
« Les weekends maléfiques du Comte Zaroff » est un film référentiel en matière de grindhouse érotico fantastique !

Note : 9/10



dimanche 30 octobre 2016

La baie sanglante de Mario Bava, 1971

LA BAIE SANGLANTE
de Mario Bava
1971
Italie
avec Claudine Auger, Nicoletta Elmi, Luigi Pistilli, Laura Betti, Claudio Camaso, Leopoldo Trieste, Isa Miranda, Chris Avram, Giovanni Nuvoletti
Slasher
80 minutes
Musique de Stelvio Cipriani
aka Bay of blood
aka Reazione a catena
Edité entre autres en DVD chez TF1 vidéo et Carlotta films
Synopsis :
Un village côtier d’Italie, près d’une baie, au début des années soixante-dix…
Frank Ventura, un homme arrogant et vénal, se borne à vouloir acquérir le manoir des Donati, une riche famille dont la comtesse Federica, une vieille dame invalide, lui refuse sans cesse les propositions…
Celle-ci est violemment attaquée un soir puis pendue alors que son agresseur est poignardé à mort à son tour et ce, de façon simultanée !
Brunhilda, une jeune fille blonde faisant partie d’un groupe de jeunes fêtards, se baigne nue dans le lac de la baie, elle découvre, horrifiée, un cadavre qui n’est autre que celui du père Donati !
Une succession de morts violentes va déferler sur ce lieu idyllique alors que Paolo Fossati, un spécialiste des insectes, semble être le coupable idéal, sa femme Anna paraissant énigmatique et aux pratiques curieuses…
Paolo sera finalement tué ! Ce qui brouille les pistes et fait que personne n’a plus confiance en personne, l’acquisition du manoir et de facto de la propriété de la baie, restant la principale motivation du (ou des ?) tueur(s)…
Renata, Albert, Simon, trois autres protagonistes, sont mêlés de près ou de loin à cette sordide et sanglante affaire…
Un final particulièrement nihiliste va achever toutes les probabilités et toutes les chances pour les meurtriers d’acquérir la baie !
Mon avis :
« La baie sanglante » est un film très important dans la carrière de Mario Bava, en effet, il casse et fait exploser toutes les conventions qu’il avait établies dans son cinéma pour accoucher d’un pré-slasher vintage aux confins du giallo et du film gore (les séquences sanguinolentes abondent dans « La baie sanglante »), ici Bava abandonne le style gothique qui fit sa renommée et se concentre sur une intrigue policière ponctuée de fulgurances horrifiques et déclinée par des personnages stupides et propices à se faire dézinguer (exactement comme pour la série des « Vendredi 13 » où le spectateur jouit d’assister à ces meurtres de protagonistes débiles et têtes à claques)…
Bava se lâche totalement et semble se moquer du prétexte vénal de la baie, en fait il reprend texto le scénario de « L’île de l’épouvante » dont il était mécontent et change la formule chimique de ce film par l’acquisition du manoir, tout le reste est idem, mais Bava rajoute la sauce au niveau brutalité et sexe : « La baie sanglante » est une version plus appuyée en méchanceté que « L’île de l’épouvante », Bava avait des impératifs et devait contenter un public planétaire (dont le Japon) friand de violence et de sexe…
Le résultat est donc très impressionnant et déjà précurseur du genre, puisque la scène légendaire du pic planté dans le corps du couple qui copule sera repris par la suite dans un segment de "Vendredi 13 », le gore est très graphique dans « La baie sanglante » et les trucages très efficaces (la serpe longiligne plantée en pleine face, la décapitation en gros plan, le meurtre hyper glauque lors du prologue)…
Voulant volontairement déstabiliser le spectateur, Bava agrémente son métrage de séquences dégoutantes (la pieuvre qui se meut sur le cadavre) mais aussi bien perverses (l’œil du voyeur derrière les lattes du mur en bois) et le côté « peace and love » des jeunes (mention à la blonde qui nage nue dans la baie) est explosé par la bestialité des crimes effectués par les monstres tueurs…
Tout est décomplexé et en roue libre dans « La baie sanglante » et le scénario labyrinthique (ils ont été plusieurs à l’écrire !) fait que quelques fois le spectateur peut s’y perdre, il y a énormément de rebondissements, ça n’arrête pas, Bava invente le whodunit tonique que « Scream » reprendra vingt- cinq ans plus tard !
Une nouvelle fois, Mario Bava étonne le cinéphile et déploie toutes les cartes de son talent pour faire s’envoler le genre, un simple giallo/slasher devient un chef d’œuvre dès qu’il passe entre ses mains, comme si la magie de son génie transformait le banal en exceptionnel, l’anodin en inoubliable…
« La baie sanglante » est à marquer d’une pierre blanche dans la filmographie et régénère sa marque de fabrique, prouvant qu’il est capable de se diversifier tout en continuant à contenter son public de façon très sincère et plus accessible à ceux qui ne connaissaient pas son cinéma…
Tous les DVD existants sont de bonne qualité et « La baie sanglante » s’impose comme l’une des œuvres les plus majeures du Maestro, il est donc fondamental de l’avoir visionné…

