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samedi 20 septembre 2014

F comme Fairbanks de Maurice Dugowson, 1976

F COMME FAIRBANKS
de Maurice Dugowson
France
1976
avec Patrick Dewaere, Miou-Miou, Michel Piccoli, Diane Kurys, John Berry
avec Thierry Lhermite, Christian Clavier (figuration)
110 minutes
Comédie dramatique
Musique coécrite par Patrick Dewaere
Synopsis :
Banlieue parisienne, milieu des années 70...
André Fragman sort de son service militaire avec un diplôme d'ingénieur chimiste, son père est projectionniste dans un cinéma de quartier et tous deux sont des cinéphiles invétérés, notamment fanatiques d'acteurs hollywoodiens des années 20...
Une connaissance d'André, Etienne Lambert, un riche entrepreneur possédant un appartement cossu à La Défense, dissuade ce dernier de vivre sur des chimères et lui ressasse que le marché du travail est saturé et qu'il est très dur de trouver un job facilement...
André erre de droite à gauche et rend visite à Jean Pierre, un metteur en scène de pièces de théâtre, celui ci lui présente Marie, une jeune comédienne au charme ravageur et à la beauté juvénile...
André tombe amoureux d'elle de façon fulgurante...
De fil en aiguille, leur relation va se déliter, André sombrant dans une dépression incurable...
Mon avis :
Véritable hommage aux amoureux du cinéma et drame foudroyant en parallèle, "F comme Fairbanks" est une oeuvre bouleversante et poétique, portée par un Patrick Dewaere survitaminé et mélancolique voire nostalgique en même temps...
NOSTALGIE, c'est bel et bien le mot qui prédomine pour définir l'atmosphère du film, touchant le sensoriel du spectateur, aussi bien sur le plan cérébral que viscéral...
On assiste à des séquences rondement menées (l'escalade d'André de la maison pour accéder à la fenêtre, le tout filmé en un seul plan, s'avère incroyable !), des numéros d'acteurs savoureux (Thierry Lhermite, ici à ses débuts, qui pète un câble à l'ANPE, Christian Clavier en serveur de brasserie décontenancé) et des séquences proches de l'onirisme (le tapis volant, la barque qui file sur le canal, la chevauchée chez Lambert, la poupée gonflable sur le manche de la grue...).
Chaque protagoniste a une personnalité double voire triple (Marie est kleptomane, André hyperactif et dépressif, Etienne inspire confiance alors qu'en fait c'est le pire des salauds, à décourager la bonne volonté d'André !) et l'écosystème dans lequel ils vivent ou végètent semble bien noir et sans issue...
Dugowson n'hésite pas à soigner son propos par une réalisation sans fautes et le passage en plan fixe des estrades est une leçon de technique, laissant place à la magie du septième art comme seuls les grands metteurs en scène savent l'élaborer...
L'interprétation est authentique et le film défile de manière fluide, relevant un intérêt pour une intrigue passionnante, desservie par des décors d'époque, donnant un caractère "témoignage" du quotidien dans les années 70 (l'architecture, les bâtiments, les commerces...)...
L'épilogue pourra même vous décrocher une larme tant il est touchant...
Un très grand film qui gravite loin de tout ce qui a été tourné à l'époque, gardant une singularité et un style d'ambiance hors du commun.

Note : 9.5/10





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