lundi 25 mai 2015

La maison qui tue de Peter Duffell, 1971

LA MAISON QUI TUE
de Peter Duffell
1971
Aka The house that dripped blood
Grande Bretagne
Avec Christopher Lee, Peter Cushing, Ingrid Pitt, Jon Pertwee, Denholm Elliott, Joanna Dunham, Nyree Dawn Porter, John Bryans
97 minutes
Film fantastique à sketches/film de demeures
Une production Amicus
Scénario de Robert Bloch
Edité en DVD chez Bach films
Synopsis :
Grande Bretagne, banlieue londonienne, début des années 70…
L’inspecteur Holloway est missionné par Scotland Yard pour élucider une série de meurtres qui ont tous pour points communs une maison bourgeoise que l’agent foncier A.J. Stoker fait visiter à diverses personnes potentiellement acheteuses de ce bien immobilier…
Charles Hillyer, un écrivain de nouvelles fantastiques, pris par l’atmosphère régnant dans le lieu, aperçoit un des personnages de son roman par des flashs hallucinatoires…
Philip Grayson, un sexagénaire veuf, voue un culte à une statue de cire repérée dans un musée ; Neville Rogers, un de ses anciens amis, lui rend une visite inopinée et a une attitude étrange envers Grayson, tout ceci étant lié à la fameuse statue…
John Reid, le père d’une fillette mystérieuse, s’installe dans la bâtisse et emploie Ann Norton, une baby sitter préceptrice pour donner des cours à la bambine, très vite, la jeune femme va se rendre compte que John Reid cache un terrible secret lié, entre autres, à la sorcellerie…
Paul Henderson, un comédien notoire de films d’épouvante assistée de sa conquête féminine du moment, la superbe Carla Lynd, doit tourner un film, « Bloodsuckers», mécontent des vêtements proposés par l’accessoiriste, il se rend dans une boutique où il achète une cape de vampire, cette dernière va lui causer de nombreux troubles lui entrainant un destin funeste…
Le film se clôt lorsque Holloway décide de percer le mystère et se rend dans la maison, puis découvre un caveau dans le sous-sol !
Mon avis :
Firme « cousine » de l’illustre Hammer Films, Amicus réalise ici une de ses meilleures productions allant même à surpasser certaines œuvres élaborées par sa concurrente, « La maison qui tue » est un métrage d’épouvante magistral qui fera date dans le cinéma fantastique d’outre-Manche, bénéficiant d’une réalisation très soignée et d’une application scénaristique exemplaire…
Composé de quatre segments et d’un prologue et d’un épilogue, « La maison qui tue » emprunte et élabore des thématiques du cinéma d’horreur (la sorcellerie, la fillette possédée, le musée de cire, le serial killer étrangleur, le vampirisme) en y intégrant le point d’orgue, la clef de voûte de la « demeure », à l’instar de films comme « La maison des damnés » de John Hough ou même préfigurant « Amityville » tourné huit années plus tard…
Non seulement l’histoire tient en haleine le spectateur, instantanément immergé dans le film, mais l’on assiste à de savoureux numéros d’acteurs par des cadors du genre (Christopher Lee, Peter Cushing et la sublime Ingrid Pitt, excusez du peu…)…
La deuxième saynète (celle du musée de cire) comporte des plans et des idées proches du cinéma latin avec des éclairages bavaiens et une mise en image qui n’est pas sans évoquer « Les trois visages de la peur » (notamment « La goutte d’eau »)…
D’une mise en scène à la fois axée sur l’ambiguïté situationnelle et faisant la part belle à des effets techniques irréprochables (pléthore d’utilisations de miroirs) mais aussi une exploitation des décors hors de la maison (un étang situé à proximité renforce le côté poétique et sombre de l’histoire), « La maison qui tue », outre le fait de faire passer un somptueux moment au spectateur, possède ce charme inné aux productions de l’époque et renvoie à la légende du cinéma britannique gothique, tirant son épingle du jeu par rapport aux films américains et parvenant à imprégner une grâce, une ambiance comme seuls les britanniques savaient faire…
Succulent, exquis et baroque, « La maison qui tue » est un pur délice…

Note : 10/10







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