Note : 10/10





samedi 29 octobre 2016

Le corps et le fouet de Mario Bava, 1963

LE CORPS ET LE FOUET
de Mario Bava
1963
Italie
Avec Christopher Lee, Daliah Lavi, Tony Kendall, Ida Galli, Luciano Pigozzi
Fantastique gothique
83 minutes
Edité en DVD dans la collection Mad movies
Musique de Carlo Rustichelli
aka The whip and the body
aka La frusta e il corpo
Synopsis :
Un pays d’Europe du Nord, au dix- neuvième siècle…
Kurt Menliff, un homme mince et de grande taille à l’allure charismatique débarque dans le château de sa famille d’où il avait fui quelques temps auparavant…
Il y retrouve sa belle-sœur, Nevenka, une femme brune ultra sexy avec qui il a entretenu une relation pour le moins douteuse et ambiguë ; le mari de Nevenka, Christian Menliff, semble impuissant pour endiguer la passion vénéneuse qui lie Kurt et sa femme, alors que Katia, une jeune femme vivant dans la maisonnée, semble terrifiée par Kurt…
Losat, le valet boiteux, va fréquemment faire des rondes dans la crypte du château, située en contrebas…
Lorsque Kurt est retrouvé mort, un poignard dans la gorge, Nevenka est effrayée, elle est envahie de visions fantomatiques où elle voit Kurt essayant de l’accaparer, multipliant les coups de fouets sur son corps sublime…
Kurt avait toujours eu une influence sur Nevenka mais même après son décès il parvient une nouvelle fois à faire partie du quotidien de la jeune femme et ce, de jour comme de nuit…
Qui a tué Kurt ? d’autres meurtres, comme celui du patriarche, se succèdent…
L’impossible semble être cependant probable lorsque Christian et Losat exhument le cercueil de Kurt…
La révélation finale sera des plus surprenantes !
Manipulation, sadomasochisme, érotisme et mystère seront légion durant toute l’histoire du film…
Mon avis :
Tourné la même année que l’illustre « Trois visages de la peur », « Le corps et le fouet » est le deuxième chef d’œuvre de Bava avec son film à sketchs de 1963, ce métrage transpire toutes les codifications bavaiennes et elles sont magnifiées et poussées au summum artistique du Maestro MAIS il s’imprègne d’un nouvel élément, jamais exploité dans le cinéma d’alors et plutôt couillu et inhabituel pour l’époque : le sadomasochisme !
Christopher Lee (vu dans « Hercule contre les vampires » et au firmament de sa carrière avec les perles hammériennes, la série des « Dracula ») se fait voler la vedette par la somptueusement volcanique Daliah Lavi, une actrice venue d’Israël, c’est elle qui dirige le film, le rôle de Kurt n’étant qu’un prétexte à de sombres hallucinations rendues à la jeune femme et le dénouement (sidérant et très intelligent) la hisse au rang des actrices charismatiques que Bava affectionnait, au même titre que Barbara Steele, malgré les relations exécrables entretenues entre cette dernière et Bava…
Fidèle à ses trognes, on retrouve l’actrice qui joue la vieille femme qui réapparaitra dans le « Operazione Paura » et que l’on voit à la fin du segment « La goutte d’eau » dans « Les trois visages de la peur » (comment l’oublier ?) et même la splendide Ida Galli qui joue un second rôle dans le « Ercole alla centro della terra » aka « Hercule contre les vampires » ; Bava reprend un peu le canevas scénaristique du « Masque du démon » avec ses cryptes, ses passages secrets derrière des cheminées et le prénom d’une des protagonistes est également Katia comme pour le film précité…
On est en plein dans le baroque, dans les jeux de couleurs, du bleu, du rouge, du vert servant à bonifier l’aspect gothique que seul Bava pouvait créer et rendre complémentaire à l’histoire de son film, en appuyant le côté anxiogène et envoutant de son cinéma unique…
Il y a dans le regard, dans les yeux de Daliah Lavi/Nevenka quelque chose qui fait qu’on la sent attirée et apeurée en même temps, c’est presque pathologique, elle sait qu’elle va se faire fouetter mais ça lui plait, elle est victime sadomasochiste de son bourreau Christopher Lee/Kurt mais cette sensation est à la fois érotique et douloureuse, la belle, en martyre, se mange des coups de fouets et semble apprécier cela ; rarement un film (et surtout à cette époque, on est quand même au début des années soixante !) n’aura osé aller aussi loin dans la douleur charnelle que « Le corps et le fouet », mais en plus, stylisée de façon remarquable et audacieuse…
Pour se faire une idée réelle de l’étendue du talent de Mario Bava, « Le corps et le fouet » est un film incontournable dans sa filmographie, tour à tour mystérieux, insolite, pénétrant et hypnotique, ce chef d’œuvre est à voir et revoir sans la moindre retenue, il prouve une nouvelle fois que le cinéma italien allait plus loin que tous les autres cinémas, empli d’une force, d’une vigueur et d’un charme que l’on ne retrouvent nulle part ailleurs…
« Le corps et le fouet »  est mythique dans sa réalisation et extrêmement osé dans son contenu mais reste d’une pudeur exempte de vulgarité, Bava nous a pondu un film magique et somptueux, à mille lieues des codes du septième art référencés jusqu’alors…
Prodigieux, exceptionnel et de plus le DVD sorti par Mad movies a une image de très bonne qualité avec un plein écran et un menu excellent, il est à posséder impérativement !

