jeudi 11 février 2016

SAYONARA de Joshua Logan, 1957

SAYONARA
de Joshua Logan
1957
Etats-Unis
avec Marlon Brando, Miyoshi Umeki, Miiko Taka, Red Buttons, James Garner, Patricia Owens, Ricardo Montalban
Film d’amour
147 minutes
Dix nominations aux oscars
Synopsis :
Une ville du Japon, pendant la guerre de Corée…
Le major Lloyd Gruver est un vétéran émérite qui officie dans l’armée de l’air, il est promis à une américaine d’une riche famille, une superbe femme nommée Eileen Webster…
Joe Kelly, un capitaine qui sert l’armée et qui fait équipe avec Lloyd, tombe fou amoureux d’une japonaise, Katsumi, les principes et la déontologie de l’armée américaine interdisent aux soldats toutes relations avec les filles japonaises, Lloyd tente de dissuader Kelly d’épouser Katsumi, rien n’y fait !
Hana Ogi, une meneuse de ballet, le plus grand de la ville, donne une chorégraphie gigantesque, elle tape dans l’œil de Lloyd qui en devient rapidement amoureux…
D’abord réticente aux avances de ce dernier, Hana finit par céder et le couple vit alors un amour fou, au grand dam d’Eileen et de ses parents…
La guerre faisant rage, les américains sont montrés du doigt par la population japonaise, un jour Lloyd est pris dans une rixe et en réchappe de peu…
Il part à l’école de danse de Hana et la met devant le fait accompli, acceptera t-elle de l’épouser ?
Mon avis :
Oublié de la plupart des cinéphiles et mineur dans l’immense carrière de Brando, « Sayonara » est néanmoins un très grand film, à part des productions de l’époque et qui navigue à contre- courant des comédies dramatiques américaines des années cinquante…
Il y est abordé des thématiques très intéressantes et peu exploitées au cinéma comme les amours impossibles, la ségrégation raciale ou la difficulté de communiquer face aux traditions…
Ici ce n’est pas la religion qui est mise en cause mais le simple fait d’avoir une nationalité différente qui bloquerait toute relation amoureuse, bien sûr l’amour finit par triompher mais au prix de sacrifices et de clashs…
La réalisation est parfaite et la composition des acteurs (les seconds rôles comme les têtes d’affiche) sans faille, un montage efficace et des passages de pure passion rehaussent sans cesse l’empathie qu’a le spectateur pour les deux couples vedettes (Brando/Miiko Taka et Buttons/Umeki)…
« Sayonara » est un véritable hymne à la tolérance et une charge contre la bêtise malheureusement encore d’actualité de nos jours, c’est une magnifique love story qui retranscrit bien l’état d’esprit des conflits liés à la guerre et tout ce qu’elle a pu engendrer, que ce soit sur le terrain des victimes physiques ou des dommages collatéraux sur les mentalités…
Touchant et doté d’un scénario très rigoureux, « Sayonara » est bien plus qu’une simple carte postale sur le Japon mais s’avère un spectacle de qualité transcendé par une interprétation impliquée qui ne peut laisser de glace…
Brando est toujours aussi impressionnant avec sa carrure athlétique et les personnages féminins débordent d’un charme ravageur, que ce soit les asiatiques ou les américaines (à noter la splendide chorégraphie du ballet, effectuée au centimètre près et qui a du nécessiter un énorme travail de préparation)…
Les vues aériennes du Japon sont très belles et les paysages réels, le film a vraiment été tourné là-bas…
Méconnu et passé à la trappe, presque soixante années après sa sortie, « Sayonara » est un petit chef d’œuvre, si vous aimez les histoires romanesques et les love story fleuves, ce film est fait pour vous…
Malgré les deux heures trente, on ne s’ennuie pas du tout et le charme opère comme par magie…

Note : 10/10





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