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mardi 11 juillet 2017

La planète des hommes perdus d'Antonio Margheriti, 1961

LA PLANETE DES HOMMES PERDUS
d’Antonio Margheriti
1961
Italie
avec Giuliano Gemma, Claude Rains, Bill Carter, Umberto Orsini, Maya Brent, Jacqueline Derval
Science-fiction
99 minutes
aka Planeta degli uomini spenti
DVD édité chez Artus films
Synopsis :
Une ile de la côte italienne, début des années soixante…
La ville de l’archipel abrite une station qui étudie les phénomènes spatiaux grâce à l’aide de nombreux téléscopes ; le professeur Benson est un expert hors pair mais bougon et asocial qui prévoit quasiment avant tous les autres les conséquences catastrophiques de l’arrivée d’un gigantesque météore qui déboule en plein sur la Terre…
Fred Steele et Bob Cole, deux astronautes, sont mandatés pour approcher la météorite et la faire dévier ; Eve Barnett, une femme d’une soixantaine d’années, s’adonne à des séances de spiritisme, elle est considérée comme une sorcière parmi les autres membres de l’équipe…
Dans l’espace, des soucoupes volantes d’extraterrestres compliquent la tâche de Steele et Cole ; ces derniers parviennent tout de même à « visiter » une planète fantôme…
Lorsque le professeur Benson est enfin écouté et reconnu par les scientifiques de la station, toutes ses études et conclusions s’avèrent justes, les autres savants lui vouent alors un culte !
Le météore s’approche de plus en plus du sol terrestre, Steele et Cole, aidés par les conseils éclairés de Benson, réussiront-ils à sauver l’humanité ?
Mon avis :
Spécialiste du cinéma populaire transalpin, Antonio Margheriti est avant tout un artisan passionné qui ne rechigne devant rien pour tourner ses films, fut ce toujours pour le bonheur et le plaisir du spectateur acquis à sa cause depuis fort longtemps ; ici le Maestro réalise son deuxième métrage estampillé SF avec un aspect vintage prégnant qui pourra déconcerter les cinéphiles lambda, les autres se régaleront…
Il y a dans « La planète des hommes perdus » un côté hyper naïf et des effets spéciaux d’une ringardise absolument assumée (les navettes sont immobiles lors du décollage, c’est la caméra qui recule !), c’est un WTF movie de la science- fiction monté et filmé de bric et de broc mais Margheriti l’a doté d’un scénario solide et de protagonistes bien dirigés, du coup on avale tout le film avec une grande délectation dès l’entame sublime ; les décors sont certes cheap mais le charme opère prodigieusement, un peu à l’instar de films comme « Voyage au centre de la terre » d’Henry Levin sorti deux ans plus tôt…
L’histoire est délirante tout comme le visuel employé et les comédiens surjouent parfois (la sorcière et ses tables qui tournent, que vient-elle faire dans le film ?), l’histoire d’amour et le mariage annoncé n’apportent pas grand-chose à l’histoire et les soucoupes volantes ne dévoilent jamais leurs occupants, mais on prend la légèreté du scénario comme un bon verre de vin qui s’est bonifié, enivrant et capiteux, avec une bonne dose de folie ambiante et des dialogues techniques qui font oublier la bidonnerie du postulat…
Margheriti y va frontalement avec un montage serré et des plans assez courts où chacun est à sa place et sait ce qu’il a à dire, il débite les séquences rapidement, créant ainsi une tonicité dont seuls les italiens ont le secret et oubliant les côtés pesants propres aux américains, on est pris dans l’intrigue jusqu’à son dénouement et Margheriti évite de sombrer dans le ridicule car il croit dur comme fer à son entreprise, il sait qu’il s’est fourvoyé loin des stéréotypes mais cela n’a pas l’air de le gêner, faisant son petit bonhomme de chemin, sûr de lui et déterminé…
Une nouvelle fois, Artus films nous offre une pure pépite avec l’édition sublime DVD digipack de cette « Planète des hommes perdus » et un doublage en version française fait pour l’occasion ainsi qu’une image magnifique et un packaging sublime…
Les bonus avec Alain Petit (quelle culture ce Monsieur) sont hyper intéressants et on boit ses paroles de passionné absolu avec régal et attention, c’est du bonheur en barres, Artus films fournit encore et toujours un travail appliqué et sensationnel…
Témoignage d’un genre qui rencontrera son apothéose quelques années plus tard, « La planète des hommes perdus » possède un impact qui s’est atténué de nos jours (les moyens techniques ont considérablement évolué depuis) mais son aspect et sa texture vintage et kitsch en font à coup sûr un must have seen pour tout cinéphile curieux et ouvert…
Très sincère dans son approche et extrêmement sympathique dans l’aura qu’il dégage, « La planète des hommes perdus » est un film qui se suit allègrement et qui, hormis les trucages démodés, laisse une trace indélébile dans l’histoire de la science-fiction italienne des années soixante, les italiens étant fort moins loquaces que leurs homologues d’outre- Atlantique…
Une perle…

Note : 7/10





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