Note : 10/10





dimanche 23 octobre 2016

PIRANHA 2, Les tueurs volants de James Cameron et Ovidio G. Assonitis, 1981

PIRANHA 2, LES TUEURS VOLANTS
de James Cameron et Ovidio G. Assonitis
1981
Etats-Unis/Pays Bas/Italie
Avec Lance Henriksen, Tricia O’ Neill, Steve Marachuk, Carole Davis, Leslie Graves
Fantastique
90 minutes
SFX de Gianetto de Rossi
aka Piranha 2 : the spawning
Synopsis :
Une station balnéaire dans les Caraïbes, début des années quatre vingts…
Anne Kimbrough, une monitrice, est en conflit amoureux avec Steve, son mari, qui est policier, leur fils, Chris, un adolescent, est resté avec sa mère dans un luxueux hôtel où les vacanciers se pressent afin de profiter du soleil et de la plage…
Lorsqu’Anne découvre deux cadavres dévorés lors d’une expédition sous-marine elle alerte Steve…
Il semble que des piranhas d’une taille gigantesque se trouvent non loin des côtes, le danger est imminent…
Devant l’incompétence des autorités et n’étant pas prise au sérieux, Anne se rend à la morgue avec un ami, elle photographie l’un des cadavres supposé victime des piranhas ; prise en flagrant délit par la concierge de la morgue, Anne s’enfuit…
C’est alors qu’un piranha, resté dans le ventre du macchabée, tue la concierge en s’envolant ( !)…
Chris est embauché sur le bateau de Monsieur Dumont comme matelot pour une virée maritime ; sa fille, Alison Dumont, lui plait beaucoup…
Alors que Chris et Alison partent en bateau pneumatique, sur la terre ferme des centaines de piranhas attaquent les clients de l’hôtel, c’est un vrai carnage !
Steve part à la recherche de son fils, il est peut- être déjà trop tard !
Anne, quant à elle, veut percer à tout prix le secret de ces piranhas et part dynamiter leur nid, situé sur une épave gisant à plusieurs kilomètres de fond…
Mon avis :
Soyons nets, « Piranha 2, les tueurs volants » est vraiment en deçà du premier, les personnages sont pour la plupart des « neuneux », ça vole bas (encore plus bas que les piranhas !) et le film est bourré d’incohérences (les attaques ne sont pas logiques si on regarde le déroulement des séquences, exemple : Ann n’est pas attaquée par le ban de piranhas lorsqu’elle est dans l’épave, par contre, ceux-ci tuent tous les vacanciers cinq minutes après ! on capte rien à l’intrigue !)…
Très libidineux et avec des filles superbes mais racoleuses, « Piranha 2 » accumule les séquences avec un rythme désordonné, hormis deux trois passages (dont l’attaque de l’hôtel et le meurtre de la concierge par égorgement), le film ne tient pas la route, anémié par un scénario très faible et une absence de rigueur flagrante !
C’est ce tâcheron de Ovidio G. Assonitis, déjà responsable du catastrophique « Tentacules », qui a, en fait, réalisé le film, après avoir viré James Cameron au début du tournage…
Heureusement, un point positif, les effets spéciaux de Gianetto « Zombi/Fulci » de Rossi et là, rien à dire, ça gorasse grave et c’est hyper bien fait ! au moins on a ça !
« Piranha 2, les tueurs volants » a, depuis sa sortie, été catalogué comme nanar mais c’est justifié, c’est un film bâclé, outrancier et risible à de multiples reprises mais on sent en plus que Assonitis n’est pas sincère et se fiche de contenter son public, c’est une arnaque, il a créé son film pour surfer sur le succès du précédent et amasser un maximum d’argent, seulement nous ne sommes pas dupes ! La réputation de très mauvais film ne s’est pas fait attendre et justice est faite…
Le pauvre James Cameron, malade pendant le tournage et aux idées sous employées par Assonitis (à l’instar de cette crapule d’Alfredo Leone avec Bava pour « La maison de l’exorcisme », le parallèle peut être effectué) considère que son véritable premier film est « Terminator » et on le rejoint…
Pour se faire plaisir, il est plutôt conseillé de revoir le premier opus de Joe Dante ou le remake ultra jouissif d’Alexandre Aja, ce « Piranha 2 » est à balancer à la benne direct !

