Open Watching

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samedi 27 septembre 2014

DARK WATERS de Mariano Baino, 1994

DARK WATERS
de Mariano Baino
Italie/Grande Bretagne/Russie
1994
avec Valeri Bassel, Mariya Kapnist, Louise Salter
Fantastique insolite
87 minutes
Edité en DVD chez The Ecstasy of films
Synopsis :
Une petite île isolée loin d'un continent européen vers le milieu des années 70...
Un prêtre subit les assauts d'une gigantesque inondation, il est tué sur le coup et le vicaire où il officiait est entièrement détruit...
Seuls survivent et y vivent de mystérieuses nonnes aussi énigmatiques que silencieuses, avec comme endroit de prédilection une crypte souterraine où des catacombes leur servent de repaires pour y mettre leurs effigies ecclésiastiques...
Vingt années se sont écoulées, Elisabeth, une jeune femme britannique se rend sur l'archipel, c'est son père qui fut le généreux donateur du monastère...
Depuis le décès de sa mère, Elisabeth veut mettre toute la lumière sur des événements qu'elle juge inexpliqués et pense trouver réponse à ses questionnements lors de ce périple...
Elle va vite déchanter lorsqu'elle découvrira l'horrible vérité !
Mon avis :
Mariano Baino pourrait bien être l'héritier de toute une culture du cinéma fantastique italien, instaurée notamment par Dario Argento ou Michele Soavi, mais la comparaison trouve ses limites car Baino possède un style proprement UNIQUE...
On sent une précision, un sens du travail et de la recherche graphique certain et un goût pour l'insolite et le glauque très prononcé...
Pas toujours facile à suivre, "Dark waters" bénéficie d'une mise en scène qui fait que la forme prend plus sur le fond mais là où ça devient inédit c'est que le fond, justement, est déjà ultra balaise, donc il y a une grande richesse, une grande densité à appréhender par le spectateur qui se doit d'être très attentif et ne pas se laisser distraire ou emporter par la forme qui, elle, est exubérante et baroque...
On pense à "Inferno", à "Suspiria", à "Sanctuaire", c'est l'héritage de tout un pan filmique qui est retravaillé, de nouveau codifié pour que Baino accouche d'un monstre hybride où des passages trépidants côtoient des moments de pure grâce graphique, avec une sensation onirique omniprésente du début à la fin...
L'eau dans le film, c'est la mort et non plus une source de vie, l'eau représente le danger, bien plus que les nonnes zombifiées et c'est cette substance qu'il faut combattre, Baino réussit donc un film ORGANIQUE, plus organique que les banales oeuvres réalisées précédemment avec un danger identifié facilement par le spectateur (des sorcières, des zombies, un tueur...)...
C'est bien cela l'accroche de "Dark Waters", la peur est multiple, déclinée en plusieurs combinaisons, qu'elles soient à caractère humain ou par des éléments (le feu également joue un rôle crucial, par exemple avec la multitude de bougies ou de torches accrochées sur les murs du bâtiment)...
La séquence de la montée sur la colline avec les croix érigées connote même un clin d'oeil à Bergman et son "Septième sceau" !
Métrage à part en tous points, "Dark waters" a le triple mérite de renouveler le genre, de redonner des lettres de noblesse à un cinéma en déclin et de faire s'interroger le spectateur sur les limites de l'imagination car il ouvre des portes supplémentaires à celle ci...
Il faut remercier "The Ecstasy of films" pour avoir sorti et exhumé ce chef d'oeuvre sur un support DVD remarquable, enrichi d'une image magnifique !
L'aspect exotique de "Dark Waters" est évident, il en devient une raison supplémentaire pour que l'on y prête la plus grande attention, Mariano Baino ayant réussi là un vrai coup de maître qui sera à marquer d'une pierre blanche, indicible et inoubliable !

Note : 10/10







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