dimanche 2 août 2015

CITIZEN KANE d'Orson Welles, 1941

CITIZEN KANE
d’Orson Welles
Etats-Unis
1941
Avec Orson Welles, Joseph Cotten, Agnes Moorehead, Dorothy Comingore, Everett Sloane
Fresque biopic dramatique
119 minutes
Musique de Bernard Herrmann
Synopsis :
Début des années 40, Etats-Unis…
Charles Foster Kane décède dans sa riche propriété de Xanadu, il fut magnat de la presse et brigua un mandat politique (il épousa la fille du président des Etats-Unis), à la fois excentrique et extravagant, Kane fit un effet médiatique fulgurant auprès de la population qui lui permit d’asseoir sa fortune colossale…
A sa mort, il balbutia un mot énigmatique « Rosebud » (littéralement « bouton de rose »), le journaliste Thompson, qui fut son acolyte au New York Inquirer, Susan, une cantatrice déchue et sans talent flagrant, Jedediah Leland, le second rédacteur en conflit avec Kane et Raymond, le majordome de Xanadu, sont interrogés pour que le public perce cette énigme : qu’est ce qui a bien pu passer par la tête à Kane, que signifie donc le mystère de « Rosebud » ?
Le film revisite sa vie avec de nombreux flashbacks entrecoupés de ses succès, de son enfance jusqu’à sa déchéance, ponctuée par les événements majeurs du vingtième siècle comme la crise de 1929, l’avènement de la presse, les soirées « people » où l’argent coule à flots mais également la face cachée de Charlie (son surnom) lorsqu’il pouvait se montrer colérique voire irascible, que ce soit avec la gente féminine ou avec ses propres collaborateurs…
L’issue du film dévoilera enfin la signification de « Rosebud » et démontrera que Kane était un grand sensible, un sentimental…
Mon avis :
Il est difficile voire impossible de mesurer en un seul visionnage le foisonnement de trouvailles techniques qui pullulent dans « Citizen Kane », que ce soit le travail sur l’élaboration de profondeur des champs, le défilement des travellings, on est scotchés par cette maestria dont fait preuve Orson Welles et qui fait honneur au cinéma, à SON cinéma…
Il est difficile de retranscrire par de simples mots la qualité et le génie de cet homme, aussi bien sur le plan scénaristique que technique (il emploie et met en avant à sa façon plusieurs dizaines de procédés photographiques qui (ap)paraissent révolutionnaires pour l’époque !), non seulement l’histoire est passionnante (le fond) mais la façon dont Welles la met en images (la forme) est tout bonnement sensationnelle…
Partant du décès d’un homme, Welles se sert de flashbacks entrecoupés d’une mise en scène totalement moderne et dynamique et insuffle alors au personnage de Kane un rang de géant, de mythe retranscrit dans son époque mais qui sort de celle-ci, comme quelqu’un d’à la fois immortel et décalé…
C’est incroyable cette réalisation ! La scène de la neige avec Kane enfant qui joue avec sa luge qu’on distingue par la fenêtre de la maison où ses parents sont en grande discussion avec le banquier, les longs mouvements de caméra qui percent les toits des maisons pour se projeter à l’intérieur (ici pas de Louma), Welles est en avance de cinquante années sur le cinéma, il créée, recréée, invente, auto-bonifie, stylise, percute, renverse, élabore et intègre son art comme un pionnier du septième art…
Tout le cinéma suivant « Citizen Kane » fait figure « d’après », c’est sans aucune commune mesure, le GENIE éclate au grand jour avec ce film qui reste considéré comme le plus grand de tous les temps…
On n’a rien revu de tel depuis, le niveau est si élevé que Welles à bâti un nouveau genre infranchissable, inatteignable pour les autres cinéastes, toutes nationalités et tous genres confondus…
Une pièce maitresse à avoir visionné absolument si l’on veut comprendre et appréhender ce qu’est le cinéma…
Note : 10/10
Dédicacé à mon ami cinéphile Daniel






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