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dimanche 6 mai 2018

Et le vent apporta la violence d'Antonio Margheriti, 1970


ET LE VENT APPORTA LA VIOLENCE
d’Antonio Margheriti
1970
Italie/Allemagne
avec Klaus Kinski, Peter Carsten, Antonio Cantafora, Guido Lollobrigida, Luciano Pigozzi
Western spaghetti
96 minutes
Synopsis :
Durant la guerre de Sécession, une ville du far- west américain…
Gary Hamilton est un forçat prisonnier politique, il doit purger sa peine sous la chaleur et dans des conditions ingrates et difficiles ; finalement un appariteur l’informe qu’il est désormais libre, un mandat sur ordre du gouverneur le gracie, alors qu’il vient de passer dix années en captivité !
Gary Hamilton n’a plus qu’un seul objectif : se venger de ceux qui l’ont fait condamner à tort, un certain Acombar lui a fait porter le chapeau pour un vol d’or en mettant ses effets personnels à l’intérieur de la diligence où s’est produit le larcin ; Gary, sorti du bagne, voyage avec des gens dont…Dick, le propre fils de Acombar ! Celui-ci lui dévoilant son identité, Gary le missionne pour dire à son père qu’il va lui rendre visite et ce, dès ce soir !
Acombar a des complices, Miguel Santamaria et son frère Francesco, qui ont fait fortune avec l’or dérobé ; alors que Gary arrive très discrètement en ville, il retrouve Jonathan, un de ses fidèles amis, qui a des problèmes de vue et qui ne voit rien sans ses lunettes ; Gary Hamilton remarque Maria, son ex- femme, une blonde qui vit maintenant avec Acombar !
Alors que l’on annonce le passage d’une tempête sur la ville, Acombar sait maintenant que Gary va arriver et qu’il va tout faire pour se venger !
Acombar fait déployer une soixantaine de ses hommes, surarmés et prêts à en découdre !
Gary emprunte des passages souterrains pour ne pas être repéré ; c’est alors que la cloche de l’église se met à sonner en permanence, intriguant les hommes de Acombar…
Ils y découvrent un homme mort et pendu au clocher !
Un immense massacre va alors lieu !
Mon avis :
Western pour le moins atypique par rapport aux autres et complètement éloigné des standards de Sergio Leone ou même de Sergio Corbucci, « Et le vent apporta la violence » donne l’occasion à Antonio Margheriti de mettre en valeur son talent et son don à créer des atmosphères poisseuses, que certains qualifièrent même de « gothique » pour un western, ce qui est loin d’être faux et se vérifie dans ce film, à la fois crépusculaire (l’action se passe de nuit) et désespéré (la vendetta est impitoyable !)…
Kinski apporte son charisme et son rôle est loin de celui de Tigrero qu’il incarna quelques années auparavant dans le fabuleux « Grand silence », ici il est d’une froideur, d’un méthodisme imparable et se joue des pistoleros employés par Acombar pour assouvir sa vengeance, calculée depuis dix ans…
L’ambiance va vite tourner au cauchemar et Margheriti emploie des trouvailles scénaristiques ingénieuses (l’utilisation de passages souterrains où se cache Gary/Kinski, la cloche de l’église, le début avec les travaux forcés, l’issue qui prouve la non-vénalité de Hamilton), de plus le script est de qualité et le métrage se suit de façon linéaire, sans aucun temps morts…
La fourberie de Acombar fait que la sympathie et l’empathie vont bien sûr au personnage de Klaus Kinski, Margheriti prenant le parti de nous mettre Acombar comme le « méchant » de l’histoire et nous savourons, tout comme Gary/Kinski, la vengeance qui se déploie implacablement, pour une fois ce n’est pas Kinski qui arbore le rôle de salaud dans un film, à fortiori dans un western !
L’idée de la tempête pendant tous ces gunfights est parfaite et le vent semble symboliser la mort, on compte plusieurs dizaines de tués dans des fusillades efficacement mises en scène…
Gary Hamilton reprend ses droits après avoir derrouillé pendant une décennie et Acombar n’aurait jamais dû le sous-estimer, il le paiera très cher, tout comme la jeune femme Maria, Hamilton va appliquer sa vengeance avec une opiniâtreté démentielle…
« Et le vent apporta la violence » est donc un très grand western dans lequel Margheriti n’a pas à rougir des autres réalisateurs du genre, une nouvelle fois et comme à l’accoutumée, il démontre qu’il est un excellent metteur en scène de films populaires, adaptés au public du plus grand nombre ; le film est efficace, avec beaucoup d’action et de gunfights, des trognes adaptées juste comme il faut et un sens de la technique parfaitement maitrisée (la vue aérienne lorsque Kinski/Hamilton quitte le bagne), facilement trouvable en DVD, « Et le vent apporta la violence » n’est pas un immense chef d’œuvre comparé au « Grand silence » ou à « Django » mais se savoure sans difficulté et les fans de westerns spaghetti seront aux anges !
A voir donc…
Note : 8/10











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