Note : 3/10




Terreur au ralenti de Claude Boissol, 1971

TERREUR AU RALENTI
de Claude Boissol
1971
France
Episode de la série « Aux frontières du possible »
Avec Pierre Vaneck, Elga Andersen, Jean François Rémi
Fantastique vintage
55 minutes
Synopsis :
France, début des années soixante-dix…
Le BIPS, une antenne d’un ministère, est dirigée par Monsieur Courtney Gabor ; Yann Thomas et Barbara Andersen, sont deux fonctionnaires qui sont chargés d’élucider des événements troublants en lien avec la santé et les phénomènes paranormaux…
Leurs investigations les conduit au village de Latour, dans les Alpes de Haute Provence, où la quasi-totalité de la population a subi un choc psychique, ces derniers ayant le métabolisme du cerveau qui fonctionne au ralenti…
Yann reçoit un appel d’un mystérieux quidam lui demandant de se rendre à un rendez-vous, Barbara semble connaître la voix de cet individu…
Lors du rendez-vous, l’homme demande cinq cent millions de dollars en échange de l’arrêt de ses agissements, il prétend être le responsable des troubles intervenus dans le village et menace d’en faire de même dans des grandes villes du monde, en commençant par Washington !
Courtney Gabor accepte le deal !
Alors que Yann et Barbara sont en discothèque, Yann a une révélation…
Mon avis :
« Aux frontières du possible » est l’ancêtre de la série « X-files », c’est très vintage et on se régale en visionnant les épisodes qu’INA (Institut national de l’audiovisuel) a eu la miraculeuse idée de sortir en DVD…
Les deux comédiens principaux (Pierre Vaneck et Elga Andersen) ont une classe monumentale et avec Victor « Les brigades du tigre » Vicas aux commandes, on sait d’entrée de jeu que le scénario sera imparable et l’histoire passionnante…
Et on se REGALE !
Pour cet épisode « Terreur au ralenti », la gageure est énorme dès les premières minutes, le spectateur se demande où il a atterri et puis, au fil de l’eau, tout se décante, le spectateur s’immisce et s’immerge dans une intrigue envoûtante, bluffante et qui deviendrait presque crédible, du moins plausible…
C’est tout le talent des séries « à l’ancienne » loin de celles actuelles qui frôlent le convenu, ici, avec « Aux frontières du possible » on ne fait que s’étonner à chaque seconde qui passe, le rythme, paradoxalement, est en fait très tonique et enjoué, dès lors qu’on fait l’effort de s’y projeter !
Il ne faut pas partir avec des à priori mais bel et bien se laisser charmer par cette aura propre aux seventies, avec le look vestimentaire, les cigarettes, les voitures et le mobilier de l’époque…
Pierre Vaneck et la belle Elga Andersen nous projettent dans une intrigue complètement barrée et finalement tout le monde retombe sur ses pieds grâce à une maitrise scénaristique très habile et des successions de plans qui s’imbriquent dans une continuité de séquences logiques au final, Vicas, comme toujours, fascine par sa propension à raconter un récit, bref, c’est exceptionnel, LA PURE et LA VRAIE qualité française télévisuelle de l’époque, la MEILLEURE PERIODE pour la télévision…
Si vous aimez le côté vintage, les belles femmes, les séries fantastiques comme « Le prisonnier » ou « Chapeau melon et bottes de cuir », ruez- vous sans attendre sur les DVD de « Aux frontières du possible », c’est un REGAL et du bonheur en barres !

