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mardi 17 juillet 2018

Les expériences érotiques de Frankenstein de Jess Franco, 1973


LES EXPERIENCES EROTIQUES DE FRANKENSTEIN
de Jess Franco
1973
France/Espagne/Portugal
avec Howard Vernon, Anne Libert, Jess Franco, Alberto Dalbes, Dennis Price, Britt Nichols, Daniel White
74 minutes
Fantastique baroque
Blu ray édité chez Artus films
aka La malédiction de Frankenstein
Musique de Vladimir Cosma
Synopsis :
Un village côtier du Portugal, dans un manoir proche de la mer, dans les années soixante-dix…
Le docteur Frankenstein est un savant fou ; avec l’aide de son assistant, Morpho, Frankenstein parvient à greffer un cerveau d’humain sur une créature que l’on suppose un défunt exhumé de son cercueil, la créature est colossale…
Le sorcier Cagliostro, un concurrent jaloux de Frankenstein, mandate une de ses protégées, Melissa, la femme-oiseau qui a la particularité de pousser des cris stridents terribles, pour voler la créature de Frankenstein !
Cette dernière est dérobée et se retrouve dans les sous-sols de la bâtisse où vit Cagliostro, avec Caronte, son allié et Melissa, Cagliostro règne sur une secte appelée Panthos, la horde de morts-vivants est contrôlée par Cagliostro et s’adonne à diverses tortures, notamment sexuelles…
Vera, la fille de Frankenstein, avec l’aide du docteur Seward et de l’inspecteur Tanner, va tout faire pour retrouver la créature, car un grand danger persiste, si celle-ci n’est pas neutralisée, un carnage peut arriver et la science doit avoir la main sur la créature, il est hors de question qu’elle soit contrôlée par ce fou de Cagliostro, qui souhaite effectuer des meurtres à distance avec elle…
Une course contre la montre s’engage alors !
Mon avis :
On est dans la période complètement barrée de Jess Franco, le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le foutoir et que tout est baroque à 100% dans « La malédiction de Frankenstein », l’action est débridée et ponctuée de musique stridente et psychédélique, et les personnages sont délirants (la femme oiseau, les zombis de la secte, Morpho –joué par Jess Franco lui-même- et l’impayable Cagliostro joué par Howard Vernon, acteur fétiche de Franco, ici affublé d’un bouc et d’un regard de fou !)…
« Les expériences érotiques de Frankenstein » est un film qui ferait peur à une couvée de singes et qui doit être visionné en s’accrochant aux branches ; Jess Franco adopte un ton très personnel et ne s’embarrasse pas de plaire au plus grand nombre, du coup il faut être hyper surouvert pour voir le film et surtout ne pas en décrocher ; le côté insolite rebutera la majorité et seuls les cinéphiles qui connaissent déjà un peu le style de Jess Franco parviendront à trouver un quelconque intérêt à cette déclinaison allumée du mythe de Frankenstein…
Franco reprend le canevas du mythe des Classics Monsters à sa sauce, il se sert des fondations scénaristiques de « Frankenstein » mais se contrefiche du manque de crédibilité de sa mise en images…
Comme d’habitude, beaucoup de nudité et une imagination débordante dans les sévices infligés aux captifs de Cagliostro (le couple nu fouetté et les piques au sol) ; par contre on ne peut pas enlever à Franco la qualité des décors, tous fabuleux, surtout ce manoir situé au bord d’une plage, cela donne une dimension onirique très impressionnante qui bonifie le film et lui apporte une plus-value indéniable…
Suffisamment rare pour qu’on occulte son intérêt, « Les expériences érotiques de Frankenstein » sort aujourd’hui chez Artus films en, tenez vous bien !, support blu ray !
Il est donc indispensable pour tout cinéphile fanatique de films déviants européens des années soixante- dix de se ruer sur ce blu ray, au rendu d’image magnifique et qui offre une seconde jeunesse au film de Jess Franco, cela tient quasiment du miracle !
A ne louper sous aucun prétexte et, même si c’est loin d’être son meilleur métrage, « Les expériences érotiques de Frankenstein » vous laissera une empreinte indélébile ; pierre angulaire dans la carrière de Franco, ce film se savoure de manière bidimensionnelle, on peut aussi bien le voir en tant que nanar que film fantastique baroque déviant…
Déjanté à l’extrême, le cinéma de Franco est en tout cas hyper sincère, c’est ce qui fait sa marque de fabrique, des films de cette trempe, on en parlait il y a quarante ans et on en reparlera encore pendant des décennies, impossible de l’oublier !
Note : 8/10












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