Note : 10/10





HURLEMENTS de Joe Dante, 1980

HURLEMENTS
de Joe Dante
1980
Etats-Unis
Avec Dee Wallace, Patrick Mac Nee, Dennis Dugan, Robert Picardo, John Carradine, Christopher Stone
Fantastique lycanthrope
90 minutes
Blu ray édité chez studiocanal
Effets spéciaux de Rick Baker et Rob Bottin
Aka The Howling
Budget : 1 000 000 dollars
Box office aux Etats-Unis : presque 18 000 000 dollars
Synopsis :
Los Angeles, début des années quatre-vingts…
Karen White, une célèbre présentatrice du journal télévisé de la chaine locale, tend un piège en lien avec la police à Eddie Quist, un dangereux tueur en série sexuellement déviant, qui voue un culte à la journaliste ; le guet- apens tourne mal et Quist est abattu par un policier inexpérimenté dans la cabine d’un sex shop…
Karen subit un grand traumatisme suite à ces événements, elle est mise au vert et George Waggner, un médecin, la fait entrer dans sa clinique, appelée la « colonie », Karen et Bill, son mari se reposent dans un chalet, au milieu d’autres patients psychiatriquement atteints…
Marsha, une jolie brune aguicheuse, séduit Bill et après qu’ils aient fait l’amour, Bill se retrouve affublé de multiples griffures…
Dans la morgue, le cadavre de Quist a disparu !
Ce dernier retrouve Karen, il est en fait un loup-garou et seules des balles d’argent peuvent le mettre hors d’état de nuire…
Un piège s’abat sur Karen, elle n’est pas en sécurité dans la « colonie » !
Mon avis :
Avec une mise en scène très originale, Joe Dante redonne un souffle nouveau aux films de loups-garou, très loin des codifications habituelles que l’on connaît dans les classiques de l’époque des « Universal monsters » ou même des lycanthropes ibériques incarnés par le célèbre Paul Naschy…
Bourré d’idées novatrices,  « Hurlements » concentre son intrigue dans la fameuse « colonie », sorte de caste implantée dans des décors forestiers, et le prologue dans les quartiers chauds de Los Angeles est très impressionnant, mais se sert d’un leurre pour le spectateur, pensant assister à un film classique de tueur en série…
C’est donc toute l’habileté de Joe Dante de faire bifurquer à 360 degrés son métrage vers un film de loups garous qui va entrainer le scénario de façon atypique et susciter ainsi la vive attention du cinéphile fanatique de ce genre, qui se régalera lors de moments réellement effrayants et dotés d’un suspense particulièrement efficace…
L’interprétation est convaincante et les effets spéciaux « maison » de Rob Bottin et Rick Baker font mouche, notamment pour les séquences de transformations fulgurantes et très dures à mettre en scène, à l’époque pas de CGI comme maintenant !
Très méthodique, Joe Dante réalise un film dense et riche, aussi bien au niveau des décors que dans l’ambiance dégagée, « Hurlements «  devient un classique instantané du film de loups garou, grâce à son culot et aussi à cause du côté novateur qui le propulse dans la catégorie des œuvres phares de l’époque, exactement comme pour « Le loup – garou de Londres » de John Landis, sorti l’année suivante…
Le binôme « Hurlements »/ »Le loup garou de Londres » renvoie les deux films à être complémentaires mais ils se valent autant l’un et l’autre, deux figures de proue incontournables du cinéma fantastique américain du début des années quatre-vingts…
Déjà bien reconnue, la carrière de Joe Dante allait par la suite passer par la case « Spielberg » puisqu’il réalisera « Gremlins » et pléthore d’autres films, plus accessible au grand public que « Hurlements »…
Bref, « Hurlements » est une pièce maitresse, une œuvre essentielle, une référence du film de loups –garou à visionner impérativement pour comprendre la démarche de certains réalisateurs de films fantastiques ou, tout simplement, pour passer un excellent moment d’effroi…
Note :10/10






dimanche 16 octobre 2016

Les maléfices de la momie de Michael Carreras, 1964

LES MALEFICES DE LA MOMIE
de Michael Carreras
1964
Grande Bretagne
avec Terence Morgan, Michael Ripper, Fred Clark, Ronald Howard, Jeanne Roland
Fantastique
77 minutes
Produit par la Hammer films
aka Curse of the mummy’s tomb
Synopsis :
Egypte et Grande Bretagne, au début du vingtième siècle…
Dubois, Giles et Bray, trois égyptologues, pénètrent dans un mausolée égyptien, ils exhument le sarcophage d’une momie ancestrale, Râ ; Dubois est poignardé et se fait couper la main par des touaregs…
Annette, sa fille, a du mal à se remettre de la mort de son père ; les égyptologues et la momie sont ramenés en Angleterre par bateau ; Alexander King, un homme d’affaires peu scrupuleux, a d’ores et déjà convaincu les scientifiques et mis main basse sur le sarcophage, ce dernier sera exhibé dans un musée lui appartenant…
Pensant faire fortune, King invite gratuitement un public conquis d’avance à la représentation qui va dévoiler la fameuse momie…
Lorsque le sarcophage s’ouvre, il n’y a personne à l’intérieur !
Une tierce personne malveillante a kidnappé la momie et la garde dans une armoire, celle-ci va commettre des forfaits et faire régner la terreur sur la ville !
La première victime ne sera autre que King, lui-même !
D’autres suivront, la momie ayant une force herculéenne…
Mon avis :
La Hammer se spécialisait  surtout dans les films de vampires qui firent sa gloire mais voilà qu’elle inaugure le film de momies avec « La malédiction des pharaons », ce « Maléfices de la momie » est le deuxième opus du genre et la Hammer s’y révèle parfaitement à l’aise, le bestiaire de monstres est bel et bien différent mais l’intrigue tient très bien la route et le film se suit avec le plus grand des plaisirs…
Toujours cette ambiance, toujours ces décors flamboyants et luxueux propres à la firme britannique, ici, en 1964 à son apogée…
L’atmosphère exotique qui règne au début permet d’amener habilement le déroulé du scénario et les personnages sont excellemment dirigés par un Michael Carreras qui n’est pas à son coup d’essai, on lui doit de nombreux scripts pour la Hammer et le barré « Peuple des abimes » que tous ceux l’ayant vu se souviennent…
La momie en elle-même est assez effrayante, elle mesure bien deux mètres et ses intentions sont inimicales, laissant derrière elle et après ses interventions une flopée de cadavres et de morts violentes…
Le seul élément féminin du film, Annette (jouée par la belle Jeanne Roland) apporte une nouvelle fois pour la Hammer l’érotisation habituelle, ce personnage n’hésitant pas à se pourvoir de décolletés affriolants qui combleront les amateurs de beauté féminine ; les seconds rôles, notamment le poltron King et sa vénalité appuyée ne seront pas en reste et figureront parmi la longue liste des victimes…
A noter une très belle séquence nocturne avec une chute d’escaliers très réaliste et presque d’un gothique que n’aurait pas renié Mario Bava…
Le final dans les égoûts est original et amène des questionnements sur les motivations du « traitre » qui s’est approprié la momie via des délires de possession, s’en réclamant lui-même la descendance, ce retournement de situation est assez cocasse…
Pour les cinéphiles amateurs de la Hammer et ouverts sur tous les supports de monstres ou de méchants, « Les maléfices de la momie » est une réussite indéniable ; pour les néophytes ce sera une belle découverte !
Toujours avec cette application dans le scénario et l’ambiance unique dont la Hammer fait figure de proue dans le cinéma britannique, « Les maléfices de la momie », même si méconnu par rapport aux autres productions de la firme, est un pur régal…
« Les maléfices de la momie » est un exemple de la diversification qui commençait à naitre pour la Hammer, le succès aidant et se rendant compte qu’elle ne pouvait se cantonner uniquement aux films vampiriques…
Un excellent film à voir sans tarder et le DVD zone 2 est de bonne facture, image tout à fait correcte et plein écran, un pur plaisir…
Foncez !

Note : 8/10